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Strasbourg : quatre mois de prison ferme pour le livreur antisémite, les failles de Deliveroo mises en cause

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu

Une semaine après les propos antisémites proférés contre deux restaurateurs juifs à Strasbourg, le principal suspect a été condamné ce jeudi à quatre mois de prison ferme par le tribunal judiciaire de Strasbourg. Ce livreur Deliveroo de nationalité algérienne était poursuivi pour discrimination.

Deux restaurateurs casher portent plainte contre un livreur Deliveroo, qui a refusé de prendre des commandes au motif qu'elles étaient préparées dans des restaurants juifs.
Deux restaurateurs casher portent plainte contre un livreur Deliveroo, qui a refusé de prendre des commandes au motif qu'elles étaient préparées dans des restaurants juifs. © Maxppp - Cristiano Minichiello / AGF Foto

Comme l’impression d’un délibéré pas totalement complet... C’est le sentiment ce jeudi 14 janvier après la condamnation d’un livreur Deliveroo accusé d’avoir refusé la livraison de deux restaurants israélites de Strasbourg. L’homme, de nationalité algérienne, poursuivi pour discrimination, a été condamné à quatre mois de prison ferme. Le jeune homme, âgé de 19 ans, devra quitter le territoire français après avoir purgé sa peine. 

La sanction est lourde, tout comme les mots du président du tribunal : "Vous qui n’avez pas été élevé en France, je vous rappelle qu’on doit respecter tout le monde dans ce pays, quelle que soit sa religion". Le livreur avait lancé jeudi dernier à l’un des restaurateurs : "Je ne livre pas aux juifs".

"J’ai demandé l’origine de la cuisine parce que je suis curieux"

Le livreur est donc désigné comme l’unique responsable. Et pourtant, c’est comme s’il manquait quelqu’un dans la salle d’audience. "Deliveroo n’est pas présent dans la procédure, mais le mériterait", reconnaît d’ailleurs l’avocat des deux restaurateurs victimes, Me Raphael Nisand. Car on a découvert, lors de l’audience, toute la complexité du système Deliveroo. 

C’est un livreur comme beaucoup d’autres qui s’est présenté ce jeudi au tribunal : survêtement de sport sur les épaules, c’est un jeune migrant, d’origine algérienne, venu en France il y a un an, des rêves de football plein la tête. Il joue d’ailleurs au FC Kronenbourg à Strasbourg. D’allure sportive, il nie tout antisémitisme

"J’ai demandé l’origine de la cuisine parce que je suis nouveau dans le métier, je suis curieux", explique le livreur dans son box. "Alors pourquoi avoir annulé les commandes ?", interroge le président. "Car je me suis rendu compte sur place que les livraisons n’étaient pas rentables". Les deux restaurateurs, présents à l’audience, remuent sur leur siège. "C’est faux" souffle l’un d’eux dans son masque. Le tribunal leur donnera raison.

Mais pour Me Nisand, "c'est tout le système Deliveroo qui est en cause". Car le livreur, qui se faisait surnommer "Rahou" est en fait un sous-traitant : il utilise le compte d’un ami à lui, qui a trouvé un emploi plus pérenne. En échange, Rahou lui verse chaque mois 150 euros. "Il y a une exploitation de la misère. Le fonctionnement de Deliveroo mène à ces dérives", lance d’ailleurs l’avocate de SOS Racisme, également partie civile dans ce dossier. 

C'est un cas isolé -- Deliveroo

"C'est un cas isolé, très regrettable certes mais isolé. Nous travaillons avec 14 000 livreurs. Nous avons 99,9% de notre flotte de partenaires qui sont des gens irréprochables. Il ne faut pas tout confondre", répond Melvina Sarfati El Grably, la directrice générale de Deliveroo France.

Le nom du livreur n’apparaissait nulle part

L’autre situation problématique concerne le manque de transparence. "Les policiers ont dû opérer un jeu de piste pour vous retrouver", souligne d’ailleurs le président. Car le nom du prévenu n’apparaissait nulle part : ni sur la plate-forme Deliveroo – puisqu’il n’était pas enregistré comme livreur – ni sur les comptes bancaires reliés au contrat. Les virements se faisaient sur les comptes de quelqu’un d’autre, qui lui avaient donné un RIB. 

"Cela pose la question de la traçabilité de ce qu’on commande. Il n’y a aucune traçabilité avec cette société", estime Me Nisand. "Les pratiques de sous-traitance sont légales, mais encadrées, en respectant le cahier des charges de notre entreprise, et notamment la déclaration complète du sous-traitant. Là, c'est un compte qui a été sous-traité de manière illégale", répond Melvina Sarfati El Grably. Le compte du livreur partenaire a d'ailleurs été définitivement supprimé par Deliveroo.

En plus de sa peine de prison, le livreur devra également verser 1.000 euros à chacun des restaurateurs pour préjudice moral, ainsi que 400 euros chacun pour frais d’avocats. Par ailleurs, il doit verser également 800 euros à chacune des associations qui s’étaient portées parties civiles : la Licra, SOS Racisme, le MRAP et la BNVCA. Enfin, le CRIF et le consistoire de Strasbourg n’ont réclamé qu’un euro symbolique.

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