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Éducation

TÉMOIGNAGE - Une directrice d'école de Laval se confie sur ses difficultés

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Par , France Bleu Mayenne

Un rassemblement a eu lieu ce jeudi 3 octobre devant la Direction des services de l'Education nationale 53 en hommage à la directrice de l'école de Pantin (93), qui s'est suicidée. Témoignage d'une directrice d'école lavalloise sur ses conditions de travail.

Une centaine de personne était présente pour cet hommage devant la direction départementale de l'Éducation nationale
Une centaine de personne était présente pour cet hommage devant la direction départementale de l'Éducation nationale © Radio France

Laval, France

Manque de temps, de reconnaissance, de budget, sentiment d'isolement, etc. La souffrance des directrices et directeurs d'école est ressentie partout en France, y compris en Mayenne. Le suicide de Christine Renon, le lundi 23 septembre, dans le hall de son établissement en Seine-Saint-Denis a suscité l'émotion et de la colère dans la profession. Beaucoup se sont reconnus dans la lettre laissée par l'enseignante. La directrice élémentaire d'une école publique de Laval, qui souhaite rester anonyme, a accepté de parler de sa situation sur France Bleu Mayenne.

"Il faut être disponible tout le temps"

Elle n'a pas été étonnée du passage à l'acte de sa collègue. "La rentrée 2019 est particulièrement compliquée par rapport à des demandes d'enquêtes, des remontées exigées par l'institution ou encore le passage à la scolarisation obligatoire des enfants de trois ans", explique-t-elle. Comme beaucoup, cette directrice partage son temps avec son poste d'enseignante en maternelle, mais une journée déchargée par semaine n'est pas suffisante : "Ce n'est pas assez si on veut être proche des élèves, des parents, des collègues ou de la mairie parfois. Il faut être disponible tout le temps. Certaines de nos tâches sont faites rapidement et on sait qu'on aurait pu mieux faire." Elle est donc obligée de travailler sur son temps personnel pour diriger au mieux l'établissement. Lors de son activité d'enseignante, il est difficile de s'occuper des différents problèmes de l'école ou encore de la quinzaine de mails qu'elle reçoit chaque jour. 

On est un peu le pilote de l'avion qui va impulser une équipe

"Ce métier me plaisait parce qu'on était un peu le pilote de l'avion qui va impulser une équipe : mettre en place des projets et travailler ensemble. Tout ça est très riche. _Notre fonction est d'abord la pédagogie. Ce qui est regrettable maintenant c'est que l'on dispose de beaucoup moins de temps pour pouvoir assumer ce rôle-là. On passe beaucoup de temps sur les élèves en difficulté, en situation de handicap, les rencontres avec les partenaires sociaux ou les équipes médicales pour qu'ils puissent se sentir bien à l'école et être accueillis. On a parfois l'impression après une journée de direction que l'on n'a rien fait mais en réalité on a été présent pour répondre à tout le monde", explique la directrice._

La femme a d'ailleurs pensé il y a deux ans quitter l'Education nationale, après des événements compliqués dans son établissement. Elle compte pour l'instant rester en poste mais ne croit pas réellement à de futurs changements. Quand on lui pose la question, elle répond simplement : "Non. À un moment donné on a besoin de reconnaissance, comme dans tous les métiers. Si on ne nous encourage pas, c'est compliqué d'avancer. Je n'ai plus de rendez-vous de carrière, de moyen de m'exprimer, d'évoquer les problèmes avec des interlocuteurs et donc de trouver des solutions aux problèmes. Ce n'est _pas le salaire qui nous fait tenir_." 

Une centaine de personnes

Elle espère que la mobilisation des syndicats aura un impact. Une centaine de personnes était à ses côtés devant le siège de la Direction des services départementaux de l'Education nationale (DSDEN), jeudi 3 octobre.

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