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TEMOIGNAGES - Le procès Brun Habitat démarre à Strasbourg, les victimes parlent

Depuis une dizaine d'années, 117 familles alsaciennes s'estiment arnaquées par l'entreprise Brun Habitat, promoteur immobilier, qui leur a vendu en 2006 des appartements jamais construits. Les victimes sont soulagées ce lundi : le procès de l'affaire Brun Habitat démarre à Strasbourg. Témoignages.

Manifestation devant le siège de Brun Habitat en 2008
Manifestation devant le siège de Brun Habitat en 2008 © Maxppp - Maxppp

Des Alsaciens victimes d'un promoteur immobilier : c'est l'affaire Brun Habitat, dont le procès s'ouvre ce lundi à Strasbourg. Il doit durer jusqu'à vendredi. Plusieurs personnes comparaissent sur le banc des accusés : Antoine Brun, ancien directeur de Brun Habitat, son frère Jérôme Brun, ou encore l'expert-comptable de Brun Habitat, Michel Weber. Les chefs d'accusation sont multiples : ils sont poursuivis pour faux, usage de faux, abus de confiance, abus de biens sociaux ou encore escroquerie.

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Les victimes attendent ce procès depuis dix ans - Olivia Cohen

Les faits remontent à 2006 : 117 familles achètent des appartements sur plans via l'entreprise Brun Habitat, dirigée par Antoine Brun. Les bâtiments doivent voir le jour sur une demi-douzaine de sites : Oberschaeffolsheim, Schweighouse, Marmoutier, Behlenheim, Bergheim et Sigolsheim.

Très vite, quelque chose cloche : les chantiers s'arrêtent, l'entreprise dépose le bilan, les familles se retrouvent le bec dans l'eau. Globalement, les logements étaient censés être opérationnels dès 2007 : il n'en est rien.

Le scandale éclate dans la foulée, en 2008. Vers la fin de l’été, les victimes manifestent à Strasbourg devant les bureaux de l'entreprise. Ces familles malchanceuses doivent se reloger dans l'urgence en attendant la relance des chantiers. Certains y laissent plus de 90.000 euros de frais supplémentaires, engloutis par les loyers imprévus et les travaux à rallonge.

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La note est salée pour Pierre Hahn : 120.316 euros. Il n'a plus de sous de côté, il a dû aménager son chez-lui chichement : "J'ai fait de la récupération de vieux meubles, j'ai acheté une cuisine en kit et j'ai tout monté de mes mains." Ce futur retraité, soutenu par ses trois filles, s'aère l'esprit grâce à sa passion pour les motos. Une réparation financière, pour lui, ce n'est pas utile : c'est vital.

L'affaire dure depuis une dizaine d'années

Résultat : les victimes se serrent les coudes, des porte-paroles ont émergé. Fabrice Tissot est le représentant du site de Marmoutier. Pour lui, l'affaire Brun Habitat, c'est un calvaire de plusieurs années qui l'a même obligé à retourner vivre chez ses beaux-parents avec son épouse et ses trois enfants.

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Aujourd'hui, appartement impeccable, mais le combat a été rude pour lui : "Pourquoi on n'a pas craqué avec ma femme ? On a un fort caractère, et moi j'y ai toujours cru. Mais c'est sûr, il y a eu des coups de déprime sévère." Fabrice attend beaucoup du procès, mais il ne s'emballe pas : les avocats l'ont prévenu, les victimes ne sont pas forcément au bout de leurs peines.

L'affaire Brun Habitat, le combat de toute une vie ? C'est un peu exagéré pour Bernard Blaizeau , adjoint au maire d'Ittenheim et l'un des acheteurs malheureux du site d'Oberschaeffolsheim. Il est le porte-parole en chef des 117 familles. Dans la mallette qui l'accompagne, un épais classeur rempli de coupures de presse consacrées à l'affaire. Ses mains tournent nerveusement les pages. C'est presque le même dossier que chez Fabrice Tissot, qui range, lui, ses articles dans un carton à dessins.

Des contrôles renforcés, ça me consolerait de toutes ces nuits sans sommeil

Les mots durs fusent contre Antoine Brun, l'accusé principal. Pour Bernard Blaizeau, "c'est un beau-parleur à tête d'ange, issue de la bonne société. Ce type est capable de vous servir des boniments avec le plus grand calme, les yeux dans les yeux. Aujourd'hui, il faut que la justice empêche de genre de nuisibles de sévir et qu'elle mette en place un fonds d'indemnisation à destination des victimes."

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La loi doit mieux encadrer ce type de projets immobiliers, c'est le souhait de Marie-Thérèse Chiavutta, membre des sinistrés de Sigolsheim : "Qu'au moins, nous n'ayons pas souffert pour rien. Que les contrôles soient renforcés, ça me consolerait de toutes ces nuits sans dormir, passées à douter et à ressasser."

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