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Faits divers – Justice DOSSIER : Affaire Corentin à Metz

TEMOIGNAGE I La mère de Corentin: "Personne ne m'a contactée pour me dire ce qui s'est passé dans ce bloc"

jeudi 13 novembre 2014 à 17:55 Par Rachel Noël et Aymeric Robert, France Bleu Lorraine Nord

Après la mort de son fils suite à une banale opération de l'appendicite à l'hôpital Claude-Bernard de Metz, la mère de Corentin regrette le manque de transparence de la clinique et réclame la vérité. Fatiha Chami se confie à France Bleu Lorraine.

Fatiha Chami, la mère de Corentin, décédé à 11 ans, après une opération pour appendicite
Fatiha Chami, la mère de Corentin, décédé à 11 ans, après une opération pour appendicite © MAXPPP

Metz, France

Quinze jours aprés le décés de Corentin, ses parents sont toujours dans la douleur, mais aussi dans l’interrogation. Le garçon de 11 ans est mort le 1er novembre, alors qu’il était opéré pour une banale appendicite. Dans un premier temps, la clinique a expliqué aux parents que l’aorte et le foie avaient été touchés au cours de l’opération.

A LIRE  : Metz, un enfant meurt après une opération de l'appendicite, deux enquêtes ouvertes

Depuis la clinique Claude Bernard a reconnu que trois chirurgiens et trois anesthésistes ont été mobilisés autour de l’enfant. Une information judiciaire contre X a été ouverte, et le dossier est maintenant dans les mains d'un juge d'instruction. Tout le personnel médical présent ce jour-là au bloc devra être entendu. Rencontre avec Fatiha Chami, la mère de Corentin.

Quels renseignements avez-vous sur le décès de votre enfant?

"Je sais que trois chirurgiens ont été impliqués. J'aurais aimé avoir cette information par la clinique Claude-Bernard. Je suis obligée d'acheter le journal tous les jours pour avoir des nouvelles de mon fils par rapport à l'opération. Personne ne m'a contactée pour me dire ce qui s'est passé dans cette salle d'opération (...). C'est pas normal que j'apprenne ça par les médias. J'apprends en même temps que tout le monde, comme toute la France. On achète le journal et on apprend ce qui s'est passé pour Corentin (...). Un chirurgien est venu me voir, mais pas les autres. Je ne veux pas stigmatiser ce chirurgien-là surtout que d'autres sont apparemment impliqués."

Les premières réactions de l'hôpital ont été de dire que certaines opérations sont compliquées. Ce sont des explications que vous pouvez entendre?

"Non. Pour moi, un médecin est qualifié, il a des compétences. Surtout pour une appendicite. Encore, si c'était une grosse opération du cœur, à laquelle les médecins ne sont pas habitués, je comprends, mais là une simple opération de l'appendicite... non. Je ne veux pas entendre ça. Quand on est un médecin de garde, la clinique ou l'hôpital doivent pouvoir compter sur ce médecin. Si ce médecin se sent incapable, il peut appeler un autre médecin par voie hiérarchique. Il y a toujours un médecin au-dessus.

"Encore, si c'était une grosse opération du cœur…"

"Oui, je veux que ça serve de leçon (...). Surtout aux médecins. Nous, quand on va chez eux, on donne notre vie, surtout à un chirurgien. On est endormi, il a notre vie entre ses mains. Notre but, c'est de savoir ce qui s'est passé dans ce bloc. Il faut que la vérité soit dite. Je veux la vraie vérité. Là, on apprend petit à petit des bouts de vérité, on ne nous dit pas tout.

"Moi, je pense que c'est facile de faire la vérité. Il suffit que toutes les personnes qui étaient dans le bloc disent ce qu'elles ont fait. L'autopsie a été faite, des organes ont été touchés. Il faut bien que chacun dise ce qu'il a fait. Moi, je n'y étais pas. J'étais dans une chambre à attendre (...). Il faut que chacun dise la vérité (...). Des erreurs ont été faites, ça c'est sûr. Il faut que les gens parlent.

"On me le doit. C'est la vie d'un enfant, on le doit à Corentin."

Fatiha Chami, la mère de Corentin, au micro de Rachel Noël