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Faits divers - Justice
Dossier : L'affaire de pédophilie à l'école de Villefontaine

TÉMOIGNAGE - Une victime fait appel dans l'affaire de pédophilie Farina

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Par , France Bleu Isère, France Bleu

Romain Farina, qui a mis fin à ses jours en 2016, ne sera jamais jugé pour crime pédophile. Si l'ordonnance de non-lieu rendue lundi 18 mars est juridiquement logique, Sarah, 22 ans aujourd'hui, et son avocat, estiment que l'enquête n'a pas été complète et mérite des compléments d'information.

Me Hervé Gerbi et Sarah estiment que toutes les responsabilités possibles n'ont pas été examinées
Me Hervé Gerbi et Sarah estiment que toutes les responsabilités possibles n'ont pas été examinées © Radio France - Laurent Gallien

Une victime au moins de Romain Farina va faire appel de la décision de non-lieu rendue lundi  par les juges d'instruction, dans cette affaire. L'enseignant pédophile avait sévi dans plusieurs écoles : à Vénissieux, dans le Rhône, et en Isère, à Saint-Clair-de-la-Tour et aux Avenières. Il a été confondu en 2015 alors qu'il était au groupe scolaire du Mas de la Raz, à Villefontaine (Isère). Il a, depuis, mis fin à ses jours mais toutes les responsabilités n'ont pas été recherchées estiment Me Hervé Gerbi, avocat grenoblois, et Sarah.

Cette jeune femme, de 22 ans aujourd'hui, est une des premières victimes reconnues de l'ancien instituteur. Elle a été victime de viol en 2003-2004, alors qu'elle était en CP à l'école Anatole-France de Vénissieux, au cours d'un "atelier du goût" comme l'enseignant en a organisé partout où il est passé et qu'il filmait très souvent.

"L'enquête n'est pas terminée dans ce dossier" - Me Hervé Gerbi

Aujourd'hui elle veut se battre pour être sûr que personne ne s'est rendu complice, même par omission, de ce qu'elle et beaucoup d'autres après elle ont subi. La justice reconnait 45 enfants comme victimes certaines de Romain Farina au cours de 14 années passées au sein de l'éducation nationale. "Comment, interroge Me Hervé Gerbi, dans sept écoles différentes, M. Farina a pu installer dans sa classe son atelier du goût? A pu installer des systèmes d'enregistrement ? A pu installer des caméras espions dans les toilettes? A pu passer ses journées à filmer ce qui se passait sans que personnes n'ait rien vu ?".

"Comment est-ce possible que dans sept écoles différentes, personne n'ait rien vu ?" - Me Gerbi, l'avocat d'une des victimes

L'homme conservait également des milliers de photos et de vidéos sur des ordinateurs. "Je vais saisir la chambre de l'instruction dans le cadre de l'appel, poursuit Me Hervé Gerbi, en demandant pourquoi deux utilisateurs des mêmes appareils que M. Farina ont été identifiés comme ayant pu avoir accès à des images d'enfants et il n'y a pas d'enquête supplémentaire sur ces deux utilisateurs ? Moi, j'ai besoin de savoir si ces deux utilisateurs ont eu accès effectivement et, à ce moment-là, pourquoi ils n'ont rien dit. Donc l'enquête n'est pas terminée dans ce dossier. Elle dors depuis trois ans [depuis la mort de Romain Farina NDLR] (...) mais en réalité ce n'est que le commencement". Maître Hervé Gerbi invite par ailleurs toutes les victimes parties civiles à l'imiter et à le suivre dans son appel.

"J'avais peur qu'on ne me croit pas" - Sarah

Pour Sarah aussi, c'est le commencement de quelque chose. D'un combat supplémentaire auquel elle adhère, mais qui ravive les plaies. Parler a d'abord été difficile. "Toute petite, j'ai toujours gardé ça en moi. Je n'ai jamais parlé parce que déjà j'avais peur qu'on ne me croit pas et j'ai toujours pensé que je rêvais. C'est avec les années, à partir du moment où on apprend la vie, que je me suis clairement dit que ce n'était pas une cuillère que j'avais dans la bouche au cours des ateliers du goût". 

Mais, là encore, Sarah n'a rien dit à son entourage. Jusqu'à l'éclosion en 2015, qu'elle a vu sur les réseaux sociaux, de l'affaire Farina à Villefontaine. Elle a porté plainte le lendemain et appelé sa mère. Une maman "dévastée". "C'est un choc, on culpabilise, on ne sait pas comment se positionner. On voit ça à la télé et quand c'est votre propre fille qui vous appelle pour vous dire qu'elle a été victime..."

Aujourd'hui Romain Farina est mort et si les juges d'instructions ont rendu un non-lieu, Sarah est officiellement reconnue comme victime par l'instruction. "Clairement, ça me fait du bien et clairement, j'apprend à vivre avec et à vivre mieux". Parce que toutes ces années après, les faits reviennent encore constamment en tête. Parce qu'ils ont entraîné des difficultés relationnelles chez l'adolescente, puis la jeune femme. Avec les garçons, mais aussi dit-elle "au sein de ma propre famille".

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