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Faits divers – Justice

VIDÉO - Témoignages : elles accusent leur dentiste à Châlette-sur-Loing d'agression sexuelle ou de viol

Le Dr Stéphane Schoener, dentiste à Châlette-sur-Loing, a été mis en examen et écroué en mai dernier pour agressions sexuelles et viols - des faits qu'il conteste. Pour la première fois, deux plaignantes témoignent sur France Bleu Orléans. Le procureur lance un appel pour recenser d'autres victimes.

La plupart des agressions présumées auraient eu lieu au sein du cabinet dentaire du docteur Schoener à Châlette-sur-Loing
La plupart des agressions présumées auraient eu lieu au sein du cabinet dentaire du docteur Schoener à Châlette-sur-Loing - Capture google view

Châlette-sur-Loing, France

Elle s'appelle Sandra*. Cette jeune femme d'une vingtaine d'années vient de porter plainte contre le docteur Stéphane Schoener, 58 ans, dentiste à Châlette-sur-Loing, près de Montargis, mis en examen et écroué en mai dernier pour agressions sexuelles et viols - des accusations qu'il rejette, mais que soutiennent 14 personnes qui se sont porté partie civile devant le juge d'instruction, auxquelles s'ajoutent 28 plaintes en cours d'analyse, dont celle de Sandra.

Il demandait de se mettre en sous-vêtement"

Elle a été suivie par ce dentiste entre 2015 et 2017. Pour atténuer les douleurs dentaires, le praticien lui a prescrit des séances d'acupuncture, qu'il réalisait lui-même, à sa manière : "Il demandait de se mettre en sous-vêtement pour la séance d'acupuncture, il mettait quelques aiguilles et après il massait le corps pour détendre et apaiser, soi-disant... Je n'avais jamais fait de séance d'acupuncture, donc je ne savais pas ce que c'était exactement. Il massait les jambes, puis remontait au niveau des sous-vêtements, sur le côté, et en-dessous... 

Il a brisé toute ma confiance vis-à-vis du corps médical"

"Du coup, je me suis dit que ce n'était pas normal. Il disait que c'était dans le cadre professionnel, mais j'ai trouvé ça totalement inapproprié, on se dit alors qu'il y a quelque chose qui cloche... Au final je me retrouvais plus crispée qu'autre chose, ce n'était pas un moment de détente et j'ai cessé d'aller le voir... Il a brisé toute ma confiance vis-à-vis du corps médical."

Cette femme a porté plainte pour attouchements, mais d'autres victimes évoquent des pénétrations digitales, et donc des viols... Lors de la perquisition au cabinet dentaire de Châlette, les policiers ont découvert un système de caméra-espion, actionnable à distance, et à l'origine du millier de photos à caractère sexuel retrouvées sur l'ordinateur du praticien, et que la police de Montargis montre aux victimes pour les identifier. 

Ma fille est sous le choc de s'être reconnue sur ces photos"

Véronique* a ainsi récemment accompagné au commissariat sa fille, âgée aujourd'hui d'une trentaine d'années, et qui a subi deux séances "d'acupuncture" avec le dentiste lorsqu'elle avait 16 ans. "J'attendais dans la salle d'attente, je ne me suis aperçue de rien", explique cette mère de famille.

Elle poursuit : "Une enquêtrice lui a présenté ces photos et lui a demandé si elle se reconnaissait parmi ces clichés, en raison de ses sous-vêtements ou d'une particularité physique. Elle a été sous le choc de se reconnaître, de découvrir qu'il l'avait prise en photo, nue, et à son insu. Lors des séances, il lui demandait de se déshabiller et de positionner ses jambes d'une certaine façon. Quand elle a refusé de faire une nouvelle séance, car elle est un peu pudique, le dentiste l'a engueulée et lui a dit que ça ne servait plus à rien de revenir."

J'invite les victimes à se présenter au commissariat de Montargis"

L'enquête avait démarré en février, sur les réseaux sociaux : le compagnon d'une jeune patiente avait alors dénoncé des gestes déplacés qu'elle aurait subis. Ironie de l'histoire, le dentiste avait aussitôt porté plainte pour diffamation, déclenchant lui-même l'action judiciaire. "C'est une affaire atypique, souligne Nicolas Bessone, le procureur d'Orléans. L'instruction est en cours, sur laquelle je ne peux bien sûr pas m'étendre, mais je ne peux qu'inviter les personnes qui s'estiment victimes du comportement de ce dentiste à se présenter au commissariat de Montargis. Si des personnes ont des choses à dire, il faut qu'elles le fassent, auprès des policiers.

Des problèmes de prescription pourraient se poser, puisque cela fait 30 ans que le praticien est installé sur la région de Montargis, il exerçait aussi au centre hospitalier d'Amilly. De son côté, le dentiste clame son innocence et nie tout geste déplacé, et a fortiori tout viol. Il confesse seulement un certain goût pour le voyeurisme.

* Les prénoms ont été modifiés

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