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Faits divers – Justice

TÉMOIGNAGE - Marie, victime présumée du chirurgien soupçonné de pédophilie : "Je me souviens de son regard glaçant"

Joël Le Scouarnec, ancien chirurgien domicilié en Charente-Maritime est poursuivi par une soixantaine de victimes. Elles l'accusent d'agression sexuelle voire de viol. Marie, une Bretonne de 33 ans a été auditionnée par les gendarmes. Elle témoigne.

Marie aurait été abusée après son opération de l'appendicite.
Marie aurait été abusée après son opération de l'appendicite. © Maxppp - Maxppp

Région Bretagne, France

Joël Le Scouarnec est désormais visé par une soixantaine de plaintes de potentielles victimes. Cet ex-chirurgien domicilié à Jonzac en Charente-Maritime est soupçonné d'avoir commis des viols ou d'avoir agressé sexuellement de jeunes victimes lorsqu'il exerçait à Loches, Quimperlé, Lorient ou encore Vannes.

Après la découverte de petits carnets dans lesquels le médecin aurait consigné ses agissements, les enquêteurs estiment qu'il pourrait avoir fait plus de 200 victimes. Parmi elles, Marie, une Bretonne de 33 ans, mariée et mère de deux enfants. Elle aurait été violée à l'âge de 10 ans après une opération de l'appendicite à la clinique de Vannes. Elle témoigne pour aider d'autres victimes à sortir du silence.

France Bleu : Les gendarmes sont venus à votre rencontre il y a près d'un mois pour vous auditionner. Comment cela s'est passé ?

Marie : Je me suis d'abord demandé ce qu'ils me voulaient. On m'a annoncé qu'une enquête était ouverte à propos d'un chirurgien soupçonné de pédophilie qui a opéré à Vannes et que mon nom figurait dans un carnet où il consignait ses actes. On m'a lu une première fois ce qu'il y avait sur moi et j'ai voulu le relire mais c'était impossible. Ça me reste coincé dans la gorge. Vous vous imaginez ouvrir un livre pornographique bien hard et vous vous dites que là on parle de vous en tant qu'enfant. Il décrit ce qu'il fait et ce qu'il aurait aimé faire mais qu'il ne pouvait pas faire à cause des circonstances du moment. C'est une perversion, c'est pas un viol qui s'arrête le jour de l'acte, c'est un viol qui se revit en continu.

France Bleu : Après l'audition que s'est-il passé dans votre tête ?

Marie : Depuis plusieurs années je fais un travail sur moi parce que j'ai des problèmes dans mes relations intimes avec les hommes. Des spécialistes avaient évoqué la possibilité d'une agression sexuelle dans mon enfance mais il faut croire que ma mémoire m'a protégée de tout cela. Avec l'audition tout est remonté à la surface. Les images, les sensations, les souvenirs reviennent au fil des jours. Aujourd'hui je le vis comme si cela venait d'être commis. Ça a aussi une incidence sur mes rapports avec mes proches.

France Bleu : Comment vous sentez-vous moralement ?

Marie : C'est très dur. J'ai l'impression d'un retour en arrière. Je m'interdis d'avoir honte, mais ca ne va pas. C'est un poids à porter. Les gens autour de moi voient que je ne vais pas bien mais on n'ose pas en parler. C'est très dur de se reconstruire et ça va prendre du temps. J'essaie d'avoir une philosophie positive au quotidien.

France Bleu : Que ressentez-vous à l'égard du chirurgien ?

Marie : C'est un homme de la pire espèce, un prédateur. Je ne me rappelais pas de son visage mais quand les gendarmes ont sorti leur trombinoscope tout est revenu en mémoire. Je me suis souvenu de son regard glaçant. Je me demande comment il a pu exercer si longtemps, pourquoi personne ne l'a détecté. Si tous les faits sont avérés, il mérite d’être mis à l’écart, isolé pour qu'il ne touche plus personne. Peut-être qu'il a été lui-même victimes d'attouchements dans son enfance, mais je ne peux pas le plaindre.

France Bleu : Êtes-vous entrée en contact avec d'autres victimes potentielles ?

Marie : Un groupe de victimes a été constituée sur Facebook. Je l'ai rejoint et depuis on essaie de s'aider tous ensemble, de se soutenir. On essaie de dire les choses positivement. Ça aide.

Marie a déposé plainte. Elle est défendue par Maître Satta. A ce jour l'avocate a recueilli les témoignages de sept victimes. 

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