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Surpopulation carcérale, l'exception française

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Par , France Bleu

Les prisons françaises restent désespérément surpeuplées. Alors que le nombre de détenus baisse partout en Europe, il dépasse la barre des 70.000 en France: un nouveau record. En cause notamment le recours insuffisant aux peines alternatives, préconisées depuis des années par le Conseil de l'Europe.

Maison d'arrêt de l'Elsau à Strasbourg.
Maison d'arrêt de l'Elsau à Strasbourg. © Maxppp - Vincent Voegtlin

Pourquoi les prisons françaises ne désemplissent-elles pas? Depuis des décennies, le Conseil de l'Europe pointe une surpopulation endémique, voire chronique, et recommande le développement des mesures alternatives, surtout pour les courtes peines, d'autant plus qu'elles offrent une meilleure chance de résinsertion. Cela a fini par porter ses fruits: pour la deuxième année consécutive, le nombre de détenus a baissé partout en Europe. Mais comme la durée moyenne des détentions a augmenté, le problème de surpopulation est resté le même. Surtout en France.

Moins de détenus qu'en Russie ou en Turquie, mais bien plus en terme de densité carcérale

Avec 113 détenus pour 100 places, la France se situe au même niveau que le Portugal, la Moldavie, ou l'Albanie. Elle fait certes mieux que la Hongrie, la Belgique et la Macédoine, mais beaucoup moins bien que l'Allemagne et les pays scandinaves, exemplaires en terme de peines alternatives. Après avoir longtemps traîné des pieds, la France a fini par adopter la "contrainte pénale", mesure phare de la réforme Taubira, qui permet au condamné de rester à l'extérieur de la prison, avec un encadrement très strict et un vrai suivi, quasiment sur mesure. Mais les juges sont indépendants et ne l'ont quasiment pas utilisée. Alors que les politiques pénales se sont durcies: nouveaux délits, davantage de comparutions immédiates, de prison ferme; même l'amnistie présidentielle a été supprimée.

Le Conseil de l'Europe exhorte une nouvelle la France à prendre des mesures urgentes

Le Comité européen de prévention de la torture qui a visité les maisons d'arrêt de Fresnes, de Nîmes et de Villepinte , y a constaté un taux d'occupation de 150% à 180%, d'importants problèmes de chauffage, d'humidité, de nuisibles, d'hygiène, des cellules collectives d'à peine 6 mètres carrés sans aération. Le CPT dénonce par ailleurs des mauvais traitements: coups volontaires portés par des policiers, insultes racistes ou homophobes y compris à l'encontre de mineurs, et surtout un manque criant d'activités pour les détenus, alors que c'est précisément une des clés du succès des pays nordiques. Il appelle donc les autorités françaises à prendre des mesures urgentes pour remédier à la surpopulation carcérale , à n'imposer la détention provisoire qu'en dernier recours et dans des conditions satisfaisantes, et à délivrer régulièrement un message de "tolérance zéro" des mauvais traitements aux forces de l'ordre, à améliorer leur formation et à mettre en place les poursuites nécessaires en cas de plaintes.

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