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Faits divers - Justice

TÉMOIGNAGE - Jacqueline, une Mayennaise maman de militaires, "vit toujours dans l'angoisse"

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Par , France Bleu Mayenne, France Bleu

Ce lundi 2 décembre, les treize militaires français, dont le Mayennais Jérémy Leusié, tués la semaine dernière au Mali vont recevoir ce lundi 2 décembre un hommage national. Une semaine après le drame, France Bleu Mayenne livre le témoignage de Jacqueline, maman mayennaise de deux militaires.

Quand ils s'engagent, les militaires français laissent derrière eux des proches comme Jacqueline : "J'ai peur au quotidien", souffle-t-elle.
Quand ils s'engagent, les militaires français laissent derrière eux des proches comme Jacqueline : "J'ai peur au quotidien", souffle-t-elle. - Service d'Information et de Relations Publiques de l'armée de Terre

Après le rapatriement de leur corps du Mali jusqu'en France ce week-end, les treize militaires français, dont le Mayennais Jérémy Leusié, tués la semaine dernière vont recevoir ce lundi 2 novembre un hommage de la nation aux Invalides, à Paris. Il sera ouvert au public.  Ce dramatique accident entre deux hélicoptères au Sahel a bouleversé et ému le monde entier. 

Et plus encore ceux qui vivent au quotidien dans la peur de perdre un proche : les familles de militaires. Jacqueline* (son prénom a été modifié) est mayennaise, son fils aîné de 23 ans est militaire dans le 1er régiment de chasseurs parachutistes (RCP) à Pamiers, dans l'Ariège, et son cadet, 19 ans, sert les pompiers de Paris. Une semaine après le drame, elle livre ses ressentis et son expérience de maman de soldats pour France Bleu Mayenne.

France Bleu Mayenne : Qu'avez-vous ressenti quand les treize militaires français ont été annoncés morts la semaine dernière, au Mali ?
Jacqueline* : "J'étais dans mon canapé quand j'ai appris la nouvelle. Et j'ai pleuré. (elle sanglote) Pour la famille. Quand on a des enfants dans le métier, ça fait peur. Dès que je vois une nouvelle comme ça, je ne peux pas m'empêcher de penser à mon fils. Je me mets à la place de la famille, des proches."

Qu'est-ce que vous aimeriez leur dire ?
"Je veux leur donner du courage. Beaucoup de courage. Je suis très touchée par tout ce qui touche au militaire. J'ai deux enfants qui font ce métier. L'aîné de 23 ans, ça va faire cinq ans. J'ai toujours peur quand il m'en parle, quand il me dit qu'il va peut-être partir au Mali. Je vis toujours dans l'angoisse de le voir partir. Et mon cadet, il a 20 ans, c'est pareil. Il est pompier de Paris. Et je crains chaque fois qu'il va sur un feu, un accident ... quand il se fait agresser, parce que ça arrive."

Votre fils aîné est parti de chez vous à 19 ans, pour faire l'armée. Qu'avez-vous ressenti à cette époque-là ?
"Sur le coup, ça m'a fait un choc. Parce qu'au départ, il voulait être gendarme. Et d'un coup, voilà qu'il signe cinq ans, comme militaire. Et en tant que chasseur-parachutiste, il peut être appelé n'importe où. Du coup, je suis très concernée par ce qui se passe dans les pays qu'il visite."

Vous arrivez à garder le contact ?
"Non. On n'a pas beaucoup de nouvelles quand il part. Heureusement qu'il y a Facebook et les réseaux sociaux ! On parle beaucoup, on peut se voir."

Comment vous parle-t-il de ce qu'il vit sur place ?
"Ça fait franchement peur. Quand il parle de ses camarades, des blessures, des décès ... On pense toujours au pire. D'ailleurs, je préfère parfois ne même pas savoir où il part. Je ne lui pose jamais de questions, et il me répond parfois que ce n'est pas plus mal. Parce que si je savais tout, il pense que j'en serais encore plus malade. D'ailleurs, il ne peut lui-même pas tout dire. Il y a des secrets professionnels. Alors on attend, en tant que parent, on espère et on attend dans l'angoisse."

Au-delà de la peur, on imagine qu'ils vous rendent fière ?
"Je ne pourrais pas être plus fière. Fière de ce qu'ils font pour les autres, ils me disent chaque fois qu'ils veulent aider les gens. C'est pour eux qu'ils font ça. Alors je leur réponds que c'est beau, mais qu'ils risquent leur vie pour ça. Alors, je n'oublie jamais de leur dire que je les aime. On ne le dit jamais assez à ses enfants. Et ils me le rendent."

Pour consulter notre dossier complet sur la mort de ces treize militaires français en opération Barkhane au Mali : cliquer ici.

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