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Police : "les délinquants pensent avoir une impunité" pour le syndicat Alliance dans la Loire

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Un policier s'est donné la mort dans la Loire. Il travaillait dans le département de l'Essonne mais il a été retrouvé sur la commune de Saint-Romain-la-Motte, près de Roanne. Symbole une nouvelle fois d'une profession en souffrance pour Sylvia Vaudou, du syndicat Alliance dans la Loire.

Le syndicat Alliance réclame des peines planchers pour les agresseurs de policiers.
Le syndicat Alliance réclame des peines planchers pour les agresseurs de policiers. © Radio France - France Bleu

France Bleu Saint-Étienne Loire - Un policier qui travaillait dans l'Essonne est retrouvé mort dans la Loire, sans doute par un suicide, donc avec son arme de service. Ce serait le troisième en un peu moins de deux semaines dans le pays. Forcément, vous êtes émue ce matin ?

Sylvia Vaudou, secrétaire départementale du syndicat Alliance dans la Loire - Émue, choquée. Nous présentons toutes nos condoléances à sa famille et comme nous le disons depuis déjà plusieurs mois, presque plusieurs années, la police est en souffrance. C'est un troisième suicide en dix jours, ce qui est énorme. Nous arrivons aujourd'hui, en cette année 2021 à 19 suicides dans nos rangs, et c'est vrai qu'il y a une grosse souffrance. Je pense que 2015 a été  un passage et qu'aujourd'hui, nous arrivons un petit peu en bout de ligne et qu'il va falloir que les choses changent à tous les niveaux. 

Les images de votre collègue de Rive de Gier, de patrouille attaquées, ça décourage les collègues ? 

Non, parce que nous aimons notre métier. Les collègues font leur métier avec conviction et honnêteté. Ils sont là pour faire leur devoir, leur job et ils aiment leur travail. Par contre, oui, on sait qu'on est de plus en plus attaqués, que nous sommes devenus des cibles et que nous mettons nos vies en danger à chaque fois qu'il y a des interventions.

Vous, ça ne vous décourage pas, mais est ce qu'à l'inverse cela motive les délinquants ? Est ce que ça leur donne le sentiment qu'on a le droit de ne plus avoir de limites ?

Alors effectivement, il n'y a plus de limites. On en revient à ce qui est dit depuis déjà plusieurs jours : la justice ne fait pas effectuer les peines et à cause de ça les délinquants pensent qu'aujourd'hui, ils ont une certaine impunité.

Aujourd'hui, vous êtes toujours déçue par les réunions qui ne donnent rien parce que votre cheval de bataille ce sont les peines plancher...

Il faut que les agresseurs de policiers soient sanctionnés, que les peines soient faites. En fait, il n'y a pas besoin d'ajouter plus de lois. Les lois sont très bien faites. En France, le Code pénal et le Code de procédure pénale sont très bien faits. Il n'y a pas de problème. Il suffit d'appliquer les peines et pas que pour les policiers. Les peines ne sont pas appliquées. Résultat les personnes sortent et il y a des problèmes derrière.

Vous ressentez cette tension entre la justice et la police ? Il y a un lien qui se serait effrité peut-être ces derniers temps ?

Au niveau local pas du tout parce que nous travaillons avec le parquet, avec le procureur. Il faudrait au moins 100 000 places de prison et on en a que 60 000. Donc s'effriter, je ne dirais pas ça parce il y a toujours de la communication et on travaille toujours ensemble. Le problème qu'ils n'arrivent pas à mettre en place les peines.

Un mot sur ce sondage Odoxa qui interroge les Français sur l'image qu'ils ont des policiers. On a le sentiment que les choses se sont renversées depuis quelque temps. Il y a deux, trois ans, pendant les gilets jaunes, les policiers étaient mal vus populairement. Aujourd'hui, là, on voit que les policiers sont jugés courageux par 80% des Français. 73% estiment qu'ils défendent bien les valeurs républicaines. Vous avez le sentiment quand même qu'il y a un écho positif au sein de la population ?

Je pense qu'il y a un écho positif et que les gens se rendent compte de la réalité aussi, que le travail est devenu difficile et qu'aujourd'hui, il n'y a plus de ville sereine. On le voit par exemple le maire d'Ouges qui est attaqué, une petite bourgade de Côte d'Or. Ou Hayange, ce n'est pas Strasbourg, ce n'est pas Paris, c'est pas Lyon, ce n'est pas Marseille. Même dans les petites villes, il se passe des agressions et de la violence. Il n'y a plus de lieu serein.

Fin de la garde à vue ce matin pour les huit interpellés dans le cadre de l'agression de votre collègue à Rive-de-Gier. Quelle sera la suite ?

La suite de la procédure, c'est qu'ils vont être présentés aujourd'hui et que dans l'après midi, on aura plus d'informations de la part du procureur.

La victime de cette agression, vous la connaissez bien. Vous avez de ses nouvelles ?

C'est un collègue à nous. On a des nouvelles régulières. Il est très courageux puisque maintenant, il est hors de hors de danger. Il poursuit sa route. Il est courageux et souhaite revenir travailler rapidement. A 51 ans, revenir encore pour aller sur la voie publique alors qu'il a déjà beaucoup souffert. Je pense que c'est quelqu'un qui est très motivé, très courageux et très compétent.

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