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Fabrice, spéléologue coincé 48 heures dans le gouffre de Vauvougier, « a hâte d'y retourner »

Il a passé 48 heures sous terre dans le gouffre de Vauvougier (Doubs) à cause d'une malheureuse chute sur un rocher. Fabrice Couhier, spéléologue depuis 1989, se porte mieux, hormis une clavicule et une hanche cassées. Il se livre à France Bleu Besançon pour évoquer cette aventure peu banale.

Fabrice Couhier est toujours hospitalisé, dans un premier temps au CHU de Besançon puis à partir de dimanche 16 mai à Dijon d'où il vient. C'est dans la capitale bourguignonne qu'il doit se faire opérer de sa hanche fracturée.
Fabrice Couhier est toujours hospitalisé, dans un premier temps au CHU de Besançon puis à partir de dimanche 16 mai à Dijon d'où il vient. C'est dans la capitale bourguignonne qu'il doit se faire opérer de sa hanche fracturée. © Radio France - Lucas Archassal

Fabrice Couhier, spéléologue depuis 1989, reprend petit à petit ses esprits après sa chute sur un rocher à 120 mètres de profondeur dans le gouffre de Vauvougier, à Malbrans (Doubs). Quand France Bleu Besançon a pu s'entretenir avec lui par téléphone, cela faisait presque six jours qu'il était hospitalisé au CHU de Besançon. 

Quelques douleurs lui rappellent toujours que samedi 8 mai dernier, sa chute de 2,50 mètres a failli lui coûter la vie. Une hanche cassée, une clavicule fracturée, « qui ne me fait pas mal », quelques bobos par-ci par-là. Fabrice Couhier a pu compter sur sa bonne étoile il y a une semaine. Comment il a vécu ces 48 heures sous terre, la raison de sa chute, ce qui a été le plus difficile à vivre, les souvenirs qu'il en gardera... Fabrice Couhier s'est largement livré à France Bleu Besançon sur ces deux jours sous terre « qui sont passés très vite ». 

Entretien avec Fabrice Couhier, spéléologue tombé dans le gouffre de Vauvougier

France Bleu Besançon - Dites-nous déjà comment vous vous portez...

Fabrice Couhier - Je vais bien, j'ai quasiment pas mal en fait. J'ai la hanche qui est cassée, j'ai une clavicule cassée aussi qui fait pas mal. Et puis j'ai aussi les vertèbres qui ont été touchées par une lame qui est remontée à la colonne vertébrale au moment du choc, mais sans conséquence. Les docteurs ont mis en place une traction sur ma jambe pour libérer l'os du fémur de la hanche parce que c'est un petit peu cassé quand même. À ce que j'ai compris, je me fais opérer de la hanche lundi à Dijon.

Comment avez-vous vécu ces 48 heures sous terre ? 

J'étais serein. Comme je fais partie des secouristes spéléo sur Dijon, je sais comment se passe ce genre d'opérations secours. On fait des exercices avec mise en place d'une victime fictive dans une civière. On la transporte dans les galeries, on la fait remonter dans les puits. Je savais comment ça allait se passer. Le seul truc, c'est qu'il y avait une étroiture au dessus de moi, qui faisait 15 à 20 mètres de long. Il fallait agrandir pour pouvoir passer la civière. Donc, je savais que ça allait être long.

"Ma main a sans doute glissé du fait de la patine de la roche. Ce qui fait que je suis tombé de 2,50 mètres sur un rocher." - Fabrice Couhier, spéléologue

Qu'est-ce qui a été le plus dur dans ces deux jours confinés à 120 mètres de profondeur, allongé dans une civière ?

Un truc qui était désagréable, c'était la poussière. On se trouvait dans une partie fossile, une ancienne rivière, très sèche où il y a pas mal de poussières. Et vous imaginez que comme j'étais au sol, les secouristes autour de moi m'en mettaient partout. En fait, j'avais très mal à la gorge. Et puis forcément, j'avais peur d'inquiéter mes proches. J'ai ma maman qui est âgée, mes frères et sœurs ne lui ont pas dit tout de suite. Mais elle a commencé à s'en douter, en voyant les actualités. Elle a dit : « Ça, je crois que c'est Fabrice. »

48 heures sous terre, c'est long. Encore plus quand on se prend systématiquement de la poussière en pleine face et qu'on pense aux proches qui s'inquiètent...

Comment expliquez-vous avoir chuté ? Une erreur d'inattention qui s'est produite ?

Les parois du gouffre sont censées être brochées jusqu'au fond. Avec mon équipe, on arrive à un endroit où il n'y a plus de broches. On descend dans une salle par un petit passage anodin. C'est là que je suis tombé de deux mètres, peut-être 2,50 mètres. J'étais sans assurance, sans corde... C'est sans doute ma main qui a glissé. Je ne sais pas si j'ai un pied qui a glissé. La prise de ma main était peut-être patinée du fait du passage des spéléos.

Et vous êtes tombé sur un rocher...

Oui, c'est ça, en fait. Je suis tombé de la même hauteur que si j'était tombé d'une échelle en train de cueillir des cerises. Sauf qu'en bas, c'était un rocher...

150 spéléologues et pompiers sont mobilisés pour secourir un homme bloqué à Malbrans
150 spéléologues et pompiers sont mobilisés pour secourir un homme bloqué à Malbrans © Radio France - Sophie Allemand

Quels souvenirs voulez-vous garder de cette expérience ?

Un souvenir émotionnel quand même, parce que mes amis du Secours Spéléo de Côte d'Or (21) ont été réquisitionnés. Quand j'ai vu une personne de mon club, Marion pour ne pas la citer... [Ému...] J'avais envie de pleurer. Cet élan de solidarité, ça fait chaud au cœur. Dans la spéléologie, on retrouve une camaraderie qu'il n'y a pas ailleurs. Même des gens qui ne me connaissaient pas sont venus me sauver.

Ces 48 heures sous terre, Fabrice Couhier en gardera un souvenir iméprissable.

Ce qui est paradoxal après cette chute, c'est que vous avez hâte de retourner dans ce gouffre de Vauvougier où vous n'étiez jamais allé avant...

En fait, j'aimerais y retourner pour comprendre... Apprendre de mes erreurs. J'ai dû mal apprécier quelque chose. Je veux comprendre pourquoi j'ai chuté afin que ça me serve de leçon pour plus tard. C'est surtout par rapport à ça. Je veux revoir les lieux. Je pense que quand je serai sur place, ce sera particulier, niveau émotionnel. Mais oui, j'aimerais y retourner un peu comme en pèlerinage.

Fabrice Couhier quitte la Franche Comté. Mais c'est pour mieux y revenir. Le spéléologue a hâte de retourner dans le gouffre de Vauvougier pour comprendre le pourquoi de sa chute.

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