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TÉMOIGNAGE - Un taxi mis en examen pour avoir transporté des migrants : "Ce n'était pas du trafic"

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Un chauffeur de taxi de Liévin, près de Lens, est dans la tourmente judiciaire après avoir transporté, à de nombreuses reprises, des migrants vietnamiens du campement d'Angres. Depuis février 2017, il est mis en examen pour aide à l'entrée et à la circulation irrégulières d'étrangers.

Pierre (prénom d'emprunt) a racheté une voiture pour reprendre son activité
Pierre (prénom d'emprunt) a racheté une voiture pour reprendre son activité © Radio France - Cécile Bidault

A Liévin, près de Lens, un chauffeur de taxi est dans l'attente de son procès. Il y a un peu plus d'un an et demi, en février 2017, il a été mis en examen pour aide à l'entrée et à la circulation irrégulières d'étrangers.

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Entre 2016 et 2017, il a régulièrement, parfois quotidiennement, transporté, dans son taxi, des migrants vietnamiens qui vivaient à l'époque sur un campement à Angres, tout près de chez lui. Campement démantelé depuis.

48 heures de garde à vue

Début 2017, une enquête aboutit à l'interpellation de trois passeurs présumés, et de celle de ce chauffeur de taxi. Après avoir passé 48 heures en garde à vue, Pierre * a donc été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Il encourt jusqu'à cinq ans de prison.

Pierre ne conteste rien : les courses entre la Belgique et la France, un des "chefs" du campement d'Angres lui disait où aller pour ramener d'autres Vietnamiens dans le Pas-de-Calais. Celles pour Paris, et celles, plus proches, pour emmener les migrants acheter de la nourriture au supermarché. Et même le fait que dans le camp, tout le monde le connaissait et l'appelait "Papa"

Pour moi c'était légal

En un an, il a affirmé aux enquêteurs avoir gagné 35.000 euros. Il assure qu'il ne facturait jamais plus que ce qu'affichait son compteur, au contraire.  Lui qui est devenu taxi il y a trois ans seulement plaide la bonne foi : "Je ne me posais pas la question, pour moi c'était un client comme un autre, que je prenais à un point A, pour le déposer à un point B. Pour moi c'était légal."

Mis en examen aux côtés de trois passeurs présumés, Pierre rejette le terme de "réseau" : "Je ne fais pas partie d'un réseau, pour moi ce n'était pas un trafic, c'étaient simplement des courses. C'était mon travail !"

Je le vis très mal

Plus d'un an et demi après sa mise en examen, le chauffeur de taxi attend son procès et trouve le temps long. Sa voiture a été saisie, il a dû en racheter une autre, à crédit, pour reprendre son activité : "Je le vis très mal, c'est trop long. J'ai perdu quinze kilos, je ne dors pas toutes les nuits, on m'a confisqué mon véhicule... "

Pierre affirme également qu'il y avait un aspect humain dans son comportement : "Ça me fait mal au cœur que la justice pense que j'ai profité d'eux. Je n'ai pas profité d'eux. Je les ai aidés, en voyant la misère dans laquelle ils vivaient". Et il conclut : "Je n'ai jamais été condamné, jamais je n'aurais voulu arriver devant un juge pour un délit. S_i j'avais su, jamais je n'aurais pris un migrant dans la voiture._"

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* (Prénom d'emprunt)

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