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Faits divers – Justice

Strasbourg : opération "collège mort" ce mardi au collège Jacques Twinger après l'agression d'une enseignante

Une enseignante du collège Jacques Twinger, à Strasbourg, est en arrêt maladie depuis 10 jours. Elle a été braquée par des adolescents externes à cet établissement du quartier de Koenigshoffen. En réaction, une opération "collège mort" est organisée mardi 15 octobre.

Une opération "collège mort" est organisé mardi 15 octobre 2019 au collège Jacques Twinger à Strasbourg, dix jours après l'agression d'une enseignante.
Une opération "collège mort" est organisé mardi 15 octobre 2019 au collège Jacques Twinger à Strasbourg, dix jours après l'agression d'une enseignante. © Radio France - Solène de Larquier

Koenigshoffen, Strasbourg, France

Une grave agression déclenche la colère des parents et enseignants. Une opération "collège mort" est organisée pour interpeller sur l'urgence de la situation. Dix jours après l'agression d'une enseignante au collège Jacques Twinger, les représentants parents d'élèves appellent à ne pas emmener les enfants à l'école ce mardi 15 octobre dans cet établissement du quartier strasbourgeois de Koenigshoffen. L'établissement prendra tout de même en charge les élèves qui le souhaitent.

L'enseignante agressée en arrêt maladie depuis dix jours

Le 4 octobre, trois adolescents extérieurs à l'établissement pénètrent le collège et y écoutent de la musique. Une enseignante les croise, remarque qu'ils ne lui sont pas familiers et leur demande de quitter les lieux. C'est alors qu'ils profèrent des menaces de morts envers l'ensemble du personnel de l'établissement, l'un d'eux sort une arme et braque l'enseignante qui garde son sang froid et va demander de l'aide, selon des propos rapportés par ses collègues, mais au retour du groupe, les adolescent ont quitté le collège. Ironie du sort, le matin même de l'agression, l'équipe éducative organisait une kermesse du "savoir-être" pour sensibiliser notamment les nouveaux élèves.

Mise en arrêt maladie, l'enseignante a porté plainte, ainsi que la cheffe d'établissement. Lundi 14 octobre, le professeur était toujours en arrêt. Le rectorat, de son côté, a mis en place une cellule d'écoute ainsi qu'une équipe mobile de sécurité. La directrice académique adjointe du Bas-Rhin s'est également déplacée dans l'établissement le lundi 7 octobre. Le conseil général a depuis installé un visiophone à l'entrée du collège pour éviter d'autres pénétrations de ce genre. Mais au-delà de cette agression, parents et enseignants dénoncent un mal-être bien plus profond.

Un quartier qui se sent à l'abandon

Enseignants comme parents appellent à replacer cette agression dans un contexte : "On a l'impression que le collège est délaissé et, au delà du collège, le quartier aussi", explique Brahim Maameri, représentant des parents d'élèves. Jacques Twinger est le seul collège au coeur des quartiers ouest de Strasbourg, coincé entre le quartier populaire des Poteries d'une part "où il manque des infrastructures, où le tissus associatif est pauvre, où il manque des éducateurs, etc." liste Brahim Maameri, et d'autre part le quartier des Forges "qui est en pleine expansion, ça pousse comme des champignons et on n'a pas pensé aux enfants" complète le délégué. 

Conçu pour 600 élèves, le collège en accueille 670 dans des locaux que tous décrivent comme exigus. "Quand vous confinez des gamins, si vous ne mettez pas les moyens en place, c'est-à-dire des lieux de vie, Il n'y a même pas de foyer pour les élèves, et que les locaux sont exigus... Il y a fréquemment des altercations, des incivilités. Tous les acteurs, que ce soit l'Education nationale ou les collectivités ne mettent pas les moyens nécessaires pour l'épanouissement de cette frange de la population. Parce qu'il s'agit bien de ça : une frange de la population qui est mise à l'écart" insiste Brahim Maameri. 

On a l'impression que le collège est délaissé et, au delà du collège, le quartier aussi"

Les enseignants quant à eux estiment avoir de moins en moins de moyens pour faire face à la montée des violences et le nombre d'élèves. "C'est avec beaucoup de colère et de tristesse qu'on réagit car cela fait des mois que l'on interpelle sur la situation" explique Emmanuelle Rabin, représentante du personnel au CA. Un exemple que donne cette enseignante de français : "On a réduit nos heures d'accompagnement éducatif qui nous permettaient de prendre en charge les élèves en difficulté scolaire et en difficulté de comportement. On est passé de 1500 heures à 200 heures à la rentrée" déplore-t-elle. Le rectorat affirme de son côté que ces heures ont été globalisées dans le dispositif "devoirs faits". 

Créer du dialogue et mettre en place une réflexion globale

Parents et enseignants appellent non pas à une liste de mesures mais à un dialogue entre les différents acteurs, l'Education nationale, l'Etat, le conseil département et l'Eurométropole, dont ils espèrent voir des représentants à l'issue de cette journée "collège mort". "Les enfants grandissent dans une société de plus en plus violente et l'école n'arrive plus à créer une bulle autour d'eux" ajoute Audrey Candeloro, également représentante du personnel en détaillant : "On déplore d'une part les moyens mais il manque aussi cette accompagnement face à la violence, aucun enseignant, aucun membre du personnel n'est préparé à une telle violence" regrette-t-elle avant de conclure : "On a une vraie ambition pour ce collège et on a envie que l'on comprenne que ce ne sont pas que de petites demandes ponctuelles de pansement parce qu'au final, on est tous là pour nos élèves.

De son côté, le rectorat assure ne pas essayer de minimiser la situation et assure que les différents acteurs dialoguent déjà. Au-delà des mesures immédiates, La rectrice de l'académie de Strasbourg, Sophie Béjean, met notamment en avant le poste d'assistant d'éducation ajouté en septembre "parce qu'on sait qu'il y a des besoins, qu'il y a un public difficile et des abords un peu compliqués". La rectrice affirme également que la volonté de mettre en place des partenariat avec les associations du quartier : "On sait que c'est un des moyens pour dynamiser la vie et là encore on met des moyens." Le rectorat promet que le cœur de la mission de l'inspecteur suivant le collège Jacques Twinger sera de faire aboutir ce type de projet d'ici un an. 

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