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Faits divers – Justice

Suicides à France Télécom : peines maximales requises contre l'entreprise et son ex-patron, Didier Lombard

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Par , France Bleu

Les procureures ont requis ce vendredi 75.000 euros d'amende contre France Télécom, un an de prison ferme et 15.000 euros d'amende contre trois de ses anciens dirigeants. Ils sont poursuivis pour harcèlement moral après une vague de suicides au sein de la société entre 2007 et 2010.

Didier Lombard, ancien président de France Télécom.
Didier Lombard, ancien président de France Télécom. © Maxppp - Christophe Morin

75.000 euros d'amende pour France Télécom, un an de prison et 15.000 euros d'amende pour trois de ses anciens dirigeants, Didier Lombard, Louis-Pierre Wenes et Olivier Barberot : c'est ce qu'ont demandé les deux procureures ce vendredi. Le procès pour harcèlement moral a débuté il y a deux mois, le 6 mai 2019, devant le tribunal correctionnel de Paris. Les anciens dirigeants de l'entreprise ont "recherché la déstabilisation des salariés" selon le parquet de Paris.

"Les peines prévues par la loi à l'époque des faits sont très faibles. On ne peut que demander le maximum", a déclaré la procureure Brigitte Pesquié

Entre 2007 et 2010, la société, aujourd'hui rebaptisée Orange, a connu une vague de suicides. Plusieurs salariés pointaient alors du doigt leur entreprise, faisant de France Télécom un symbole de la souffrance au travail.

Six dirigeants devant la justice, 39 victimes citées

Au total, six dirigeants et cadres de l'entreprise sont jugés, notamment Didier Lombard l'ex PDG, Louis-Pierre Wenes, ancien numéro 2 de France Télécom, et Olivier Barberot, ex-responsable des ressources humaines. Tous les trois comparaissent pour "harcèlement moral". Les quatre autres cadres sont jugés pour "complicité" de ce délit. 

"Les chefs incontestés de la politique d'entreprise managériale [...] peuvent qualifier leurs agissements ainsi : le harcèlement moral est mon métier." - La procureure, Françoise Benezech

A l'époque, engagé dans le délicat virage de la privatisation et des nouvelles technologies, le groupe voulait supprimer 22.000 postes entre 2006 et 2008 et procéder à 10.000 changements de métier. Et selon la procureure, Françoise Benezech, cette "obsession" est devenue "le cœur de métier des dirigeants de France Télécom".

Le tribunal a étudié les cas de 39 parties civiles : dix-neuf se sont suicidées, douze ont tenté de le faire, et huit salariés ont subi un épisode de dépression ou ont été en arrêt de travail.

Place aux plaidoiries de la défense

Après les réquisitions des procureures, les plaidoiries de la défense auront lieu du lundi 8 au jeudi 11 juillet. 

C'est la première fois que la justice aura à trancher une affaire de harcèlement moral d'une telle ampleur au sein d'une entreprise de cette taille.