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Faits divers – Justice

Tignes : pourquoi l'avalanche n'a-t-elle pas fait de victimes ?

mardi 7 mars 2017 à 14:21 Par Denis Souilla, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu

C'est une issue heureuse, cette fois, qu'ont connu les skieurs de Tignes (Savoie) mardi matin. Une avalanche a traversé une piste bleue du domaine skiable vers 9h50. La coulée de type "aérosol" n'a fait que bousculer une dizaine de personnes sans ensevelir qui que ce soit.

La piste de la Carline sur les webcams de Tignes ce mardi matin à 10 heures
La piste de la Carline sur les webcams de Tignes ce mardi matin à 10 heures - (webcam station Tignes)

Tignes, France

Ils auront connu une grosse frayeur. Cette dizaine de skieurs qui a été bousculée mardi matin sur la piste bleue "Carline", sur le domaine skiable de Tignes (Savoie), dans le secteur de Val Claret. Une avalanche les a bousculés alors qu'ils étaient en train de skier sur une piste bleue. Malgré le déplacement d'une forte quantité de neige, ils n'ont pas été ensevelis, juste bousculés par le souffle de la coulée.

À lire aussi : Tignes : plusieurs skieurs bousculés par une avalanche sur une piste bleue mais pas de victimes

Des déclenchements préventifs d'avalanche avaient été mis en place

Mardi 7 mars, malgré la fin des vacances scolaires hivernales, c'est encore à Tignes une période de forte affluence touristique. L'avalanche s'est déclenchée sur le secteur hors-piste de la Grande Balme, à Val Claret, à l’aplomb d'une des deux seules pistes bleues ouvertes mardi matin, la piste "Carline" près du télésiège Tichot et un half-pipe construit pour une compétition de ski freestyle. Ce secteur enneigé avait pourtant fait l'objet d'une sécurisation avant l'ouverture du domaine skiable, comme dans la plupart des stations alpines mardi matin.

Le risque d'avalanche est fort actuellement, il est de quatre sur cinq à Tignes. Un Plan d'intervention de déclenchement préventif d'avalanche (PIDA) avait été mis en place. Rien ne laissait donc augurer cette avalanche, d'où l'énorme déploiement de secouristes : 200 personnes et huit maîtres-chiens d'avalanche.

  - Visactu
© Visactu

L'effet aérosol

Ce ne sont pas une trentaine, comme les premières informations l'évoquaient, mais une dizaine de skieurs qui ont été bousculés par la coulée de neige. La coulée était constituée d'une neige légère, poudreuse, sèche, non compacte. La neige venait de tomber sur le domaine skiable de Tignes, au moins 70 centimètres cumulés sont tombés dans la nuit de lundi à mardi, avec beaucoup de vent et d'accumulations et plaques à vent.

L'avalanche de mardi était de type "aérosol", c'est-à-dire constituée de neige fraîche et aérée. Sa masse a déplacé une masse d'air et s'est volatilisée au cours de son parcours dans la pente. Bernard Airenti, directeur de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile de Savoie, explique de "selon la nature du manteau neigeux, sa densité, quand une plaque à vent part dans la pente et prend de la vitesse", elle se pulvérise selon la déclivité. Voilà pourquoi ce n'est pas une masse compacte qui a piégé les skieurs. Son déplacement les a juste bousculés, sans faire ni blessés ni victimes, loin de l'avalanche du 13 février, toujours à Tignes, qui avait fait quatre morts dans un secteur hors-piste, à proximité des remontées mécaniques.

"En avant de la coulée, toujours, il y a la zone d'aérosol, qui est la confluence de la déclivité et de la vitesse acquise par le manteau neigeux, qui crée cette pulvérisation de neige dite 'aérosol', à l'avant du manteau neigeux solide."

— Bernard Airenti, directeur de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile de Savoie

Et maintenant ?

Est-on aujourd'hui en sécurité sur les domaines skiables alpins ? La question peut se poser alors que de forts cumuls de neige sont tombés. Les déclenchements préventifs d'avalanche sont mis en place tôt le matin par les personnels des domaines skiables pour mettre en sécurité les pistes balisées et éloigner tout risque de coulée. Il n'empêche que malgré le fort risque d'avalanche -à Tignes, il était mardi de quatre sur cinq-, on sait que peuvent intervenir des déclenchements spontanés où il une intervention humaine, le passage d'un skieur, n'est pas obligatoire pour qu'une coulée de neige survienne, c'est ce qui s'est passé mardi matin à Tignes.

  - Radio France
© Radio France - Denis Souilla