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Faits divers – Justice

Tentative d'assassinat à Clermont en 2016 : le témoignage courageux de la victime devant les assises de Riom

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne

Antoine M., 22 ans, est jugé devant la cour d'assises du Puy-de-Dôme pour avoir tenté de tuer son ex-petite amie à Clermont en mars 2016. Un acte prémédité selon l'accusation. Lors de cette première journée, la victime a livré un témoignage saisissant à la barre.

La salle d'audience de la Cour d'appel de Riom
La salle d'audience de la Cour d'appel de Riom © Radio France - Olivier Vidal

Riom, France

C'était un moment qu'elle attendait mais qu'elle redoutait aussi, bien sûr. Morgan L., 22 ans, a dû raconter ce jeudi après-midi la terrible agression dont elle a été victime ce soir du 27 mars 2016 dans le centre-ville de Clermont. 

A la barre, la jeune femme, aujourd'hui encore étudiante, apparaît déterminée. Sa voix posée, apprêtée, veste noire et jean, le seul stigmate visible de son agression est une longue cicatrice en bas du cou.
Elle commence par évoquer, sans émotion, sa relation avec l'accusé. Cette rencontre en 1ère dans un lycée de Riom. Une relation sans problème, sans aucune violence. Pendant qu'elle s'exprime, Antoine M. baisse la tête, ne réagit que très peu aux dires de la jeune femme.
Le président Sébastien Talenti la questionne ensuite sur son parcours d'étudiante, sur celui de son ex-petit ami aussi. Et des conséquences de ces parcours sur la relation qu'elle entretient avec Antoine. "Au début cela se passe bien, malgré les changements géographiques" assure Morgan L.  Mais elle est persuadée que son "ex, à l'époque, se met une grosse pression pour ses études".

Il n'a pas accepté la rupture de notre relation " Morgan L.

Morgan L. explique la rupture en novembre 2015. "Il avait du mal à l'accepter et j'ai essayé de l'aider malgré tout, pour ses études surtout, je me sentais coupable". Mais très vite le comportement d'Antoine M. change : "il y avait des textos plus du tout bienveillants parfois même menaçants" raconte la jeune femme. A ce moment-là du récit, dans son box, Antoine M. lâche quelques larmes, touché par ce passé remis sur la table. L'étudiante continue sans sourciller, courageuse.

Renaud et Jean-Hubert Portejoie, avocats de la victime - Radio France
Renaud et Jean-Hubert Portejoie, avocats de la victime © Radio France - Olivier Vidal

"Il ne voyait plus d'intérêt à vivre car sa relation amoureuse était terminée et sa première année de médecine un échec " se souvient Morgan L. Elle s'inquiète alors très vivement pour son "ex". Elle prévient la maman du jeune homme. Antoine M. le lui reprochera. Et voudra malgré tout la voir encore alors qu'elle, de son côté, s'est remise en couple.

Le 27 mars l'étudiante vient voir une dernière fois son ex 

Ensuite, elle évoque ce rendez-vous le soir du 27 mars en centre-ville. Raconte le premier puis les autres coups de couteau. Les détails sont poignants, la violence des faits inouïe, la détermination de l'agresseur glaçante

Après le récit de la jeune femme, cette dernière est interrogée par la Cour. D'abord sur la rupture qui n'est pas acceptée. "Rien n'aurait pu faire accepter par Antoine cette rupture" répond l'étudiante. Elle répond, n'esquive rien, toujours sans être submergée par l'émotion même lorsqu'elle évoque ses cicatrices. Raconte quand elle est allongée sur le sol après avoir été poignardée : "le temps m'a paru extrêmement long à ce moment-là".
Morgan raconte ensuite son hospitalisation, sa convalescence, ses efforts pour tenter de retrouver une vie normale, ses entretiens avec le psychologue, sa scolarité perturbée. "Mais j'essaie d'avancer pour tourner la page en fait. Je suis heureuse aujourd'hui."

Le président lui demande alors : "qu'attendez-vous de ce procès Madame?". Morgan L. réfléchit quelques secondes : "j'avoue que je n'en attends pas grand-chose à part que justice soit faite. Je veux juste continuer à avancer!"

Jean- Hubert Portejoie, avocat de la victime, souhaite alors connaître avec précision le comportement de sa cliente lors de la rupture. Elle explique avoir été très bienveillante, pour préserver le jeune homme. Sur l'agression, elle assure que ce dernier avait prévu de l'agresser. Puis elle répond à une question de Renaud Portejoie, son autre avocat. Sur les sentiments qu'elle éprouve à l'encontre de son agresseur : "je ne sais pas si je lui en veux ou pas, je ne m'en soucie pas en fait" assure Morgan L.

Un courage déconcertant de la victime

Laure Lehugeur, avocate générale prend alors la parole, impressionnée par la force de caractère du témoin : "Madame vous donnez des leçons de vie à tout le monde. Et pourtant votre féminité a été atteinte. Ces cicatrices sur votre corps, comment faîtes vous?" La jeune femme répond, là encore sans trembler : "Oui c'est sur, mais j'ai pris le partie de vivre avec, et puis j'ai un petit ami qui comprend cela !".

Son témoignage aura duré plus d'une heure et quart. La jeune femme aura été d'un courage déconcertant.