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Faits divers – Justice

Tentative d'assassinat à Clermont en 2016 : la cour d'assises tente de comprendre le passage à l'acte

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne

Experts, témoins se sont succédés à la barre ce vendredi dans le cadre de l'examen de la personnalité de l'accusé. Un jeune immature, narcissique avec un penchant pour les relations virtuelles et la violence. Des conclusions non partagées par la défense mais qui pourraient expliquer son geste.

La cour d'appel de Riom
La cour d'appel de Riom © Radio France - Olivier Vidal

Hautain, immature, narcissique, avec une haute estime de lui. Patrick Blachere, le premier expert entendu ce vendredi matin, décrit la personnalité de l'accusé comme tourmentée. Absence d'empathie aussi. Le psychiatre, qui a vu plusieurs fois le jeune homme lors de l'instruction, évoque aussi ses troubles de la mémoire (l'accusé assure qu'il ne se rappelle plus de l'agression) comme une stratégie possible de défense, également sa propension au mensonge.  "Une vraie pathologie" explique le professionnel de santé, en visio-conférence.

Hautain, narcissique avec une propension au mensonge

Interrogé ensuite par Anne-Laure Lebert, avocate de l'accusée, l'expert évoque aussi la relation amoureuse de l'accusé avec sa victime. "Il y a eu des blessures narcissiques et puis une vraie déstabilisation au moment de la séparation, avec une dépression intense et des pulsions très violentes" précise le psychiatre. L'expert évoque aussi le côté manipulateur de l'individu analysé. Un portrait dressé de l'accusé que les avocats de la défense ne partagent pas.

Patrick Maisonneuve et Jean-François Canis avocats de l'accusé - Radio France
Patrick Maisonneuve et Jean-François Canis avocats de l'accusé © Radio France - Olivier Vidal

Le 2ème expert, le psychologue Patrick Dessez, est joint à la mi-journée par la cour et livre ses conclusions après avoir analysé l'accusé. Il évoque la relation parfois compliquée de ses parents, son enfance sans problème majeur mais marquée par une tendance à la solitude, sa passion pour les jeux vidéo, ses relations avec les filles. Puis l'expert évoque la relation avec Morgan L.. "Une relation sans conflit avec un état amoureux, la séparation, elle, est incompréhensible pour lui. D'ailleurs le thème de la tromperie est important dans son discours et cela mobilise chez lui la violence" analyse l'expert. Pour ce dernier, lors de la séparation, Antoine M. est confronté à la destruction de son couple comme il a pu être confronté à celle du couple parental. Il le vit mal.

Peu de risques de réitération des faits selon un expert

L'expert évoque aussi certains détails livrés par l'accusé sur l'agression du 27 mars. Contradictoire avec ses déclarations dans lesquelles il prétend ne se souvenir de rien. Des détails qui peuvent laisser penser que certains souvenirs d'Antoine M. ont pu résurger.  Sur les risques de réitération des faits (question importante pour la peine envisagée), le psychologue assure qu'ils sont "peu importants" car l'individu "est volontaire dans sa démarche de soins psychothérapiques."

Le 3ème expert, Bernard Laurent, est neurologue. Le professeur explique que l'accusé a des capacités cognitives importantes. Sur l'amnésie de l'accusé, liée à sa chute lors de sa tentative de suicide depuis le viaduc Saint Jacques, l'expert est formel : "il ne récupérera jamais les souvenirs de l'agression et de sa tentative de suicide."

L'accusé ne récupérera jamais les souvenirs de l'agression" le neurologue Bernard Laurent 

De retour de la suspension d'audience pour la pause déjeuner, Antoine M. est interrogé par le président Talenti. Sur son rapport avec ses parents, ses sentiments pour Morgan, sa consommation de vidéos pornographiques, ses études de médecine, son addiction aux jeux vidéo, le jeune adulte répond calmement, n'éludant aucune des questions du magistrat. Il détaille une vie d'étudiant presque classique, plutôt bien rangée. 

Sur la rupture avec son "ex" Antoine M. concède : "je n'avais personne à qui me confier, personne avec qui je pouvais évoquer ma situation, cela a été un gros problème pour moi, je m'en rends compte aujourd'hui".

"En effet il était totalement abattu après sa séparation. Il a passé une semaine prostré"  explique sa maman venue témoigner à la barre, au bord des larmes. Des dires confirmés par le papa, avec qui Antoine M. entretenait une relation compliquée.

La journée de vendredi aura donc permis à la cour de cerner un peu les contours de la personnalité du jeune accusé pour tenter de comprendre son passage à l'acte ce 27 mars 2016.
Les plaidoiries et les réquisitions se dérouleront ce samedi avec un verdict attendu dans la journée. Antoine M. encourt la réclusion à perpétuité.