Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Affaire Jean Mercier

Suicide assisté : le procureur de Saint-Étienne requiert trois ans avec sursis à l'encontre de Jean Mercier

Par Sandrine Morin, Mathilde Montagnon et Tescher Léo, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu mardi 22 septembre 2015 à 8:42

Jean Mercier au tribunal de Saint-Etienne
Jean Mercier au tribunal de Saint-Etienne © Radio France - Mathilde Montagnon

Le procureur de la République de Saint-Etienne a requis mardi une peine minimum de trois ans de prison avec sursis à l'encontre de Jean Mercier, 87 ans, jugé pour avoir aidé son épouse à mourir en 2011. Le jugement sera rendu le 27 octobre.

Il y a presque quatre ans, Jean Mercier a "tenu une promesse" faite à sa femme. Celle de l'aider à mourir dignement. Gravement malade, elle lui a demandé de l'aider à mettre fin à ses jours. Il lui a apporté le verre d'eau et les médicaments nécessaires. Durant l'audience, le Procureur de la  République estime que si l'assistance au suicide ne constitue pas une infraction, Jean Mercier avait le temps après, de prévenir les secours durant l'agonie de sa femme. Il requiert trois ans de prison avec sursis. Une peine que ne comprend pas Jean Mercier pour qui il ne doit pas y avoir de demi-mesure : c'est soit la prison ferme, soit la relaxe. La relaxe, plaidée par son avocat Me Mickaël Boulay. Le jugement sera rendu le 27 octobre.  

Marie-Pierre, la fille de Jean Mercier, en colère contre le réquisitoire

Ce procès, après quatre ans de procédure, relance surtout le débat sur la fin de vie. Quelques heures avant ce procès, ce mardi matin, Jean Mercier était dans les studios de France-Bleu-Saint-Étienne-Loire pour témoigner, juste avant d’être entendu par les juges.

Jean Mercier  «Ce procès j'y suis indifférent. Ça fait quatre ans que ça dure. J'avais fait une promesse lors du début notre histoire avec ma femme... des années avant. J'étais bouleversé, j'ai fait mine d'abord de ne pas comprendre sa demande, mais elle était au bout du bout. Je le referais s'il fallait, sinon je me sentirais coupable. Vis-à-vis d'elle et de moi-même. C'était de l'assistance à personne en danger, contrairement à ce qu'on me reproche. Si la loi ne change pas, c’est que la mort est encore tabou. On n’aime pas, on n’ose pas en parler. Je ne pense pas que la justice s'acharne contre moi. Mais la loi devrait changer. »

Jean Mercier " Je le referais s'il fallait "

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