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Faits divers – Justice

TGI de Clermont-Ferrand : les sept ressortissants géorgiens condamnés à de la prison ferme

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne

Sept ressortissants géorgiens étaient jugés ce mardi devant le tribunal correctionnel de Clermont. Poursuivis pour une série de vols dans la région, ils ont écopé de peines de prison ferme. Un procès en comparution immédiate qui a bien failli ne pas se tenir à cause d'un manque d'interprète.

Le box des détenus dans la salle d'audience du TGI de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Mars 2019.
Le box des détenus dans la salle d'audience du TGI de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Mars 2019. © Radio France - Olivier Vidal

Clermont-Ferrand, France

Les prévenus géorgiens sont arrivés en deux temps, le regard hagard en découvrant la salle d'audience du palais de justice de Clermont-Ferrand. Trois à 14h puis quatre autres, une heure plus tard après une suspension. Tous bien entourés dans leur box par des hommes de l'administration pénitentiaire mais aussi de policiers.
Des prévenus, leur avocat, une interprète, le président du TGI en personne, Jean-Claude Pierru, pour présider l'audience, quelques jours avant son départ, et une "belle affaire" d'une quarantaine de faits de vols et cambriolages à juger. Le décor était planté.

Pas d'interprète, pas de procès

Sauf que la seule interprète présente ne parlait pas le Géorgien, ou pas assez. Curieusement, le président, les magistrats et les avocats non plus. Ils n'ont pas toutes les qualités...
Conséquence : après plusieurs minutes d'errements, de traductions approximatives, de confusion, d'interrogations aux prévenus, parfois cocasses mais aussi affligeantes, tout le monde se demandait si le procès pouvait se tenir dans de telles conditions. Il est vrai qu'en l'absence d'interprètes le contradictoire avait peu de chance d'exister ce mardi après-midi.

Notre justice est incapable de fournir des interprètes? Cela renvoie une image peu flatteuse de notre institution" Antoine Portal, avocat de l'un des prévenus

Un des conseils évoquera un "fiasco judiciaire". Sans interprète, il n'y a pas de débat possible sur le fond.
Dans la salle, les mots des uns sont forts et les attaques des autres contre l'institution judiciaire nombreuses. "Le débat sur le maintien en détention ne peut pas avoir lieu non plus" poursuit ce même avocat. "Vous n'avez qu'un seul choix, celui de les remettre en liberté" conclut ce dernier.

Alors qu'on le croyait en train de délibérer, une heure et demi plus tard, le tribunal revient dans la salle d'audience avec un interprète. Sorti "du chapeau" du président, grâce à un coup de fil insistant. Ouf. Il est 18h, le procès commence, les débats aussi. On est passé tout près du fiasco...

Les débats porteront sur l'implication de chacun de ces ressortissants dans ces faits. Une quarantaine de vols dans des commerces de la région. Des bouteilles d'alcool ici, des téléphones là, des vêtements ailleurs. Certains des prévenus reconnaîtront quelques faits, d'autres pas du tout malgré les images de vidéo-surveillance.

Le procureur requerra de 2 à 3 ans de prison pour ces individus, l'association de malfaiteurs étant retenue par le représentant du ministère public. Ce que dénonceront les avocats de la défense.

Peu avant minuit, le jugement tombe. Les ressortissants géorgiens sont condamnés de 6 à 12 mois de prison ferme avec maintien en détention.