Faits divers – Justice

Surfacturation de prestations à l'UMP : ouverture d'une enquête préliminaire, l'UMP "sereine"

Par Julie Guesdon, France Bleu jeudi 13 mars 2014 à 12:28

Jean-François Copé UMP
Jean-François Copé UMP © MAXPPP

Suite aux informations publiées dans Le Point en février, le parquet de Paris a ouvert ce jeudi une enquête préliminaire sur la surfacturation par l'UMP de prestations. Le président du parti, Jean-François Copé, aurait notamment été trop généreux avec une société fondée par deux proches amis du politique.

Il ne s'agit pour le moment que d'une enquête préliminaire. Jeudi 13 mars, Le Monde a annoncé que le parquet de Paris sse pencherait sur les soupçons de surfacturation de prestation dévoilées par Le Point en février dernier. Selon l'hebdomadaire, l'UMP aurait largement rémunéré certaines prestations de Event & Cie, une filiale de la société Bygmalion fondée par deux proches du président du parti, Jean-François Copé.

Des faits qui relèveraient du faux ou de l'abus de confiance

Une source judiciaire précise être "au stade des vérifications" et explique que si les informations du Point sont exactes, les infractions relèveraient du faux ou de l'abus de confiance.

Au cours de la campagne présidentielle 2012, près de 8 millions d'euros auraient ainsi été versés à la filiale pour l'organisation de meetings. Après la parution de l'enquête, Jean-François Copé et Bygmalion ont porté plainte pour diffamation.

"Sérénité" à l'UMP

La réaction du parti ne s'est pas fait attendre. Dans un communiqué publié jeudi midi, l'UMP se disait "sereine" à l'annonce de l'enquête "qui permettra de tordre le cou aux allégations calomnieuses et mensongères du Point". Le parti se montre de bonne volonté : "l'intégralité des comptes de l'UMP est à la disposition de la justice française".

Au passage, l'UMP égratigne le ministre du Travail, Michel Sapin, pour avoir évoqué l'enquête en direct ce jeudi matin à la radio alors qu'elle n'avait pas encore été rendue publique.

Les juges ont une mission: établir la vérité [...] La semaine dernière, c'était M. Copé, la semaine d'avant c'était M. Sarkozy... Et je vais vous dire: la semaine prochaine, ce sera toujours MM. Copé et Sarkozy, car les juges continueront à faire leur travail. - Michel Sapin sur Europe 1 

Le PS accuse Copé d'allumer des "contre-feux"

En réaction immédiate à l'enquête, le parti socialiste a lui aussi publié un communiqué où il dénonce les interventions publiques de l'UMP : "On comprend mieux aujourd'hui l'acharnement mis par le président de l'UMP à allumer autant de contre-feux, ses appels compulsifs à la démission de tel ou tel, ses attaques contre les institutions de la République." Le PS fait notamment références aux appels répétés à la démission de la Garde des Sceaux dans l'affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy.