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Dossier : Enlèvement de Mia dans les Vosges

Cinq personnes mises en examen, suspects, scénario : ce que l'on sait de l'enlèvement de Mia

La petite Mia, enlevée mardi dernier dans les Vosges, a été retrouvée en vie ce dimanche 18 avril en Suisse. Sa mère a été interpellée. Cinq personnes ont été mises en examen. France Bleu fait le point sur cet enlèvement.

Mia et sa mère ont été retrouvées dans ce squat de Sainte-Croix, en Suisse.
Mia et sa mère ont été retrouvées dans ce squat de Sainte-Croix, en Suisse. © AFP - Fabrice COFFRINI

Mia, huit ans, enlevée mardi 13 avril aux Poulières, un village vosgien situé à une trentaine de kilomètres d'Epinal, a été retrouvée ce dimanche dans un squat situé à Sainte-Croix, en Suisse. La petite fille est "en bonne santé". Sa mère, suspectée d'avoir joué un rôle important dans son enlèvement, a été interpellée par les autorités suisses et placée en garde-à-vue. 

Cinq hommes ont été mis en examen pour enlèvement en bande organisée d'une mineure de moins de 15 ans et association de malfaiteurs, annonce ce dimanche soir le procureur de la République de Nancy. Quatre ont été placés en détention provisoire et un a été placé sous contrôle judiciaire.

Des suspects aux profils déroutants

La maman de Mia

La mère de Mia, Lola Montemaggi, 28 ans, a été arrêtée ce dimanche vers 10h45 dans un squat, une usine désaffectée de la commune de Sainte-Croix, située dans le canton de Vaud, a annoncé le procureur de la République de Nancy, François Pérain. Elle est suspectée d'avoir commandité l'enlèvement de sa fille dont elle n'avait plus la garde. La jeune femme ne pouvait plus voir sa fille seule depuis une décision de justice prise en janvier dernier. 

Cinq suspects, "adeptes des théories complotistes"

Cinq hommes sont au cœur de l'enlèvement. Ils s'étaient donnés des noms de code : "Jeannot", demeurant aux Lilas (Seine-Saint-Denis) et né en 1960 ; "Pitchoune", parisien né en 1963 ; "Le Corbeau", né en 1997 et demeurant en Seine-et-Marne ; "Bruno", né en 1961 et habitant en Meurthe-et-Moselle ; et "Basile", qui n'a pas encore été identifié, ni, a fortiori, interpellé. Parmi les quatre autres, trois ont été interpellés mercredi et jeudi en région parisienne, le quatrième l'a été jeudi dans le Doubs.

Les profils sont divers : sans profession, intermittent du spectacle, handicapé vivant chez ses parents et directeur technique dans une entreprise luxembourgeoise. Mais tous partagent "une même communauté d’idées". "Ils sont contre l'Etat et mobilisés contre ce qu'ils appellent la dictature sanitaire". Pour eux, "les enfants placés sont enlevés injustement à leurs parents", a expliqué François Pérain.

Ces hommes étaient cependant surveillés par la DGSI, la direction générale de la sécurité intérieure, pour leur appartenance au mouvement survivaliste. Le terme désigne celles et ceux qui se préparent à une catastrophe en se mettant en marge de la société. Le Parquet national antiterroriste suivait également certains de ces suspects. Quelques semaines avant l'enlèvement de la fillette, la DGSI avait repéré ces individus "adeptes des théories complotistes" et susceptibles de fomenter des actions violentes, a appris franceinfo de source proche du dossier.

L'intermédiaire

Un sixième homme, surnommé "Bouga", n'est pas présenté comme membre "actif" de ce groupe mais "aurait participé à la préparation de l'action". Il est né en 1978 et est animateur. C'est avec lui que Lola Montemaggi échangeait sur les réseaux sociaux. Il a ensuite "mobilisé une équipe pour soustraire Mia à sa grand-mère maternelle", selon le procureur.

Un homme interpellé en Suisse

Par ailleurs, un septième homme, surnommé "Roméo", a été interpellé. D'après les autorités, c'est lui qui a pris en charge Mia et sa mère à bord d'une voiture une fois la frontière franco-suisse franchie. Ce ressortissant français qui réside à Fribourg a été interpellé samedi par les autorités helvétiques et fait désormais l'objet d'un mandat d'arrêt européen de la justice française.

Une conférence de presse a été organisée ce dimanche autour du procureur de la République.
Une conférence de presse a été organisée ce dimanche autour du procureur de la République. © AFP - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Une opération de type "militaire"

Selon le procureur, les protagonistes du rapt l'avaient "extrêmement bien préparé", à la manière d'une "opération militaire", allant jusqu'à lui donner un nom de code : "Opération Lima". "Bouga" était en lien avec Lola Montemaggi sur les réseaux sociaux. C'est lui qui a mobilisé l'équipe pour "aider" la mère de Mia à récupérer la petite fille. Il avait "acheté des talkie-walkies et des téléphones portables" tandis qu'un "budget de 3.000 euros a été dégagé pour assurer les frais courants, l’essence, les péages..." mais aussi apporter un petit pécule à la mère, toujours selon le procureur.

Tout un plan a été imaginé puis mis en application par ce petit groupe d'individus. Deux d'entre eux se sont fait passer pour des éducateurs auprès de la grand-mère de Mia, grâce à des postiches et à une fausse convocation de la protection de l'enfance. A quelques mètres de là, un troisième membre du groupe se tenait prêt à répondre au téléphone si la grand-mère doutait de la supercherie. Il n'aura pas besoin d'agir, la petite fille étant "remise sans difficulté" aux deux hommes. Tous ont ensuite rejoint les autres membres du groupe et la mère de Mia. Enfin, trois d'entre eux ont franchi la frontière franco-suisse à pieds avec la mère et la petite fille qu'ils ont portée à tour de rôle. Une fois la frontière passée, "Roméo" a pris en charge Mia et sa mère à bord d'une Porsche Cayenne pour les conduire dans un hôtel d'Estavayer-le-Lac, dans le canton de Fribourg, où elles ont passé une nuit. La mère et l'enfant ont ensuite pris un taxi pour Neuchâtel où une femme, "sympathisante du mouvement", les a hébergées la nuit suivante avant de les conduire à Sainte-Croix, toujours selon le procureur de Nancy.

L'arrestation de la maman de Mia

L'arrestation de la jeune femme par des enquêteurs suisses cagoulés arrivés à bord de deux fourgons, a été très rapide, elle-même restant très calme alors que Mia hurlait, ont indiqué des témoins à un photographe de l'AFP. Au total, "près de deux cents gendarmes" sont intervenus "à un titre ou un autre" dans cette enquête, a souligné le procureur qui a vivement remercié les autorités suisses de "cet investissement hors normes".

Une demande d'extradition pour la mère

Lola Montemaggi, interpellée sans résistance, a été placée en garde à vue par les autorités suisses et doit faire l'objet d'un mandat d'arrêt "dans les heures à venir". Son extradition, ainsi que celle du ressortissant français, peut aller vite s'ils ne s'y opposent pas, selon Jean-Luc Mooser, procureur du canton de Fribourg.

Mia va retrouver sa grand-mère maternelle

A présent, "une délégation composée d'un assistant social et d'une psychologue est en route" pour prendre en charge Mia qui sera de nouveau remise à sa grand-mère.

Mais pour préserver Mia et sa famille de la "pression médiatique", son retour devrait intervenir ailleurs qu'aux Poulières, ont confié les enquêteurs. La grand-mère a ainsi quitté son domicile vers 16h30 pour une destination inconnue, escortée par la gendarmerie, selon des journalistes.

Les grands-parents paternels demandent la garde de la petite fille

Les grands-parents paternels de Mia ont exprimé leur "soulagement" après la découverte en vie de leur petite-fille. "C'est la fin de nuits d'angoisse et de crainte pour la vie de notre petite fille, notamment en raison des engagements extrémistes des ravisseurs", ont-ils réagi, par l'intermédiaire de leur avocat, Guillaume Fort.

Ils demandent toujours la garde de la fillette : "Nous allons faire une requête pour que soit réexaminée la situation de la petite fille, afin qu'elle soit parfaitement en sécurité et dans un cadre équilibré", a expliqué leur avocat.

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