Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice DOSSIER : Affaire Naomi Musenga à Strasbourg

Strasbourg : le Samu ne la prend pas au sérieux, elle meurt quelques heures après son appel

mardi 8 mai 2018 à 15:32 - Mis à jour le mercredi 9 mai 2018 à 8:27 Par Céline Rousseau et Olivier Vogel, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu

Cinq mois après le décès d'une Strasbourgeoise de 22 ans, le Samu pris dans une polémique. Ce vendredi 29 décembre 2017, l'appel de la jeune femme souffrante n'a apparemment pas été pris au sérieux par son interlocutrice du Samu.

Les urgences de l'hôpital de Strasbourg.
Les urgences de l'hôpital de Strasbourg. © Maxppp - Dominique Gutekunst

Strasbourg, France

Le décès d'une jeune femme de 22 ans le 29 décembre 2017 à Strasbourg soulève de nombreuses interrogations. A 11h, ce vendredi, Naomi Musenga demande de l'aide au Samu en raison de fortes douleurs abdominales. D'après l'enregistrement que s'est procuré Hebdi, l'opératrice semble ne pas la prendre au sérieux. 

L'enregistrement de la conversation du Samu, que s'est procuré Hebdi.

"Bon si vous ne me dites pas ce qu'il se passe, je raccroche" : l'opératrice du Samu à la jeune femme.

"Madame aidez, moi" demande la jeune Strasbourgeoise. Devant les difficultés de la patiente à s'exprimer, l'opératrice lui répond :"Bon si vous ne me dites pas ce qu’il se passe, je raccroche". "J'ai très mal, je vais mourir", explique Naomi Musenga. "Oui, vous allez mourir, certainement, un jour, comme tout le monde", rétorque son interlocutrice qui lui conseille à trois reprises de contacter SOS médecins avant de raccrocher.

Une enquête administrative diligentée au sein de l'hôpital de Strasbourg

Naomi Musenga est morte quelques heures plus tard à l'hôpital. Entre temps, elle a attendu SOS médecins pendant plusieurs heures, avant d'être transférée au Nouvel hôpital civil de Strasbourg... par le Samu. 

La famille a pu se procurer cet enregistrement après une très longue attente de près de cinq mois. Après écoute, "j'étais effondrée, abasourdie, choquée", raconte Bablyne Musenga, la mère de Naomi. Elle est aide-soignante et connaît donc bien le milieu médical. "Je me demande pourquoi ils ont fait ça". Et de s'interroger : "Est-ce que le Samu est toujours à sa place ? Ou c'est SOS médecins qui devient le Samu ? Ou ce sont les pompiers ?".

Naomi Musenga est morte le 29 décembre 2017 à Strasbourg. - Aucun(e)
Naomi Musenga est morte le 29 décembre 2017 à Strasbourg. - Copie d'écran Facebook

Selon le rapport d’autopsie, que s'est procuré le journal Le Monde, Naomi Musenga a succombé des suites d’une "défaillance multiviscérale sur choc hémorragique".

L'hôpital de Strasbourg a rédigé un communiqué de presse, que seul Hebdi a reçu. Il s'agit d'un texte court qui présente les condoléances des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg à la famille et annonce qu’une enquête administrative au sein de l’hôpital a été ouverte le 3 mai. La famille a envoyé un courrier au procureur de la République de Strasbourg pour demander l'ouverture d'une information judiciaire.