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Faits divers – Justice

Témoignage : il y a 13 ans son mari est mort dans un accident du travail à la centrale nucléaire de Dampierre en Burly

mardi 26 février 2019 à 16:51 Par Anne Oger et François Guéroult, France Bleu Orléans

En mars 2006 un technicien de 32 ans était mort écrasé par un container, sur un chantier d'évacuation de déchets radioactifs à la centrale nucléaire de Dampierre en Burly. Condamnés à des peines d'amende en première instance, EDF et son sous-traitant avaient fait appel, jugement le 12 mars prochain.

Carina Courtiol et ses deux enfants devant le Palais de Justice d'Orléans
Carina Courtiol et ses deux enfants devant le Palais de Justice d'Orléans © Radio France - Anne Oger

Dampierre-en-Burly, France

"J'ai tout quitté le jour de l'accident, je suis partie loin"... Carina Courtiol attend depuis 13 ans qu'on reconnaisse que son mari, Jérôme Courtiol, a été victime d'un accident du travail, en mars 2006, à la centrale nucléaire de Dampierre en Burly. Ce technicien de 32 ans était employé depuis 2002 par un sous-traitant d'EDF. Le 24 mars 2006, il était mort écrasé par un container sur un chantier de tri des déchets radioactifs

Plus de dix ans de procédure avant un premier procès en 2017

En janvier 2017 avait eu lieu un premier procès devant le tribunal correctionnel de Montargis, après plus de dix ans de procédure, six juges d'instruction, et un recours de deux entreprises accusées auprès de la cour de Cassation, pour contester la validité du rapport de l'Inspection du Travail suite à cet accident. A l'issue de ce premier procès, EDF et Polinordsud, filiale d'Areva, avaient été reconnues coupables d'homicide involontaire et condamnées respectivement à 60 000 et 40 000 euros d'amende. 

Le jugement en appel attendu le 12 mars prochain

Les deux entreprises avaient fait appel, un nouveau procès a donc eu lieu en janvier 2019, et ce mardi 26 février Carina Courtiol, la veuve de la victime, était venue avec ses deux enfants pour entendre le jugement de la cour d'appel. Elle qui depuis l'accident vit à Saint Gaudens, près de Toulouse, devra encore patienter : le jugement est prorogé de deux semaines, il sera rendu le 12 mars. Lors de l'audience l'accusation a requis la confirmation des peines, et des amendes de 60 000 euros pour les deux entreprises poursuivies.

Ca n'est pas toujours facile d'attendre, mais on a beaucoup de patience, c'est ça qui nous fait tenir

"Ca n'est pas grave, on reviendra" sourit Carina Courtiol. "C'est vrai que c'est long, l'accident a eu lieu en 2006, ça n'est pas toujours facile d'attendre. Mais on tient le coup, on a beaucoup de patience". La veuve de Jérôme Courtiol se bat depuis 13 ans pour que la justice reconnaisse que son mari a bien été la victime d'un accident du travail, qu'il a été placé dans une situation dangereuse. "Depuis 13 ans je me demande comment on en est arrivés à un accident aussi grave, qui l'a tué sur le coup, et pourquoi après tout ce temps on a encore du mal à établir les responsabilités. Au travail, on n'y vient pas pour y mourir !"

J'ai commencé à travailler en même temps que mon mari dans la même entreprise, quand il est mort j'ai tout arrêté

Carina Courtiol travaillait dans la même entreprise que son mari, une filiale d'Areva qui depuis a été absorbée par un autre sous-traitant, lui-même absorbé à son tour par le groupe Orano. Elle se souvient qu'en 2006, il y avait déjà des débats dans l'entreprise, autour de la sécurité. Après l'accident, Carina Courtiol a quitté son travail, elle est partie loin. "On allait faire construire notre maison, nos enfants étaient petits. J'ai tout arrêté"