Faits divers – Justice

Tancrède Melet, le voltigeur virtuose, meurt dans un accident de montgolfière

Par Virginie Salanson, France Bleu Drôme-Ardèche, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu mercredi 6 janvier 2016 à 12:50 Mis à jour le mercredi 6 janvier 2016 à 13:05

Tancrède Melet, en 2013.
Tancrède Melet, en 2013. © Maxppp

Tancrède Melet est décédé ce mardi dans un accident de Montgolfière, à Aurel, dans la Drôme. Highliner, base-jumper, membre de la compagnie de voltige extrême des "Flying Frenchies", basée à Chamonix, en Haute-Savoie, il a chuté alors qu'il s'entraînait pour un spectacle.

Tancrède Melet était considéré comme l'un des meilleurs highliners du monde, cette discipline qui consiste à jouer au funambule dans des conditions extrêmes. Véritable sportif, funambule reconnu, il s'est tué à Aurel, dans le Diois (Drôme) ce mardi, en tombant d'une montgolfière alors qu'il participait à l'entraînement d'un spectacle d'acrobaties aériennes avec le cirque Inextremiste.

Sa devise : "tout essayer, au moins une fois"

Ce mardi, la compagnie commençait les essais de mise en marche de ce ballon captif retenu par un filin pour son prochain spectacle. D'après le témoignage des membres de la troupe présents sur place, plusieurs d'entre eux s'accrochaient sous le ballon puis le lâchaient dès qu'il s'élevait. A la troisième montée, les autres participants se laissent tomber à un mètre ou deux du sol. Tancrède Melet reste agrippé tandis que le pilote fait monter la montgolfière. Personne n'est surpris. Le voltigeur a une grande maîtrise, c'est un sportif aguerri qui peut rester suspendu dans les airs durant de longues minutes. Mais à vingt mètres de haut, il crie soudain "je vais lâcher" et il tombe sous les yeux de ses amis. Pourquoi a t-il glissé soudainement ? C'est incompréhensible pour ses proches qui sont sous le choc. L'enquête est ouverte pour accident du travail. Elle est confiée conjointement à la compagnie de Die et à la gendarmerie des transports aériens de Grenoble.

Sa disparition secoue le monde des sports extrêmes de la montagne. Âgé de 32 ans, né à Laxou, en Meurthe-et-Moselle, Tancrède Melet était très connu dans cet univers : il s'était frotté à tous les sports aériens extrêmes : highline, alpinisme, escalade, base jump, wingsuit...

La devise de Tancrède Melet : "Tout essayer, au moins une fois". - Maxppp
La devise de Tancrède Melet : "Tout essayer, au moins une fois". © Maxppp

Après avoir travaillé 4 ans en tant qu’ingénieur, il avait radicalement changé de vie, découvert la haute montagne et réalisé "qu’il est plus rapide de sauter d’une falaise que de redescendre à pied".

Chercher la poésie dans ce qu'il faisait

Sa passion était devenue un "full time job" selon le site de sa compagnie de voltigeurs de l'extrême, les "Flying Frenchies", dont il était le co-fondateur.  A travers ses exploits sportifs partagés en vidéo, il voulait faire "ne faire qu'un avec les éléments, chercher la poésie dans ce qu'il faisait".  En décembre 2013, il avait réalisé  un exploit spectaculaire en Savoie, traversant un filin tendu entre deux cabines de téléphériques à 380 mètres d'altitude (voir notre photo ci-dessus).

C'était aussi celui qui s'était fait "catapulter du haut d'une falaise" (Vidéo dans le lien) en s'inspirant du célèbre jeu "Angry Birds". Autre exploit incroyable, il avait choisi de monter en haut de l'Aiguille de la République, à 3.300 mètres d'altitude, pour en sauter en wingsuit et redescendre à Chamonix "en dix minutes au lieu de dix heures". (voir la vidéo ci-dessous).

Antoine Moineville, ami de Tancrède Melet

 Depuis ce mercredi matin et l'annonce de son décès, les hommages se succèdent.

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