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Faits divers – Justice

Mort sur les rails : "on espère tous que ça ne nous arrivera pas" dit un conducteur de TER

lundi 25 mars 2019 à 18:29 Par David Valverde, France Bleu Saint-Étienne Loire

Ils sont aux premières loges des "accidents de personnes" : les conducteurs de train sont des victimes psychologiques collatérales lorsque des individus mettent fin à leurs jours sur des rails. Il y aurait 450 morts par an sur le réseau ferré français.

Les arrivées en gare sont particulièrement surveillées.
Les arrivées en gare sont particulièrement surveillées. © Maxppp - Joel Philippon

Lorette, France

Ce lundi, le trafic SNCF a été largement perturbé entre Saint-Étienne et Lyon. Des trains supprimés et des retards en pagaille à cause d'un "accident de personne" comme on dit dans le jargon : un piéton percuté par un train. Dans ce cas précis, l'accident a eu lieu sur la commune de Lorette, au niveau de la route de la plaine de Grezieux. Des événements qui ne sont pas rares, puisque chaque année, on estime à 450 le nombre de personnes qui se jettent sous un train pour mettre fin à leurs jours. 

"On se dit que ça va mal finir. Et c'est le cas"

Une scène à laquelle assiste, impuissant, le conducteur du train. Même s'il aperçoit le suicidaire, il lui est généralement impossible de s'arrêter à temps pour l'éviter. Une situation que craint ce conducteur qui officie entre Lyon et le Puy-en-Velay : "En début de carrière je n'y pensais pas vraiment, mais le fait de voir les gens traverser les voies, attendre le train trop près du bord du quai, on se dit que ça va mal finir. Et c'est le cas. On sait que certains endroits sont des points noirs. Quand on y passe, on y pense. À une époque c'était un sujet tabou dans l'entreprise. Maintenant c'est différent, le conducteur est aidé, il a accès à un pôle psychologique. Ce sont souvent des adolescents qui se mettent en danger de façon inconsciente. À partir du moment où on devient père de famille, on espère tous que ça ne nous arrivera pas." 

Que se passe-t-il pour le conducteur du train une fois passé cet événement forcément traumatisant ? L'accompagnement du conducteur se fait toujours en trois temps :

  • Il est relevé immédiatement de la charge de conduire ce train, quel que soit le type d'accident. Le conducteur a généralement tout vu de l'accident et peut ne pas être en état de reprendre son travail. C'est donc ensuite un cadre de conduite qui prend la relève
  • Le conducteur est pris en charge par le pôle de soutien psychologique de la SNCF. Un service qui gère exclusivement ces événements, avec des psychologues. La personne sera testée pour juger de l'intensité du choc qu'elle a subi. Même s'il n'est pas responsable, symboliquement le conducteur a tué. Chacun arrive à sa manière à se défaire de cette culpabilité naturelle.
  • Le conducteur sera enfin soumis à une visite de reprise avant de retrouver son poste. Et la SNCF se débrouillera pour éviter de lui assigner immédiatement le trajet sur lequel il a vécu cet épisode traumatisant.