Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Thonon-les-Bains : les cinq prévenus dans la violente agression à Genève nient avoir porté le moindre coup

-
Par , France Bleu Pays de Savoie

Le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains juge jusqu’à ce soir cinq hommes, originaires de Thonon et d’Evian, pour la violente agression contre cinq femmes à la sortie d'une discothèque de Genève en août 2018. Elles sont toutes venues raconter face aux prévenus qui nient avoir porté des coups.

Palais de justice de Thonon-les-Bains
Palais de justice de Thonon-les-Bains - Google Map

Les cinq hommes, âgés de 22 à 26 ans, étaient bien tous présents la nuit du 8 août 2018 dans la discothèque genevoise Le Petit Palace. Deux d’entre eux se souviennent même qu’ils avaient pris une bouteille de vodka et une autre de whisky. Tous reconnaissent : ils avaient bu. A partir de là, ils contestent ce qu'on leur reproche.

Deux tee-shirts et l'ADN de trois prévenus identifiés

Les victimes, genevoises et françaises, ont identifié leurs agresseurs sur photo et sur des signes distinctifs : l’un portait un tee-shirt jaune avec une tête de mort, retrouvé chez lui lors de la perquisition, un autre un tee-shirt noir. L’un avait des béquilles, qui ont servi pour porter des coups, selon un témoin, un autre avait le bras droit en écharpe. Sous les ongles de deux femmes agressées, la police scientifique a retrouvé l’ADN du jeune homme au tee-shirt jaune. Dans la casquette de « tee-shirt noir » tombée dans la bagarre, c’est l’ADN de la mère de famille frappée la première qui a été retrouvée, et l'ADN d'un troisième prévenu.

Des coups de pieds à la tête « façon pénalty »

Ce qui ne peut pas être contesté, c’est la violence des coups. La présidente parle des coups de pied à la tête « façon pénalty » portés aux deux femmes les plus grièvement blessées. L’une est désormais invalide à 40% après un traumatisme crânien et 24h de coma. L’autre, mère de quatre enfants, s'en sort avec dix point de suture à la tête et vit en permanence dans la peur.

C’est elle qui a été frappée la première. Elle avait bu. En sortant de la discothèque vers 4h, un homme, le tee-shirt noir, la traite de "grosse". Elle lui répond et reçoit un violent coup de poing au visage. D’autres coups de pieds et de poing s'abattent sur elle avec d’autres insultes. Elle se souvient très bien des yeux de son premier agresseur, de la haine qu’elle y a lu. Elle ne voulait pas venir à ce procès, elle a peur de représailles. Elle a d'ailleurs le visage et les cheveux entièrement cachés. Elle dit être là "pour les filles" qui l'ont défendue. Et finalement elle va rester jusqu'au bout de la première journée, jusque très tard dans la nuit.

"J'avais jamais vu autant de sang de ma vie", dit l'une des victimes qui a cru son amie morte

Les quatre autres jeunes femmes, toutes collègues de travail, ne la connaissaient pas avant ce 8 août 2018. Elles sortent elles aussi du Petit Palace à la même heure, elles entendent des cris,  et viennent à son secours. Les coups pleuvent sur elles. « J’ai jamais vu autant de sang de ma vie », dit l’une d’entre elles qui a cru son amie morte. Une autre ne sait pas qui a frappé : « il y avait tellement de pieds sur moi ». Une victime gardera la trace d’une semelle de basket imprimée sur le visage .

Qui a fait quoi parmi les cinq prévenus ?

Les avocats de la défense soulignent que l’appartenance à ce groupe d’hommes ce soir-là ne signifie pas forcément qu’ils ont tous frappés. C’est bien le problème : qui a porté les coups ? 

L’un des prévenus, celui qui portait des béquilles, demande aux autres d’assumer leurs actes. Il raconte même qu'ils se sont tous vus à Allinges dans un bar quelques heures après la bagarre pour se mettre d'accord sur les faits. Il dit qu’il a tout vu mais qu’il n’a pas frappé les victimes, qu’il est même intervenu pour défendre une des femmes. Un témoin a vu au contraire l'homme aux béquilles frapper.

Les autres ne souviennent pas de cette soirée, à cause de l'alcool, mais sont certains de ne pas avoir porté des coups, parce qu'ils "ne feraient pas ça à une femme", qu'ils ont des sœurs, des cousines.

Un procès insatisfaisant pour tout le monde

Les cinq femmes sont venues au procès avec l'espoir d'entendre une explication. Elles sont reparties sans plus de réponse. Elles ont regretté que ce procès se résume à la parole des prévenus contre celles des parties civiles. Les nombreux témoins n'ont pas été entendus par le tribunal correctionnel, pour limiter les allers-venues en temps de COVID-19. La présidente a lu certaines de leurs déclarations.

Les avocats suisses se sont dit très étonnés du déroulement du procès. Quant aux avocats de la défense ils ont dénoncé l'impossibilité d'interroger les victimes sans déclencher des réactions vives, dans une atmosphère de grande tension.

Ce mercredi sera consacré aux plaidoiries et aux réquisitions du parquet. Deux des prévenus déjà condamnés pour des faits de violences, et qui comparaissent détenus, risquent jusqu'à 20 ans de prison.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess