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Faits divers – Justice

Quand Benalla revendiquait le soutien de Macron : que contiennent les enregistrements publiés par Mediapart ?

jeudi 31 janvier 2019 à 17:37 - Mis à jour le vendredi 1 février 2019 à 8:16 Par Thibaut Lehut, France Bleu

Les relations Macron/Benalla, le rôle de l'Élysée après les violences présumées du 1er mai, le contrat passé avec un oligarque russe : Mediapart a publié ce jeudi des enregistrements clandestins d'une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase, datée de juillet, qui pose question.

Alexandre Benalla et Emmanuel Macron, le 12 avril 2018.
Alexandre Benalla et Emmanuel Macron, le 12 avril 2018. © AFP - Charly Triballeau

Des enregistrements sonores que Mediapart (article payant) présente comme ceux d'une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase, ex-responsable de la sécurité du parti LREM, ont été publiés ce jeudi. Des bandes dans lesquelles on entend les deux hommes discuter de l'enquête autour des violences présumées du 1er-Mai, de la réaction de l'Élysée, et d'un contrat passé avec un oligarque russe via une société de sécurité privée. 

Que disent les deux hommes ? Pourquoi ces enregistrements posent-ils question ? Voici nos explications.

Une conversation qui n'aurait pas dû avoir lieu

Selon Mediapart, cette conversation est issue d'une réunion "en petit comité" qui s'est tenue le 26 juillet dernier, sans plus de précision. Alexandre Benalla, ex-chargé de mission au sein du cabinet d'Emmanuel Macron, et Vincent Crase, ex-responsable de la sécurité de La République en Marche (LREM) sont présents et échangent. Or les deux hommes, mis en examen notamment pour "violences en réunion" après avoir été filmés en train de frapper ou malmener des manifestants le 1er mai, n'ont pas le droit d'entrer en contact. Ils sont soumis à un contrôle judiciaire qui le leur interdit, rappelle Mediapart.

"Truc de dingue" : le SMS du "patron"

Dans l'un des extraits, Alexandre Benalla se targue de bénéficier du soutien total du "patron". Selon Mediapart, il s'agit d'Emmanuel Macron. À cette date, Alexandre Benalla n'est pas encore mis en cause dans l'affaire des passeports diplomatiques, et le président de la République ne met pas en cause personnellement son collaborateur. Dans un discours du 24 juillet à Paris, soit deux jours avant la date présumée de ces enregistrements, Emmanuel Macron affirme même : "Le seul responsable, c'est moi et moi seul !".

À Vincent Crase, Alexandre Benalla raconte qu'il a échangé avec Emmanuel Macron, par SMS. "Truc de dingue, le patron hier soir m'envoie un message, il me dit :'tu vas les bouffer. T'es plus fort qu'eux, c'est pour ça que je t'avais auprès de moi'.", entend-on sur la bande. Vincent Crase lui demande par qui il est soutenu. "Par le président, Madame [Brigitte Macron – ndlr], Ismaël [Emelien – ndlr], qui me conseille sur les médias et compagnie", répond Benalla. L'existence de ce SMS a été démentie par l'Élysée.

Mediapart insiste sur le ton employé par les deux hommes, qu'on entend rire. "C'est une bonne expérience", estime Alexandre Benalla. "À 26 ans, si tu veux, y a pas grand monde qui provoque deux commissions d'enquête parlementaire, qui bloque le fonctionnement du Parlement..."

Ismaël Emelien, le conseiller de l'ombre, éclaboussé à son tour ?

Selon Mediapart, un élément de l'enquête en cours peut également devenir compromettant pour Ismaël Emelien, proche de la première heure et toujours conseiller spécial d'Emmanuel Macron. "Les investigations de la police [...] laissent penser que Benalla a pu remettre à Emelien, dans la nuit du 18 au 19 juillet, un CD-Rom contenant des images obtenues illégalement de la préfecture de police", écrit Mediapart. "Ces images seront diffusées un peu plus tard sur les réseaux sociaux par des comptes En Marche! en défense de Benalla", ajoute le site d'informations. Sur les images, on voit les deux manifestants du 1er mai avant qu'ils ne soient molestés par Alexandre Benalla et Vincent Crase. Ils prennent sur une table des objets en verre, les jettent sur les forces de l'ordre puis invectivent les policiers.

Ismaël Emelien n'a pas souhaité répondre aux journalistes, explique Mediapart. L'Élysée dément de son côté avoir apporté de l'aide à Alexandre Benalla pour gérer sa communication.

Le contrat privé qui dérange

Dernier élément évoqué par Alexandre Benalla et Vincent Crase, un contrat conclu avec un oligarque russe et rémunéré 294.000 euros le 28 juin 2018, via une société de sécurité privée appartenant à Vincent Crase (Mars Conseil). La commission d'enquête du Sénat et les enquêteurs cherchent notamment à savoir si les deux hommes ont profité de leurs fonctions à l'Élysée et à LREM pour faire du business. Lors de son audition au Sénat le 21 janvier, Vincent Crase avait confirmé avoir travaillé pour cet oligarque alors qu'il était encore salarié du parti présidentiel, mais n’exerçait plus de fonction à l'Élysée. 

Mais surtout, il avait affirmé qu'Alexandre Benalla n'était jamais intervenu dans les négociations autour de ce contrat et n'était "en aucun cas lié à (sa) société". Même son de cloche du côté de l'entourage d'Emmanuel Macron, qui avait fait savoir le 28 décembre à l'AFP que Benalla n'a "jamais" mené de mission à titre privé lorsqu'il travaillait à l'Elysée. Or dans les enregistrements de Mediapart, on entend les deux hommes évoquer ce contrat et la société de Vincent Crase. "Faut que tu disparaisses de la boîte", dit Alexandre Benalla. "Faut qu'on mette la boîte au nom d'un autre mec, parce que sinon [...] ils vont faire des saisies conservatoires et ils vont mettre un stop à la boîte", ajoute-t-il.