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"On voit un policier donner un coup de poing" : l'IGPN saisie à Strasbourg pour des violences policières

L'Inspection générale de la police nationale a été saisie mercredi à Strasbourg par le procureur sur une affaire de violences policières présumées. Une vidéo montre un fonctionnaire donnant un coup à un gardé à vue.

L'hôtel de police de Strasbourg.
L'hôtel de police de Strasbourg. © Radio France - Luc Dreosto

Le parquet de Strasbourg a saisi mercredi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) dans le cadre d'une affaire de violences policières présumées. Mardi en comparution immédiate, un jeune homme de 21 ans a été relaxé par le tribunal. Il comparaissait pour avoir frappé un policier. Mais sur une vidéo diffusée à l'audience, on voit le policier violenter le gardé à vue, lors de son entrée dans les geôles du commissariat de police de Strasbourg, explique son avocate, Me Kaoutare Choukour. 

L'homme, originaire de Guinée, a été interpellé dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 mai, vers 2h du matin pour un vol de vélo place de la gare à Strasbourg. Au commissariat, dans le procès-verbal rédigé par les policiers, il lui est reproché d'avoir été très agressif, d'avoir essayé de mettre un coup de poing à un policier, qui aurait eu l'épaule luxée. 

On voit le policier enlever les menottes de mon client sans raison et lui mettre un coup de poing dans la tête 

"Mon client m'a certifié qu'il n'avait pas touché le policier", raconte Me Kaoutare Choukour. C'est pour cela qu'elle a demandé à visionner à l'audience les vidéos placées sous scellés. "Le choc a été total, personne ne s'attendait à voir ses images. On y voit le policier enlever les menottes de mon client sans raison et lui mettre un coup de poing dans la tête sur le côté. Ensuite, on voit le policier prendre sa tête et la claquer contre la porte de la geôle". Des collègues du fonctionnaire interviennent alors immédiatement. 

Le président du tribunal a demandé que le parquet saisisse l'IGPN. "Cela a été fait dès mercredi", indique l'avocate. Le procureur a saisi l’IGPN pour des violences commises par un dépositaire de l’autorité publique. L’Inspection générale des services enquête non seulement sur le fonctionnaire de police, mais aussi sur deux collègues. 

On en a marre d'être désigné comme les auteurs des violences

Nous sommes conscients de l'émotion que suscite cette affaire, reconnaît Christophe Rouyer, secrétaire départemental du syndicat de police Alliance dans le Bas-Rhin. "C'est un collègue très sérieux et expérimenté, il n'a fait que son boulot". Lui n'a pas la même interprétation de la vidéo. "Il s'agissait d'un individu ivre, récidiviste et susceptible de commettre des violences. _Il refusait d'avancer dans les geôles du commissariat de police de Strasbourg, il a donc fallu utiliser des mesures coercitives_. Le policier l'a poussé au niveau du cou. Il s'agit d'une poussette de la main. L'homme n'est pas tombé, mais il s'est retourné contre le policier qui a une fracture l'épaule". 

Pour Christophe Rouyer, le contexte national et même international ne joue pas en faveur des policiers, "mais on en a marre d'être désigné comme les auteurs des violences". 

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