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Dossier : Attentats de janvier 2015, le procès

"On a eu beaucoup de chance" témoigne Aymeric à la barre du procès des attentats de janvier 2015

Aymeric se trouvait au rez de chaussée de l'immeuble qui abritait Charlie Hebdo quand les frères Kouachi ont surgi, l'arme au poing. Cet Elbeuvien de 51 ans a raconté ce mardi matin devant la cour d'assises spéciale ce qu'il a vu et vécu ce matin du 7 janvier 2015. Témoignage.

Les témoins de l'attaque sont venus raconter ce qu'ils ont vécu ce matin du 7 janvier 2015.
Les témoins de l'attaque sont venus raconter ce qu'ils ont vécu ce matin du 7 janvier 2015. © Maxppp - Olivier Lejeune

Aymeric* n'aurait jamais dû se trouver là ce matin du 7 janvier 2015. Mais son rendez-vous professionnel au 10, rue Nicolas-Appert a été avancé de l'après-midi au matin. Vers 11h30, il se trouve donc en réunion dans une entreprise située au rez de chaussée de l'immeuble qui abrite Charlie Hebdo quand les tueurs surgissent. L'un des frères Kouachi le met en joue et lui demande en hurlant où est Charlie Hebdo. "J'ai levé les mains en l'air par réflexe" raconte Aymeric qui pense à un braquage et qui ignore que les locaux de l'hebdomadaire se trouvent au premier étage. Le tueur fait alors demi-tour et grimpe les marches qui mènent à la rédaction. 

C'est la panique dans l'entreprise. Tout le monde s'allonge sous les bureaux, et c'est là qu'éclatent les coups de feu. "J'ai entendu une fusillade et c'est seulement à ce moment-là que j'ai fait le lien. je me suis dit que c'était vraiment pour les intimider et puis finalement les tirs ont été très forts et ça a duré assez longtemps. C'est là que je me suis dit que c'était certainement un massacre" explique le quinquagénaire. 

Mis en joue par l'un des frères Kouachi

Depuis l'attentat, le quotidien d'Aymeric n'a jamais plus été pareil. Jusqu'à la mort des frères Kouachi, il a eu peur de les retrouver sur son chemin, qu'ils reviennent "finir le travail". Et puis deux ans d'arrêt maladie, un licenciement, un suivi psychologique au long cours et comme les autres témoins de la scène, des nuits courtes, une hypervigilance et beaucoup d'angoisses. "Il y a un avant et un après. Des hauts et des bas, des nuits compliquées, une perte de poids, des angoisses, c'est assez compliqué de se relever de ça". 

Cinq ans après, Aymeric n'a pas repris le travail et se sent un peu en décalage avec le reste du monde. Mardi matin, il a constaté que presque tous ceux qui ont vécu la même scène ce jour là vivent avec les mêmes symptômes. "Définitivement, on fait partie d'une bande de personnes complètement décalées par rapport à ce que peuvent vivre les autres" constate Aymeric.

Avec le recul, je me dis qu'on a eu beaucoup de chance - Aymeric

Ecoutez le témoignage d'Aymeric, au micro de Christine Wurtz.

Mardi matin, il a raconté ce qu'il a vécu ce jour là. "Je me devais d'être là pour témoigner, ça fait partie de l'histoire" explique t'il. "Pour essayer que les gens n'oublient pas". Des 14 accusés, Aymeric n'attend pas grand chose. Mais comme toutes les parties civiles, il espère un verdict qui tienne compte de la souffrance des rescapés et des familles des 17 victimes des deux attentats des 7 et 9 janvier 2015. 

*Aymeric est un prénom d'emprunt.

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