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Faits divers – Justice

TÉMOIGNAGE - Harcèlement présumé au Leclerc d'Héricourt : "On était pris pour de la merde", raconte une ex-salariée

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu, France Bleu Besançon

D'anciens salariés de l'hypermarché Leclerc d'Héricourt, en Haute-Saône, témoignent. Vingt-cinq d'entre eux ont porté plainte contre leurs anciens employeurs pour harcèlement moral.

25 salariés ont porté plainte contre les responsables du magasin.
25 salariés ont porté plainte contre les responsables du magasin. © Maxppp - Jean-Pierre Balfin

Héricourt, France

France Bleu Belfort Montbéliard a pu recueillir ce jeudi les témoignages d'anciens salariés de l'hypermarché Leclerc d'Héricourt, en Haute-Saône. 25 d'entre eux ont porté plainte pour harcèlement moral à l'encontre de leurs anciens employeurs.

Les quatre responsables de la grande surface ont été mis en examen mercredi. Les faits reprochés sont alarmants : des femmes enceintes obligées de porter des charges lourdes avec des horaires inadaptés, des propos racistes, humiliants. 

Menaces et insultes quotidiennes selon les salariés

"Vous savez rien foutre","Vous êtes blondes", "Pas la peine que je regarde ma montre, il est midi deux, je sais déjà qu'elles s'en vont" : ce sont les propos qu'Isabelle* affirme avoir entendu tous les jours quand elle travaillait au magasin avant d'être licenciée. "Ils avaient retiré la porte de la salle de pause pour mieux voir qui était en salle de pause" ajoute-t-elle.

On était pris pour de la merde, on était des merdes"

"C'était tout le temps ça, on était pris pour de la merde", témoigne une ancienne salariée.

"Puis il déboulait dans la salle de pause en disant : 'ah bah vous n'avez pas de boulot, vous n'avez rien à foutre ? Vous allez descendre en caisse ou au rayon poisson vous saurez ce que c'est de travailler !'... C'était tout le temps ça. En fait on était pris pour de la merde. On était des merdes", déclare cette ancienne employée. 

Les mises en examen ? "Une première victoire", pour les salariés

Même son de cloche chez Aurélie*, elle aussi ancienne salariée et licenciée. Elle se souvient de ces dernières années au magasin : "C'étaient des insultes au quotidien, des menaces de licenciement, des reproches incessants sur notre travail qui ne convenait pas. Des propos très vulgaires : 'Je vais te défoncer'... C'était vraiment de la maltraitance au quotidien" explique-t-elle.

Elle parle également de "changement de postes et d'horaire à la dernière minute" ou encore "de caméra de vidéo surveillance partout dans le magasin". Selon elle, la mise en examen de ses anciens patrons est une première victoire : "On est très satisfait de la tournure que prend les événements. On est reconnu enfin ! Parce que ça fait des années que ça dure et que ces personnes sévissent et massacrent des centaines de salariés." 

La défense dénonce "une machination" des salariés

Du côté de la défense, on ne comprend pas cette procédure judiciaire. "Mon client est complètement stupéfait parce qu'il ne s'attendait absolument pas à être mis en cause sur un problème d'harcèlement moral", déclare Maître Randall Schwerdorffer, l'avocat du directeur commercial. 

Le juriste dénonce une machination des salariés : "Les salariés profitent de la procédure prud’homale pour déposer en parallèle une procédure pénale. Le but de ces salariés, à mon sens n'est pas louable. C'est uniquement d'obtenir un maximum de dommages et intérêts. On fait l'objet d'une machination."

"Les salariés profitent de la procédure aux prud’hommes pour déposer une procédure pénale"

Les suspects, qui contestent les faits, encourent deux ans de prison, 30.000 euros d'amende et l'interdiction de diriger une entreprise. En attendant, ils ont été placés sous contrôle judiciaire avec l'obligation de payer une caution, l'interdiction de se présenter dans la commune et d'exercer une gestion d'entreprise commerciale.

D'après nos informations, des confrontations devraient avoir lieu prochainement entre les victimes présumées et les mis en cause. Les enquêteurs devraient aussi entendre l'ensemble des salariés de l'hypermarché, qui sont plus d'une centaine. 

* Pour conserver l'anonymat des personnes, les prénoms ont été modifiés.