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Téléphones en prison : le ministère veut généraliser l'expérience réalisée à Montmédy en Lorraine

Montmédy, France

Le ministère de la justice veut généraliser la présence des téléphones fixes dans les cellules. L'appel d'offre vient d'être lancé pour équiper les 50.000 cellules de 178 établissements pénitentiaires. A Montmédy, en Lorraine, le système expérimenté depuis juin 2016 ne fait pas l'unanimité.

A la prison de Montmédy dans la Meuse, l'expérimentation des téléphones en cellules existe depuis juin 2016
A la prison de Montmédy dans la Meuse, l'expérimentation des téléphones en cellules existe depuis juin 2016 © Maxppp - Maxppp

Un  téléphone fixe par cellule en prison, c'est ce que veut installer le  ministère de la justice. L'appel d'offre vient d'être lancé  pour équiper les 50.000 cellules de 178 établissements pénitentiaires. L'objectif, c'est de maintenir un lien avec les proches, et de lutter contre le trafic de portables. 

Les détenus devront soumettre une liste de quatre numéros de téléphones qui seront vérifiés par l'administration. Mais contrairement à ce qui se pratique aujourd'hui, ils pourront téléphoner à n'importe quelle heure de la journée.

En Lorraine, un établissement mène déjà l'expérimentation depuis juin 2016 : la prison de Montmédy dans la Meuse.

A LIRE AUSSI : Téléphones en prison : expérimentation en cours à Montmédy

Baisse du trafic et un lien familial restauré

Appeler son conjoint, ou ses enfants, le soir, depuis sa cellule est un geste banal aujourd'hui pour les 290 détenus de Montmédy. La direction de l'établissement assure que depuis la mise en place en juin 2016, le nombre de téléphones portables saisis a baissé de 30%. Les appels de cabines fixes vers l'extérieur ont aussi été multiplié par quatre.

Enfin, on comprend qu’il faut arrêter d’isoler les gens et de les couper du reste du monde. Parce que le téléphone, ça sert à maintenir le lien, notamment avec leurs familles - Dominique Boh Petit 

Dominique Boh Petit, L'avocate messine, membre d' l'OIP, l'observatoire  internationale des prisons salue l'initiative expérimentée en Lorraine. Elle défend un détenu incarcéré à Montmédy : "Il peut désormais téléphoner dans sa cellule et non dans la coursive, où il se faisait parfois insulter car appeler ses 3 enfants prenait trop de temps". Son client consacre près de 100 euros de budget par mois à cela. Et pour elle, c'est bien le problème du dispositif qui coûte cher aux détenus. Un appel revient à 80 centimes par minutes. "C'est trop cher et tout le monde ne peut pas se le permettre"

Dominique Boh Petit, avocate messine et membre de l'OIP, l'Observatoire International des Prisons

Les personnels pénitentiaires peu convaincus

Les portables sont toujours là - Arnaud Gateau, secrétaire général de l'UFAP en Lorraine

Les chiffres avancés par l'administration pénitentiaire ne convainquent pas les syndicats. Arnaud Gateau, le secrétaire général de l'UFAP Grand Est considère que moins de la moitié des détenus utilisent ces téléphones filaires. Les autres continuent d'utiliser leurs portables, et pas seulement pour téléphoner mais pour accéder à internet et aux réseaux sociaux. A Montmédy, 120 téléphones portables ont d'ailleurs été saisi sur les 9 premiers mois de l'année. Arnaud Gateau rappelle surtout que le dispositif installé à Montmédy prévoyait des brouilleurs de téléphone qui ne sont toujours pas installés. Sans eux, les portables continueront à circuler dans les prisons.

Arnaud Gateau, délégué UFAP dans le Grand Est

Une fausse bonne idée - Fadila Doukhi, déléguée FO en Lorraine

Même sentiment mitigé du côté du syndicat des personnels pénitentiaires FO qui rappelle que régulièrement des vidéos sont postés sur les réseaux sociaux par les détenus, preuve que les téléphones sont toujours présents. "Moi je dis que c’est une fausse bonne idée, et que ça va créer d’avantage de problèmes que d’en résoudre. Le soucis c’est que les personnes détenues préfèrent avoir des portables pour surfer sur les réseaux sociaux, pour continuer les trafics et pouvoir menacer".

Fadila Doukhi, déléguée FO pénitentiaire dans le Grand Est

La déléguée régionale du syndicat, Fadila Doukhi précise aussi que le dispositif prévoit que ces conversations soient écoutées. "Il faudrait écouter une vingtaine de conversations en même temps, et pour cela, on n'a pas les moyens humains".

Dans les prisons en Lorraine, 3.102 objets ont été saisis dans les cellules et sur les  détenus entre janvier et septembre 2017. Plus de la moitié  étaient des téléphone portables.

A LIRE AUSSI : VIDEOS - Prison de Montmédy : des détenus postent un Harlem Shake sur internet

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