Faits divers – Justice

Surpopulation carcérale dans la Loire : la maison d'arrêt de la Talaudière à Saint-Étienne toujours concernée

Par Mahauld Granier, France Bleu Saint-Étienne Loire lundi 8 août 2016 à 18:50

La maison d'arrêt de la Talaudière date de 1968 et compte 327 places théoriques.
La maison d'arrêt de la Talaudière date de 1968 et compte 327 places théoriques. © Radio France - Faustine Mauerhan

La surpopulation carcérale est une problématique qui touche de nombreuses prisons françaises, dont celles de la Loire, et notamment celle de la Talaudière à Saint-Etienne. La maison d'arrêt compte 480 écroués pour 327 places théoriques. Ce qui crée de l'insécurité pour les agents pénitentiaires.

Le 8 août, le premier ministre Manuel Valls et le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas étaient en déplacement à la maison d'arrêt de Nîmes. Objet de la visite : la surpopulation carcérale. Après deux heures sur place, le premier ministre Manuel Valls a promis un plan "spécifique, concret et précis". Il sera présenté à l'automne prochain. Si Nîmes atteint des records dans ce domaine (406 détenus pour 192 places théoriques), dans la Loire la situation est aussi compliquée.

À la maison d'arrêt de la Talaudière, il y a 480 détenus pour 327 places (inclus les régimes de semi-liberté) fin juillet 2016. Une surcharge moins importante que les années précédentes, mais qui reste réelle. Pour Stéphane Perrot, responsable UFAP-UNSA de la maison d'arrêt de la Talaudière à Saint-Etienne, la surpopulation est devenue une banalité dangereuse dans les prisons.

Stéphane Perrot, responsable UFAP-UNSa de la maison d'arrêt de la Talaudière à Saint Etienne

La conséquence principale de cette surpopulation carcérale : le niveau de nervosité des détenus. Moins leurs conditions de vie sont favorables, plus les agents pénitentiaires souffrent. Les agressions verbales (et autres) sont devenues monnaie courante.

Au-delà du problème de surpopulation carcérale, le représentant UFAP-UNSA pointe du doigt le manque d'effectifs d'agents pénitentiaires, notamment durant la nuit. À la Talaudière, ils ne sont de manière effective que huit par nuit alors même qu'ils devraient être neuf. Ce dernier critique des "choix politiques". Une critique qui revient dans le discours du syndicaliste CGT du centre de détention de Roanne, Sylvain Piron.

La maison d'arrêt de la Talaudière devrait d'ailleurs déménager prochainement, le chantier doit débuter en 2017. Mais pour l'instant, son futur emplacement n'a toujours pas été fixé, ce qui inquiète également Stéphane Perrot.

À noter, le centre de détention de Roanne, qui a vu le jour en 2009, n'est pas en surpopulation carcérale. C'est très rarement le cas des centres de détention, puisqu'ils abritent uniquement des "longues peines" (supérieures à deux ans). Son taux d'occupation aujourd'hui est de 95%. La surpopulation carcérale concerne surtout les maisons d'arrêt (détention provisoire ou peine de moins de deux ans).

Quelle solution face à la surpopulation carcérale ? 

La visite du Premier ministre et du garde des Sceaux a été aussi l'occasion de remettre le débat sur la table. Pour Jean-Marie Fayolle--Noireterre, président de la Ligue des droits de l'homme à Saint-Etienne mais aussi membre du groupe prison de Saint Etienne (GPSE, un groupe de réflexion et d'information sur les prisons), l'une des solutions face à la surpopulation carcérale, c'est l'aménagement des peines.

Jean-Marie Fayolle-Noireterre est le président de la Ligue des droits de l'homme à Saint Etienne.

Il rappelle qu'en France, seules 0,4% des personnes incarcérées le sont pour des crimes dits "de sang". La très grande majorité le sont pour des délits, dont près de 40% pour des délits routiers. Ce qui justifie son regard sur l'aménagement des peines, notamment pour des "petits délits".

Pour rappel, en France, en 2016, 69.375 personnes sont incarcérées pour 58.311 places.