Faits divers – Justice

SNCF : "suite à un accident de personne", pourquoi les retards de trains sont-ils si longs ?

Par Magali Fichter, France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon et France Bleu Bourgogne mardi 18 octobre 2016 à 19:59

Gare de Besançon Franche-Comté TGV
Gare de Besançon Franche-Comté TGV © Radio France - CC M0tty

Vingt TGV et près de 10.000 voyageurs impactés après un suicide près de Tonnerre, dans l'Yonne, dans la nuit de lundi à mardi. Des voyageurs franc-comtois et bourguignons, notamment, sont arrivés à destination avec parfois plus de cinq heures de retard.

Vous avez peut-être déjà entendu cette annonce dans le train : "Suite à un accident de personne, le trafic est interrompu sur toute la ligne". Cela arrive en moyenne une centaine de fois par an, et c'était encore le cas dans la nuit de lundi à mardi, sur l'axe TGV Marseille-Paris, à la suite d'un suicide dans l'Yonne.

A partir du moment où une personne meurt percutée par un train, la SNCF n'a plus la main. Elle doit laisser le champ entièrement libre aux enquêteurs. La première étape, c'est le signal d'alerte donné par le conducteur. A partir de ce moment là, tous les trains de la zone s'arrêtent, et les pompiers et la police sont prévenus.

La procédure en cas d'accident de personne - Aucun(e)
La procédure en cas d'accident de personne - SNCF

Une fois qu'ils arrivent sur place, les secours sécurisent la zone et examinent le corps, mais sans le toucher, tant que l'officier de police judiciaire n'a pas donné son feu vert. C'est lui qui va mener l'enquête, interroger le conducteur de train - qui est d'ailleurs remplacé pour la journée, interroger les éventuels témoins. Il reste sur place en moyenne une heure quarante.

Un suicide dans 80% des cas

Imprudence, homicide ou suicide, comme c'est le cas dans 80% des accidents de personnes : Si l'officier a un doute sur les causes de la mort, il peut aussi faire venir un médecin légiste. En tout cas, c'est seulement quand il a fini son enquête que les pompes funèbres peuvent intervenir pour emporter le corps. Et lui seul peut autoriser la reprise de la circulation.

Si c'est nécessaire, les voyageurs changent de train, et le trafic peut reprendre. Tout cela prend en moyenne entre deux heures et deux heures et demi. Mais parfois ça peut être beaucoup plus long, parce que l'enquête prend du temps, ou tout simplement, comme lundi soir, parce que la zone est difficile d'accès.

L'indemnisation

En principe, la SNCF ne rembourse pas les voyageurs quand elle n'est pas responsable de la cause du retard. Toutefois, en ce qui concerne l'accident de lundi, les voyageurs qui ont subi plus de quatre heures de retard pourront être indemnisés intégralement, et les autres partiellement.

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