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Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Péchier à Besançon : un anesthésiste soupçonné d'empoisonnement sur sept patients

Stupeur à la clinique Saint-Vincent de Besançon après la mise en examen d'un anesthésiste soupçonné d'empoisonnements

mardi 7 mars 2017 à 21:18 - Mis à jour le mardi 7 mars 2017 à 22:13 Par Anne Fauvarque et Véronique Narboux, France Bleu Besançon et France Bleu

L'émoi est très vif à la clinique Saint-Vincent de Besançon où exerçait l'anesthésiste mis en examen lundi pour empoisonnement avec préméditation. Deux des sept victimes ont succombé. Le praticien est placé sous contrôle judiciaire, mais le parquet redemande son placement en détention provisoire.

A la clinique Saint-Vincent de Besançon, le choc émotionnel est énorme
A la clinique Saint-Vincent de Besançon, le choc émotionnel est énorme © Radio France - Anne Fauvarque

Besançon, France

"Les équipes sont sous le choc", reconnaît Valérie Fakhoury, la directrice de la clinique Saint-Vincent. A tel point qu'une grande partie des opérations non urgentes ont été déprogrammées ce mardi. L'anesthésiste mis en examen pour empoisonnement avec préméditation travaillait depuis 2004 pour la clinique Saint-Vincent de Besançon. Il est aujourd'hui soupçonné d'avoir sciemment empoisonné sept patients, entre 2008 et 2017, à la clinique Saint-Vincent et à la polyclinique de Franche-Comté, deux établissements bisontins. Deux de ces patients sont décédés à la clinique Saint-Vincent. Un homme de 53 ans mort en 2008, et une femme de 51 ans, décédée l'an dernier. Tous deux, victimes d'arrêts cardiaques, n'ont pu être ranimés.

A la clinique Saint-Vincent, plusieurs infirmières qui avaient l'habitude de travailler avec le médecin mis en cause, expliquent, sous couvert d'anonymat, que "c'est un bon anesthésiste, quelqu'un de bien, avec qui on aimait travailler". Mais certains infirmiers se disaient "inquiets" de "ces incidents inexpliqués". La direction de la clinique Saint-Vincent ne souhaite pas davantage commenter cette affaire. "Tant qu'une juridiction ne se sera pas prononcée sur sa culpabilité, il est pour nous innocent" explique Maître Douchez, l'avocat du groupe Capio.

Me Frédéric Douchez avocat du groupe Capio et Valérie Fakhoury, directrice de la clinique Saint-Vincent de Besançon - Radio France
Me Frédéric Douchez avocat du groupe Capio et Valérie Fakhoury, directrice de la clinique Saint-Vincent de Besançon © Radio France - Anne Fauvarque

De son côté, la Polyclinique de Franche-Comté précise que l'anesthésiste n'a exercé en son sein que "sur une courte période en 2009". Elle explique que "les circonstances de ces événements graves ont donné lieu à une enquête médicale interne" et que l'établissement avait à l'époque averti l'Agence régionale de santé, avant de déposer plainte contre X.

Le parquet exclut l'hypothèse d'accidents

Pour Christine de Curraize, la vice-procureure de la République de Besançon, ces empoisonnements ne sont "pas un accident". Les analyses toxicologiques, précise-t-elle, "ont permis de retrouver de fortes quantités de potassium où d'anesthésiques, à doses létales". La nature et les doses introduites "sciemment" dans ces poches de perfusion, "là où normalement, elles n'ont pas lieu d'être", indiquent qu'il "ne pouvait s'agir que d'actes volontaires de nature à entraîner la mort des patients". La magistrate indique que les investigations vont se poursuivre et que des expertises médicales sont en cours. "On n'est pas à l'abri de voir le nombre de victimes s'élargir" prévient-elle. Christine de Curraize parle "d'indices graves et concordants" et de "faits gravissimes". C'est pour cela que le parquet demande le placement en détention provisoire du suspect, ou a minima, un placement sous bracelet électronique. Le ministère public a fait appel du simple contrôle judiciaire auquel est aujourd'hui soumis l'anesthésiste.

Des accusations ahurissantes et fragiles selon la défense

"Mon client conteste fondamentalement tout empoisonnement que ce soit. C'est un professionnel archi-reconnu, de grande qualité, qui pratique 2.000 anesthésies par an. Il dit passer sa vie à réanimer les gens, pas à les tuer", proteste Maître Randall Schwerdorffer. Pour l'avocat, "l'accident ou la négligence restent des hypothèses tangibles". Et il pointe ce qu'il considère comme une fragilité du dossier : "Comment ces doses létales ont pu être administrées aux patients ? C'est la grande question à laquelle doit répondre le ministre public et j'estime que la preuve que c'est le docteur incriminé n'est pas rapportée. Il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas de système réellement sécurisé concernant les pharmacies au sein des cliniques de Besançon, que beaucoup de personnes y ont accès et pas exclusivement l'anesthésiste qui est mis en cause. On pointe du doigt celui-ci pour certaines raisons, notamment statistiques mais la statistique, ça n'a jamais fait une preuve."