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"On se sent terriblement seul", le témoignage de l'arbitre de foot agressé à Sermaises dans le Loiret

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Par , France Bleu Orléans, France Bleu

Le 2 février 2020, Yann Cnaepelnickx était frappé au visage par un joueur, lors d'un match de 4ème division de district entre Sermaises et Boynes, dans le pithiverais. Alors que la commission de discipline se réunit ce mercredi soir pour décider des sanctions, il témoigne.

Yann Cnaepelnickx, devant le terrain du CA Pithiviers, le club de foot dont il est vice-président
Yann Cnaepelnickx, devant le terrain du CA Pithiviers, le club de foot dont il est vice-président © Radio France - Anne Oger

C'est pour accompagner son fils au bord des terrains de football que Yann Cnaepelnickx a décidé de s'investir dans le football, auprès du CAP, le club de Pithiviers, dont il est vice-président. 

"Vu mon âge, je me suis dit que devenir arbitre, ce serait le meilleur moyen de rester tout un match sur le terrain" plaisante ce père de famille passionné de football. Il se forme en 2019, et prend en charge les matchs de 4ème et de 3ème division dans le Loiret. 

Frappé au visage lors d'un match entre Sermaises et Boynes

Le dimanche 2 février dernier, il arbitre la rencontre Sermaises-Boynes. "Le match est tendu dès le début, mais pour calmer le jeu, je prends peu de sanctions, je rappelle tout le monde à l'ordre et je promets des avertissements aux deux équipes, si elles ne changent pas d'attitude".

L'arbitre raconte qu'il note un changement du côté de Boynes : "le capitaine est venu s'excuser, et je vois effectivement que ça va mieux. Mais du côté de Sermaises, ça reste tendu. A la 86ème minute, alors que Sermaises est mené, je siffle un hors-jeu, et là c'est l'apocalypse, _un déchaînement de violence_, on ne s'imagine pas que ce soit possible".

J'ai dû insister pour qu'on me raccompagne jusqu'aux vestiaires !

Les insultes pleuvent, les menaces, de la part des joueurs et des supporters. Et un joueur frappe. Yann Cnaepelnickx est touché à la tempe : "je ne m'y attendais pas. J'ai pu me réfugier vers le banc. Et c'est moi, je dis bien moi, qui aie dû insister pour être raccompagné jusqu'aux vestiaires". En clair, l'arbitre assure qu'aucun dirigeant de Sermaises n'est venu sur le terrain pour le protéger. "Ce sont des joueurs des deux côtés qui sont intervenus, sans eux j'étais lynché !".

Yann Cnaeplenickx raconte qu'il passe ensuite deux heures dans les vestiaires. "Je me sentais vraiment seul". Il n'appelle pas les gendarmes, "j'aurais dû, sûrement". Et il repart vers sa voiture la peur au ventre : "je me disais est-ce que les menaces vont être mises à exécution, est-ce qu'ils sont toujours là ? J'étais garé loin, j'étais terrorisé, je regardais dans tous les sens"

Bizarrement, je ne me sens pas victime, mais coupable, c'est incroyable

Dans sa voiture, l'arbitre confie qu'il a craqué : "on reste stoïque sur le moment, mais après on craque. Et on se remet en question. Et bizarrement, vous savez, je ne me sens pas victime, mais coupable... C'est ça qui est impressionnant. _On se demande si on a pris les bonnes décisions_, si on a su gérer. C'est incroyable, parce qu'on est bien une victime, on n'a fait qu'appliquer les lois du jeu" !

Réunion de la commission de discipline ce mercredi soir

Ce mercredi soir, Yann Cnaepelnickx est convoqué devant la commission de discipline du district du Loiret, qui entendra victime et agresseurs, deux joueurs de Sermaises dont le capitaine et celui qui a frappé l'arbitre. Le président du district Bernard Bourillon avait promis des sanctions exemplaires, après cette agression, le joueur risque vingt ans d'exclusion de toute fédération sportive.

Des sanctions plus sévères attendues par les dirigeants de club

Mais pour Hakan Kara, lui-même agressé en décembre dernier lors d'un match à Ousson sur Loire, il va vraiment falloir être sévère. Lui est entraîneur du FC Mandorais à Villemandeur, près de Montargis. Lors du match à Ousson sur Loire, il fait office d'arbitre de touche, "pour dépanner". Il rappelle : "à ce moment-là, conformément à la loi, je suis une personne dépositaire de l'autorité publique, comme un pompier, comme un gendarme"

On met le doute sur un être humain qui ne fait qu'appliquer les lois du jeu

Hakan Kara est frappé, au bord du terrain, par un supporter. La sanction prononcée par le district, lui la trouve "choquante" : 300 euros d'amende pour le club d'Ousson, et trois points en moins au classement, avec sursis. "Il va vraiment falloir des sanctions plus sévères, si on veut en sortir, de ces violences" prévient Hakan Kara.  

Yann Cnaepelnickx aussi espère des sanctions exemplaires. En attendant il a de nouveau arbitré un match, "en futsal, l'ambiance n'est pas la même. Mais revenir sur un terrain vert, ça je ne sais pas. Le choc, il est surtout psychologique, on met le doute sur un être humain qui est là pour appliquer les lois du jeu"

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