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Faits divers – Justice

Suicides à France Télécom : ouverture du procès ce lundi

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass

Après une vague de suicides dans cette entreprise entre 2007 et 2010, le procès de France Télécom et de son ancien patron Didier Lombard s'est ouvert ce lundi. Les syndicats et les victimes espèrent que sera celui d'"un système de harcèlement institutionnel" et qu'il servira d'exemple.

Didier Lombard, l'ancien patron de France Télécom
Didier Lombard, l'ancien patron de France Télécom © AFP - ERIC PIERMONT

Frappée par une vague de suicides en 2008 et 2009, France Télécom, devenue Orange, a été mise en examen pour harcèlement moral.

C'est la première fois que la justice aura à trancher une affaire de harcèlement moral d'une telle ampleur au sein d'une entreprise de cette taille.

Six dirigeants devant la justice

Aux côtés de la personne morale France Télécom et de Didier Lombard, l’ancien patron, six dirigeants et cadres de l'entreprise sont jugés à partir de ce lundi 6 mai jusqu'au 12 juillet devant le tribunal correctionnel de Paris.   

Didier Lombard, Louis-Pierre Wenes, ex-numéro 2, et Olivier Barberot, ex-responsable des ressources humaines, comparaissent pour "harcèlement moral". Les quatre autres cadres sont jugés pour "complicité" de ce délit. 

39 victimes citées dans le dossier

A l'époque engagé dans le délicat virage de la privatisation et des nouvelles technologies, le groupe voulait supprimer 22.000 postes entre 2006 et 2008 et procéder à 10.000 changements de métier.

Trente-neuf victimes sont notamment citées : dix-neuf se sont suicidées, douze ont tenté de le faire, et huit salariés ont subi un épisode de dépression ou ont été en arrêt de travail. Le suicide en juillet 2009 d'un technicien marseillais, qui avait évoqué un "management par la terreur", avait donné un énorme retentissement à l'affaire, renforcé par plusieurs actes similaires. Les plaignants, dont la fédération Sud-PTT, y voient la conséquence d'un "système" pour pousser les salariés au départ dans un contexte d'ouverture à la concurrence, après que l'Etat est devenu actionnaire minoritaire en 2004.

De simples "indications"

"En 2007, je ferai les départs d'une façon ou d'une autre, par la fenêtre ou par la porte", avait lâché Didier Lombard en octobre 2006 devant des cadres supérieurs et dirigeants de France Télécom. Face aux enquêteurs, France Télécom et certains cadres ont nié l'existence d'objectifs de réduction d'effectifs, évoquant de simples "indications".

Mais aux yeux du ministère public, les objectifs de mobilités et de réduction des effectifs étaient devenus une fin en soi, quels que soient les moyens pour y parvenir : incitations répétées au départ, mobilités forcées, surcharge ou absence de travail, réorganisations tout azimuts... Didier Lombard avait quitté la direction opérationnelle du groupe en mars 2010, fragilisé par le scandale et une "énorme bourde", de son propre aveu, lorsqu'il avait évoqué "une mode du suicide".

Syndicats et victimes attendent "un procès exemplaire"

Lors d'une conférence de presse mi-avril, les syndicats et les associations de victimes ont dit espérer que "le procès (soit) exemplaire". "C'est le procès de dirigeants qui ont utilisé la violence sociale comme méthode de management", a déclaré  pour Sébastien Crozier, président du syndicat CFE-CGC Orange. 

"On a vécu à cette époque-là une violence incroyable, avec la mise en place d'un système de harcèlement institutionnel au plus haut niveau de la hiérarchie et qui s'est décliné jusqu'en bas", a condamné Patrick Ackermann (SUD). "Le suicide en a été l'expression la plus extrême".   

Pour Dominique Riera (FO), c'est "le procès de toute une organisation du travail" qui démarre. Le syndicaliste a dénoncé "un système" pour mettre en place un vaste plan de suppressions d'emplois, "mais pas comme dans certaines entreprises qui respectent la légalité". C'était "un plan massif de dégagement".    

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