Faits divers – Justice

Tentative d'assassinat à Novéant : la victime témoigne devant les assises de la Moselle

Par Cécile Soulé, France Bleu Besançon et France Bleu Lorraine Nord mardi 26 janvier 2016 à 14:44

La cour d'assises de la Moselle.
La cour d'assises de la Moselle. © Radio France - Cécile Soulé

Le 9 juin 2014, à Novéant en Moselle, elle a failli mourir, victime du projet meurtrier de deux Jurassiens. Ce lundi, alors que le procès pour tentative d'assassinat s'est ouvert devant les assises, la rescapée est venue témoigner.

Pourquoi cette tentative d'assassinat ? C'est la question centrale du procès qui s'est ouvert ce lundi aux assises de la Moselle à Metz. Sur le banc des accusés : un homme de 61 ans, Dominique Galvardon, et une jeune femme de 20 ans, Marine Delce**y**. Tous deux sont soupçonnés d'avoir tenté d'assassiner une Messine dans un coin reculé de Novéant, le 9 juin 2014. L'homme a planté un coup de couteau dans le ventre de la victime. Elle a pu survivre et elle raconte comment.

Pourquoi tu as fait ça ? On se connaît depuis longtemps !"

Cette jeune femme de 33 ans connaissait bien Dominique Galvardon et elle avait confiance en lui. Elle se prostituait, c'était un client régulier. Ils avaient même partagé un appartement quelques mois. Ce jour de juin 2014, elle croit qu'il veut l'emmener acheter des cigarettes au Luxembourg mais, dans un chemin de traverse, il la poignarde au ventre. "Quand j'ai vu son regard noir, j'ai compris qu'il voulait me tuer", raconte la rescapée, qui fait alors preuve de beaucoup de sang-froid. Elle tente de raisonner son agresseur : "Pourquoi tu as fait ça, Dom, on se connait depuis longtemps !". Elle le convainc de rejoindre sa complice, qui s'est éloignée de quelques dizaines de mètres, puis elle court vers la route principale pour arrêter une voiture. La lame est passée tout près d'organes vitaux.

Je me dis que ça aurait pu être une autre"

La victime était-elle personnellement visée ? Ce n'est pas son sentiment :  "Je me dis que ça aurait pu être une autre. Parce qu'il n'y a pas de réel mobile". En écho, l'expert psychiatre affirme que l'accusé est un pervers sadique, quelqu'un qui prend plaisir à voir souffrir les autres. Sa complice, grand brune aux cheveux longs, présenterait aussi une certaine perversité. Ensemble, ils font des photos de très mauvais goûts : ils se mettent en scène, en faisant semblant de se poignarder ou de s'étrangler. Pour le psychiatre appelé à la barre, c'est comme une "reconstitution" avant l'heure. Un scénario macabre et virtuel que l'accusé aurait voulu mettre en œuvre, quelle que soit la victime.

L'avocate de l'accusé met cependant en garde : si ces photos signalent "des relations que l'on peut qualifier de perverses", il n'est pas jugé pour cela. La cour d'assises doit rendre son verdict mercredi soir.