Faits divers – Justice

David, l'un des huit spéléos sauvés en Isère : "On a rationné l'eau comme si on allait rester longtemps bloqués"

Par Véronique Saviuc, France Bleu Isère et France Bleu vendredi 11 août 2017 à 21:29

David, un parisien de 30 ans,  à la sortie des cuves de Sassenage où il est resté bloqué quelques heures
David, un parisien de 30 ans, à la sortie des cuves de Sassenage où il est resté bloqué quelques heures © Radio France - Véronique Saviuc

Les huit spéléos bloqués quelques heures dans les cuves de Sassenage dans le Vercors vendredi sont sortis sains et saufs vers 18 heures. Ils étaient partis pour une visite d'une demi-journée dans les grottes qui prolongent la visite touristique des Cuves, et se sont retrouvés piégés par les eaux.

Huit spéléologues sont restés bloqués dans les cuves de Sassenage vendredi à cause de la montée des eaux : un professionnel isérois qui accompagnait sept personnes, cinq Hollandais et un couple de Parisiens, tous âgés de 21 à 33 ans.

Ils étaient partis vendredi matin à 10h30 pour une sortie spéléo d'une demi-journée dans les grottes qui prolongent les galeries bien connues de la visite touristique des Cuves de Sassenage.

Les Cuves de Sassenage, une grotte très touristique aux portes de Grenoble  - Radio France
Les Cuves de Sassenage, une grotte très touristique aux portes de Grenoble © Radio France - Véronique Saviuc

Quand , au retour, ils ont voulu traversé la "Galerie des Enfers", l'eau atteignait 1.50 mètre de hauteur à cause des fortes pluies et d'une crue crue soudaine. Le moniteur a mis son groupe en sécurité dans une salle sèche (la" Salle des Eboulis") en attendant les secours.

Pas de peur, mais la crainte de rester sous-terre 24 heures ou 48 heures, on sait que ça arrive ... (David, l'un des spéléos bloqués)

David : "Même pas peur !"

Un important dispositif de secours coordonné par un PC installé près de l'entrée des Cuves de Sassenage - Radio France
Un important dispositif de secours coordonné par un PC installé près de l'entrée des Cuves de Sassenage © Radio France - Véronique Saviuc

C'est la société organisatrice de la sortie qui a donné l'alerte vers 14 heures en ne voyant pas sortir le groupe. Un important dispositif de secours a été mis en place avec un PC de crise installé sur le parking des Cuves de Sassenage. Il s'agissait de coordonner les pompiers plongeurs, les gendarmes du PGHM, la CRS Alpes, et des spéléos amateurs.

La jonction avec les secours s'est faite vers 16h15, et à 18 heures tout le monde était sorti, en bonne forme, Les 11 sauveteurs ont équipé le passage inondé d'une "main courante" , une corde fixe, pour permettre aux spéléos de se tenir et de ne pas être emportés par le courant.

On a retrouvé un groupe en sécurité dans un endroit très confortable, on les a récupérés en pleine forme ! -Lionel Revel , conseiller technique adjoint en secours spéléo du préfet de l'isère

Tout se termine bien pour Lionel Revel , conseiller technique adjoint en secours spéléo du préfet de l'isère

Il en fallait plus à ces 3 hollandais pour perdre leur sourire ! - Radio France
Il en fallait plus à ces 3 hollandais pour perdre leur sourire ! © Radio France - Véronique Saviuc

L'aventure s'est terminée autour d'un thé chaud et de gâteaux, servis par les pompiers au retour des naufragés à l'air libre. A les voir, et à les entendre, la plupart ne semblaient pas trop affectés par leur séjour prolongé sous terre. Seule femme du groupe, Camille, une parisienne de 27 ans avoue avoir été "super stressée", elle a eu "très peur" que l'eau continue à monter et très froid parce que ses vêtements étaient mouillés et qu'il ne fait que 12 degrés à l'intérieur de la grotte.

"Je suis contente d'être en vie, mais je ne suis pas sûre de refaire de la spéléo un jour ! - Camille, seule femme du groupe de naufragés

Camille, parisienne de 27 ans, très éprouvée par son séjour sous terre

Camille reprend des forces avec Lionel Revel, un de ses sauveteurs à la table des pompiers - Radio France
Camille reprend des forces avec Lionel Revel, un de ses sauveteurs à la table des pompiers © Radio France - Véronique Saviuc