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Faits divers - Justice

Deux semaines après l'agression homophobe de La Roche-sur-Yon, un couple d'hommes se cache pour s'aimer

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Par , France Bleu Loire Océan

Le passage à tabac d'un homosexuel de 63 ans est l'épisode de trop pour deux Yonnais qui ne s'embrassent plus et ne se tiennent plus la main dans la rue de peur de subir le même sort.

Yannick et Erwan ne se tiennent plus la main depuis le printemps dernier à cause des actes homophobes à La Roche-sur-Yon.
Yannick et Erwan ne se tiennent plus la main depuis le printemps dernier à cause des actes homophobes à La Roche-sur-Yon. © Radio France - Victoria Koussa

La Roche-sur-Yon, France

Il y a eu le saccage d'un stand LGBT, l'agression d'une personne transgenre, puis les violences contre Dominique, 63 ans, à Moulin Papon, à La Roche-sur-Yon, il y a deux semaines. Trois agressions homophobes depuis le printemps dernier, qui ont changé le quotidien de Yannick et d'Erwan, en couple depuis maintenant 2 ans et demi. Ce ne sont pas leurs vrais prénoms car ils préfèrent garder l'anonymat - ce qui témoigne aussi du climat dans lequel ils vivent leur amour. "On se fabrique une carapace, une bulle", déplore Yannick, avant qu'Erwan ne rajoute : "On était un petit peu plus câlin dans le domaine public avant ces violences, et là, on ne l'est plus du tout"

"Une inquiétude d'être soi"

Depuis quelques mois, le couple n'ose plus "se montrer", comme il dit, à La Roche-sur-Yon. "Ne pas se tenir par la main, par le bras, par l'épaule... Dans la rue, on marche côte à côte", énumère Yannick. Erwan le vit comme "une inquiétude d'être soi". Son compagnon complète : "Il y a toujours cette épée de Damoclès au dessus de la tête où on se dit : "Ne fais pas comme tout le monde, ne te montre pas comme tout couple hétéro pourrait le faire". Il n'y a que dans les grandes villes où les amoureux sont eux-mêmes dans l'espace public, comme à Nantes.

"Je me suis dit que ça aurait pu être moi ! - Erwan, en couple avec Yannick à La Roche-sur-Yon

Depuis l'agression homophobe du printemps dernier place Napoléon, les deux savent qu'ils peuvent être une cible potentielle. Mais le passage à tabac d'un homosexuel a été la violence de trop. "J'ai pratiquement le même âge que ce pauvre homme. Je me suis dit que ça aurait pu être moi ! J'ai des amis qui nous ont appelé, demandant si c'était moi... Ça fait peur", raconte Erwan. 

Parler pour ne pas banaliser

Si ce couple a contacté France Bleu Loire Océan pour livrer son témoignage, c'est pour éviter que l'on banalise ces agressions à répétition. "Là, on est à trois agressions depuis la fin du printemps, moi ce qui me fait peur, c'est que les gens se disent : "Après tout, s'il y en a une quatrième, c'est dans la lignée des autres". Sauf que quand on est concerné, on voit pas ça comme ça, on voit ça comme un danger imminent", interpelle Yannick. 

En attendant que les mentalités changent, ils se sentent obligés de prendre des précautions, d'être vigilants. "On va éviter des lieux publics où il peut y avoir un risque. En fin de journée, ou quand il y a un groupe où il y a la loi du plus fort. Si on est à un ou à deux, face à un groupe de quatre, cinq, six, sept personnes, le danger est d'autant plus grand", explique le Yonnais. 

ÉCOUTEZ - Le témoignage de Yannick et Erwan, en couple depuis 2 ans et demi à La Roche-sur-Yon.

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