Faits divers – Justice

TEMOIGNAGE FRANCE BLEU 107.1 Un des policiers raconte l'enfer du Bataclan : "C'était un tapis de corps humains"

Par Virginie Pironon, France Bleu Paris et France Bleu mardi 17 novembre 2015 à 15:42

Le quartier du Bataclan après la fusillade et l'assaut des forces de l'ordre
Le quartier du Bataclan après la fusillade et l'assaut des forces de l'ordre © Maxppp - Olivier Corsan

TÉMOIGNAGE FRANCE BLEU 107.1 : Un policier, un des premiers à être rentré dans le Bataclan vendredi soir, juste derrière les hommes de la BRI (Brigade de Recherche et d’Intervention) nous a livré son témoignage en exclusivité.

Un policier présent au Bataclan : "C'était une vision terrible".

Il tient à garder l'anonymat mais fait partie des policiers qui sont rentrés dans le Bataclan, juste derrière les hommes de la BRI (Brigade de Recherche et d’Intervention). Aux côtés de ses collègues, il est arrivé sur les lieux avant même l’assaut final et a pu porter les premiers secours aux victimes.

Au micro de France Bleu 107.1, il raconte sa progression jusqu'à la salle du Bataclan, en évacuant les blessés réfugiés dans les portes cochères des bâtiments entourant la salle de spectacle. En colonne d'appui de la B.R.I., il est ensuite rentré dans le Bataclan avec ses collègues « Là, ça a été une vision terrible. Dans la grande salle, c'était un tapis de corps humains. C'était un silence assourdissant. On entendait juste de temps en temps des sonneries de téléphone. C'était un carnage incroyable. »

A un moment, "tous les vivants ont levé les bras"

« On a ensuite commencé à voir bouger des gens et puis on savait que les terroristes étaient là quelque part. (...) Donc on ne pouvait pas secourir les gens tout de suite. On distinguait des mouvements. Personne ne disait un mot. Les blessés devaient contenir leurs cris de souffrance pour ne pas attirer l'attention. A un moment, au fond de la salle, un homme est arrivé . Des collègues de la B.R.I. lui ont intimé l'ordre de lever les bras en l'air. Et là, du tapis de corps humains, tous les vivants ont levé les bras. Et on s'est rendu compte qu'il y avait encore beaucoup de personnes encore vivantes. »

Un enfant d'une dizaine d'années évacué du Bataclan

« On a suivi ensuite la colonne de la B.R.I. qui a inspecté tous les lieux, qui est monté dans la mezzanine et qui a extrait une demi-douzaine de personnes dont un enfant d'une dizaine d'années. Je l'ai pris avec moi. Il fallait le protéger si jamais on se faisait canarder parce qu'on pouvait toujours se faire tirer dessus. Et puis, on a enjambé des corps. J'ai essayé de lui cacher les yeux au maximum mais il fallait aussi qu'il voit où il mettait les pieds. Et puis ensuite on a évacué un maximum de monde. Les gens valides ont pu se lever. On les palpait car notre crainte c'était qu'un des terroristes se mêle aux rescapés. Les gens étaient tremblants, traumatisés. Certains étaient muets. »