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Faits divers – Justice

Rencontre avec un hacker : "sur internet, basculer du côté obscur de la force, c'est facile"

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Par , France Bleu Bourgogne

Qui se cache derrière les fausses alertes à la bombe dans les lycées parisiens ? L'enquête de la sûreté territoriale devra le déterminer. Le seul personnage connu à l'heure actuelle, c'est Vincent, le jeune côte-d'orien interpellé au domicile de son père lundi matin à Marsannay-le-Bois.

Les jeunes hackers apprennent tout directement sur internet
Les jeunes hackers apprennent tout directement sur internet © Maxppp - Lucas Racasse

Le jeune homme, très doué avec un clavier selon son père,  est un "rebelle", parcourt les sites "type Anonymous", mais ce n'est pas un "nuisible". Ainsi décrit, Vincent a le profil du jeune homme plongé en permanence sur son écran d'ordinateur, et qui a peut-être été influencé par les mauvaises personnes, au mauvais moment. 

Un hacker, c'est quoi exactement ?

Mais tout le monde ne sombre pas du mauvais côté, et le terme "hacker" lui-même est le plus souvent mal compris et mal utilisé. A 23 ans, Florent en est la preuve : c'est un hacker confirmé, et par ailleurs pensionnaire de l'un des rares Masters de cyber-défense et de sécurité informatique qui existent en France, à Valenciennes dans le Nord précisément. En somme, il est étudiant en hacking. Un parcours entamé il y a une dizaine d'années dans la région lyonnaise.

"Je suis quelqu'un de curieux de nature, je cherche vraiment à savoir comment ça marche. La première fois que j'ai eu un ordinateur je me suis rendu compte qu'il y avait des sessions différentes entre mon grand frère et moi, la sienne avait des droits que je n'avais pas et j'ai cherché à récupérer ses droits à lui pour pouvoir jouer à ses jeux (rires). C'est comme un aspirateur, vous l'achetez et si vous lisez le manuel vous savez comment ça marche, et ce que vous pouvez faire avec."

Un apprentissage complet, et gratuit

En dépit des fantasmes populaires, les vrais génies sont rarissimes en la matière, et les vrais méchants, par conséquent, aussi. En tout cas ce sont d'abord des passionnés de technique, et ils ont tous ou presque commencé à "bidouiller" dans leur coin, grâce au web, comme Florent. Gérald Schwartzmann est informaticien, fondateur de COAGUL à Dijon, une association d'utilisateurs de logiciels libres.

"C'est peut-être un des rares derniers métiers que l'on peut apprendre tout seul, il suffit d'avoir la curiosité. Tout ce qui est du domaine de la technique est très bien documenté sur internet."

Basculer du côté obscur de la force, c'est facile

_Avec une nuance toutefois, ajoute Florent. Lorsqu'il s'agit de trouver des informations plus poussées en matière de cyber-sécurité, il y a vite la barrière de la langue : "mieux vaut parler couramment russe, et l'anglais est de toutes façons la base". Pas à la portée de n'importe qui, donc. En revanche, le jeune homme en a bien conscience, au gré de ses recherches et de sa curiosité, il aurait pu se perdre totalement : "_Oui c'est une possibilité présente tout au long de l'apprentissage de la sécurité informatique. Basculer du côté obscur c'est facile, mais honnêtement, je ne vois pas l'intérêt parce que vous pouvez être payé et reconnu pour faire ce qui vous plaît, sans être un hors-la-loi. C'est mon cas."

Théories du complot

Gérald Schwartzmann, lui, se gardera bien de juger le cas de Vincent, interpellé ce lundi matin à Marsannay-le-Bois dans l'enquête sur les fausses alertes à la bombe. Mais là encore internet est une mine d'informations, pas toujours très fiable : 

"Quand on a un enfant qui est constamment connecté, on se doute bien qu'il finira pas croiser des gens qui sont peu recommandable. A 18 ans, on est pas assez mature, on n'a pas suffisamment de recul sur ce qu'on lit, on n'a pas forcément le réflexe d'aller lire le contre-point. Tout va plus vite avec le numérique c'est sûr. Et quelqu'un qui cherche il va trouver le pire. Et je crois que ce qu'il y a de pire en ce moment, ce sont ces trucs qui tournent autour du complotisme, toutes ces choses qui ne sont pas bien étayées, ce n'est pas sourcé, il n'y a rien."

Un hacker n'est pas un pirate, et un pirate pas forcément un hacker

D'où la nécessité selon Florent de bien distinguer le hacker du_ pirate informatique. "_Effectivement on fait souvent l'amalgame entre le hacker et le pirate informatique, la personne qui cherche à faire de ses connaissances quelque chose de mal, à en titrer profit. Mais on peut être un pirate sans être un hacker. Pas besoin d'avoir des connaissances poussées pour faire des dégâts. Un hacker, lui, c'est quelqu'un de curieux, c'est un bidouilleur. Ça peut être celui qui va bidouiller une radio pour la transformer en émetteur. Ça ne s'arrête pas forcément à l'informatique."

Une distinction majeure qui pourrait permettre de mieux valoriser les talents en France, et pourquoi pas créer des emplois. A la sortie de son master, Florent est sûr à 100% d'obtenir un CDI, plutôt bien payé. Il faut dire que la sécurité informatique est un immense enjeu pour les entreprises.

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