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Faits divers – Justice

Fraudes dans le foot belge : 19 suspects inculpés dont neuf placés en détention

mercredi 10 octobre 2018 à 15:20 - Mis à jour le vendredi 12 octobre 2018 à 12:49 Par Germain Arrigoni, France Bleu

Un entraîneur, des agents de joueurs et arbitres arrêtés, les sièges des plus grands clubs perquisitionnés : le football belge a été ébranlé mercredi par une vaste opération anti-fraude menée également dans six autres pays dont la France. 19 suspects ont été inculpés vendredi.

© Maxppp -

L'enquête menée depuis un an par la justice belge porte sur des soupçons de fraudes sur les commissions liées aux transferts ou aux salaires des joueurs mais aussi sur des matchs truqués la saison dernière en première division belge, a indiqué le parquet fédéral. 

Elle a donné lieu mercredi à une soixantaine de perquisitions et à 28 interpellations dans sept pays européens (Belgique, France, Luxembourg, Chypre, Monténégro, Serbie et Macédoine), avec au total 220 policiers mobilisés. 

19 suspects inculpés 

22 personnes ont été présentées au juge d'instruction et 19 ont été inculpées dont neuf placées en détention provisoire, a annoncé vendredi le parquet fédéral belge.

On ne connaît ni les noms ni les nationalités de ces suspects.

En outre, le juge chargé du dossier a lancé deux mandats d'arrêt internationaux à l'encontre de deux suspects interpellés à l'étranger, ont précisé les porte-paroles du parquet lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Au moins quatre inculpations ont déjà été prononcées jeudi dans l'un des volets concernant des soupçons de matchs arrangés.

Grands clubs belges perquisitionnés 

En Belgique, où l'affaire était qualifiée de "séisme" par les médias, les sièges des plus grands clubs ont été perquisitionnés. Ceux notamment du FC Bruges, du Standard de Liège, d'Anderlecht et de Genk, actuel leader de la Jupiler Pro League, la première division belge, a indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête.   

Dix des seize équipes du championnat sont concernées, a souligné la chaîne francophone RTBF.   

Parmi les nombreuses personnes interpellées figurent, d'après cette même source proche de l'enquête, le Croate Ivan Leko, entraîneur du FC Bruges, qui dispute cette saison la Ligue des Champions, ainsi que Herman Van Holsbeeck, ex-manager général d'Anderlecht, le club le plus titré du pays.   

L'un des agents interpellé a traité avec Nantes et Bordeaux

Dès mercredi matin, le parquet fédéral avait confirmé le nom d'un autre interpellé révélé par la presse : Mogi Bayat, ancien dirigeant du Sporting de Charleroi, présenté par les médias comme l'agent de joueurs le plus puissant de Belgique.  

Mogi Bayat, Belge d'origine iranienne, a longtemps été, du temps de l'ancienne direction d'Anderlecht remplacée fin 2017, l'agent "incontournable" de ce club, selon le quotidien Le Soir. Dans un entretien fin 2017 avec la RTBF, il s'était présenté de manière ironique comme "le footballeur le mieux payé de Belgique", quand on lui demandait quel pourcentage il percevait sur les transferts de joueurs.  

Selon le quotidien flamand De Standaard, l'enquête "cible principalement les agents de joueurs Mogi Bayat et Dejan Veljkovic ainsi que les différents clubs avec lesquels ils font affaire".  

Le FC Nantes et les Girondins de Bordeaux comptent parmi les clubs français avec lesquels Mogi Bayat a traité récemment, d'après les médias belges.  

Contacté par l'AFP, le club de Bordeaux a assuré n'avoir été la cible d'aucune visite de la police mercredi.  

Le FC Bruges et Anderlecht ont annoncé chacun de leur côté leur intention de "coopérer pleinement" à l'enquête menée par un juge d'instruction de Hasselt dans la province du Limbourg (nord-est).

"Blanchiment d'argent"

Selon le parquet fédéral, l'enquête a débuté fin 2017 à la suite d'un rapport de l'Unité des fraudes sportives de la police fédérale. Celui-ci révélait "des indications de transactions financières suspectes" dans le championnat belge, concernant les commissions sur les transferts mais aussi les salaires versés aux joueurs et entraîneurs. 

Les investigations ont ensuite été étendues après "des indications d'influence possible sur les matches de la saison 2017-2018", précise le communiqué.  "L'instruction judiciaire couvre des activités menées dans le cadre d'une organisation criminelle, le blanchiment d'argent et la corruption privée", selon la même source.  

Au total, 184 policiers ont été mobilisés pour les 44 perquisitions effectuées dans toute la Belgique, visant les domiciles de dirigeants de clubs, d'agents, d'arbitres, celui d'un ancien avocat, un bureau comptable ou encore des journalistes, a détaillé le parquet. 

A l'étranger treize autres raids policiers, coordonnés avec l'aide d'Eurojust, ont ciblé "principalement" les bureaux ou domiciles de "dirigeants de personnes morales" impliquées dans les transactions suspectes. Le parquet fédéral n'a cité aucun nom de club.