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Taubira sur les écoutes de Sarkozy : "Non je n'ai pas menti. Non je ne démissionnerai pas"

Par Marina Cabiten, France Bleu mercredi 12 mars 2014 à 6:52 Mis à jour le mercredi 12 mars 2014 à 12:14

Christiane Taubira, ministre de la Justice
Christiane Taubira, ministre de la Justice © Maxppp

Le Premier ministre a affirmé mardi que lui et Christiane Taubira connaissent depuis le 26 février l'existence d'écoutes téléphoniques visant Nicolas Sarkozy. Il contredit donc la version de sa ministre qui a dit lundi l'avoir appris dans la presse. Manuel Valls a assuré mercredi que lui en tout cas l'avait bien appris par voie médiatique.

Interrogé sur les écoutes de l'ancien président de la République, Jean-Marc Ayrault a confirmé mardi dans le 20 heures de France 2 que lui et Christiane Taubira étaient au courant de cette mise sur écoute de Nicolas Sarkozy et de son avocat Thierry Herzog. Le Premier ministre réagissait** aux informations du Canard enchaîné, qui dans son édition de mercredi révèle que le parquet a transmis une synthèse des écoutes à la ministre de la Justice.

"C'est la loi et la procédure"

Jean-Marc Ayrault affirme avoir été mis au courant le 26 février, quand le juge d'instruction a versé les écoutes au dossier. "Comme c'est la loi et la procédure, la garde des Sceaux a reçu effectivement [cette] information" a affirmé le Premier ministre, en ajoutant : " Mais nous n'avons pas appris quel était le contenu des écoutes. Ça, c'est l'affaire des juges ".

Ayrault contredit Taubira, Valls droit dans ses bottes

"Je n'avais pas l'information" avait pourtant assuré lundi Christiane Taubira. Elle est donc contredite par Jean-Marc Ayrault, mais également mercredi matin par le procureur général de Paris qui confirme avoir informé la Chancellerie le 26 février. La garde des Sceaux a affirmé lundi avoir appris l'existence des écoutes dans la presse. C'est aussi comme cela que Manuel Valls dit avoir été informé, en lisant le journal Le Monde. Le ministre de l'Intérieur a nié mercredi sur RTL la version du Canard enchaîné, selon laquelle c'est la police judiciaire qui l'a mis au courant.

Jean-François Copé demande la démission de Christiane Taubira

À l'UMP, Jean-François Copé a demandé mercredi la démission de Christiane Taubira, qu'il accuse d'avoir menti. En réaction depuis l'Elysée, la ministre a affirmé ce mercredi : "Non je n'ai pas menti. Non je ne démissionnerai pas". La Garde des Sceaux a renchéri : elle ne possède aucune synthèse du contenu des écoutes de Nicolas Sarkozy, en a appris l'existence le 26 février et n'en a jamais informé François Hollande. Peu avant son allocution, le premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, avait appelé à ne pas céder "aux injonctions" de l'UMP.

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