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Faits divers – Justice

Tinqueux : une cavalière touchée par une balle perdue, le stand de tir voisin pointé du doigt

mercredi 10 octobre 2018 à 18:16 - Mis à jour le mercredi 17 octobre 2018 à 18:49 Par Alexandre Berthaud, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu

Fin septembre une cavalière fréquentant le centre équestre de Tinqueux (Marne) a reçu une balle à la poitrine. Le projectile a probablement ricoché contre un obstacle avant de l'atteindre : elle a porté plainte contre le stand de tir voisin. La Société de tir nous a transmis un droit de réponse.

Le centre équestre de Tinqueux est géré en régie par la ville de Reims.
Le centre équestre de Tinqueux est géré en régie par la ville de Reims. © Radio France - Alexandre Berthaud

Tinqueux, France

Debout, accoudée à la barrière, Sophie regarde sa fille seller et brosser son poney. La maman monte quasi quotidiennement au centre équestre de Tinqueux, la fille l'accompagne souvent et les mercredis, comme ce jour, elle prend des cours. Pourtant sous le soleil de l'après-midi Sophie nous fait part d'une angoisse grandissante depuis quelques semaines. Tout a commencé deux semaines plus tôt, un mercredi, le 26 septembre.

"Je viens de me prendre une balle"

Ce jour-là, "vers 15 heures 15", Sophie et sa fille sont accompagnées d'une amie de la maman, Corinne, et d'un enfant lui aussi fréquentant le centre équestre. "On marchait juste là, à cinq mètres d'où je me tiens, direction la sortie du centre équestre, et Corinne s'arrête d'un coup, elle me dit 'je viens de me prendre une balle'. Évidemment _j'ai cru à une blague_."

Sauf que le petit garçon présent ramasse aux pieds de Corinne une munition - elles apprendront plus tard qu'il s'agissait de 5.56 - et Sophie comprend alors qu'il ne s'agit pas d'une plaisanterie. "Ma fille et le petit garçon marchaient à côté de Corinne, elle a reçu la balle pile au niveau de leur tête, _à deux mètres près ils pouvaient la recevoir en pleine figure_". Selon l'officier de police qui a recueilli leur témoignage, en plein visage le projectile aurait pu provoquer la perte d'un œil.

C'est à cet endroit, à cinq mètres à peine des écuries de poneys, très fréquentées par les enfants, que Corinne a reçu une munition en pleine poitrine. - Radio France
C'est à cet endroit, à cinq mètres à peine des écuries de poneys, très fréquentées par les enfants, que Corinne a reçu une munition en pleine poitrine. © Radio France - Alexandre Berthaud
Le centre équestre (sur la gauche) et le centre de tir (sur la droite) vus du ciel. - Aucun(e)
Le centre équestre (sur la gauche) et le centre de tir (sur la droite) vus du ciel. - Capture d'écran Google Earth

Une balle ricochet, seule explication possible ?

Selon Sophie il n'y a pas cinquante explications, la balle arrive du stand de tir, voisin immédiat du centre équestre. Il est vrai qu'en arrivant sur le lieu, impossible de manquer ces détonations régulières. "Le bruit on est habitués, les chevaux aussi", explique Corinne, car aucun chasseur ne fréquente la zone, très habitée. Seulement les centres de tir sont normalement équipés pour éviter que les balles ne franchissent les murs.

Chacun y va de son hypothèse pour expliquer le ricochet, de l'erreur humaine à la vétusté du centre de tir, personne ne détient la vérité, mais Corinne compte faire la lumière sur les événements et faire cesser ce risque. Elle a déposé plainte contre le stand de tir au commissariat de Reims, et a demandé un rendez-vous à Francis Assailly, le directeur des Sports de la ville de Reims, car le centre équestre est géré en régie par la ville de  Reims (*).

Trois balles retrouvées au centre équestre

De leur côté les responsables de la société de tir n'ont pas répondu à nos sollicitations. Mis devant les faits par Corinne et Sophie, ils refusent de croire que ces munitions proviennent de chez eux. Pourtant ce n'est pas la première fois que cela arrive, déjà en novembre 2017 plusieurs munitions avaient été retrouvées, et depuis l'incident impliquant Corinne, deux autres balles ont été ramassées au centre équestre.

La société de tir gère le centre de tir, construit dans les années 20. - Radio France
La société de tir gère le centre de tir, construit dans les années 20. © Radio France - Alexandre Berthaud

Un courrier signé par les parents

Sophie a décidé de faire remonter le problème jusqu'aux plus haut responsables. Elle a écrit une lettre à l'attention du maire de Reims, du procureur de la République, et du préfet du département. Le courrier a été signé par 26 parents d'enfants prenant des cours au centre équestre. "Ça nous affole", dit Irène "savoir que ça peut arriver aux enfants" cela hante cette grand-mère. 

En attendant que la situation évolue, Sophie prend des précautions, elle devient "bouclier" pour sa fille et l'oblige à marcher derrière elle. Irène, elle, a décidé de ne plus entrer dans l'écurie par le même endroit, celui juxtaposé au centre de tir.

Mise à jour. 

A ce stade et en l'état actuel la Société de Tir de Reims, dans un communiqué, nous fait savoir qu'elle « conteste formellement avoir été négligente et qu'en l'occurrence les caractéristiques de cette nouvelle retombée de projectiles conduisent à considérer qu'elle n'a pas pour origine un tir provenant de [leurs] installations »:

  • « Le lieu de retombée du projectile rend très improbable le fait qu'il provienne de notre stand
  • L'absence d'écrasement de la balle retrouvée rend improbable le fait qu'il s'agisse d'un ricochet
  • La conception du stand rend hautement improbable les sorties directes de projectiles. D'autres pistes doivent donc être explorées ».