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Strasbourg : il se présentait comme photographe pour abuser d’étudiantes

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu

Un Allemand de 58 ans a été jugé ce mardi à Strasbourg, poursuivi par quatre femmes pour agression sexuelles. Elles accusent l’homme de s’être présenté comme photographe professionnel pour organiser des shootings et procéder à des attouchements.

Le tribunal de grande instance de Strasbourg
Le tribunal de grande instance de Strasbourg © Radio France - Corinne Fugler

"Au bout de dix minutes, j’ai vite compris que la séance photo ne se déroulait pas normalement". Les témoignages des quatre jeunes femmes qui se succèdent à la barre se ressemblent fortement. Le procédé utilisé par cet Allemand de 58 ans semble toujours le même : il accoste des jeunes femmes dans la rue, souvent des étudiantes entre 18 et 20 ans, se présente comme photographe professionnel et leur propose des shootings. C’est lors de ces séances qu’il touche les fesses, le sexe, la poitrine de ses victimes. "Je me suis laissé faire au début, j’avais tellement peur. On ne sait jamais comment ces agresseurs peuvent réagir. Puis j’ai eu peur qu’il aille encore plus loin, j’ai donc prétexté un rendez-vous et je suis partie en courant", témoigne Laurine* à la barre.

Les victimes racontent aussi les conséquences lourdes de ces agressions : "Je n’ai jamais eu de relation sexuelle dans ma vie, c’était ma première expérience", raconte ainsi Clémence*, "ça a bouleversé ma vie, mes relations amoureuses. J’ai rencontré deux garçons depuis cet été, avec qui ça se passait bien, mais je n’arrive pas à me tenir à moins d’un mètre d’eux, par peur".

D'autres victimes ces dernières années ?

L’agresseur présumé, citoyen allemand résidant à Berlin, se tient droit comme un I face à la cour. Cheveux poivre et sel, lunettes sur le nez derrière ses yeux bleus et costume gris, il se défend, parfois avec maladresse : "Oui je lui ai touché les fesses, mais c’était comme une danse de tango, comme une chorégraphie" lance-t-il. "Son geste a été mal interprété", défend son avocat. Plus tard, celui qui est employé d'Etat outre-Rhin mime ces attouchements : "Je n’ai pas du tout touché le sexe, mais la hanche" argue-t-il en pointant son doigt vers le côté de son corps. "Elles sont venues pour faire un shooting photo, pas pour qu’on les touche", répond la procureure. L’homme reconnaît cependant avoir touché à plusieurs reprises les fesses de certaines victimes. "C’était pour placer sa jupe correctement, pour une photo plus sensuelle", explique-t-il.

"Je trouve sa personnalité inquiétante. On a quatre personnes au dossier, mais je n’ose pas imaginer combien de jeunes femmes ont pu subir ces attouchements en se disant que ça pouvait être normal. Le dossier laisse penser qu’il y aurait d’autres victimes", avance encore la procureure. Car d’autres jeunes femmes ont lancé ces accusations contre cet homme, mais n’ont pas été retenues dans le dossier. Fin 2019, lorsque Caroline* subit ces attouchements, elle publie un message sur un groupe Facebook qui rassemble des étudiants strasbourgeois, pour signaler ce citoyen allemand et prévenir d’autres jeunes femmes. Or plusieurs dizaines de jeunes femmes répondent à la publication pour signaler des faits similaires. Au final, seules quatre ont été retenues dans le dossier, s’étalant entre mars 2018 et juillet 2020.

L’analyse psychiatrique du prévenu, dont le casier judiciaire est vierge, confirme une obsession vis-à-vis du corps des femmes, un constat de "voyeurisme" et de "toucherisme". La procureure a requis 18 mois de prison avec sursis et une interdiction de séjour de cinq ans à Strasbourg, "une ville étudiante très importante", ainsi que son inscription au fichier des délinquants sexuels. Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu ce mardi soir.

* Les prénoms ont été modifiés.

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