Faits divers – Justice

Tortures sur Angèle, 4 ans : 25 ans de réclusion pour la mère, 15 ans pour le beau-père

Par Xavier Demagny et Pascale Boucherie, France Bleu La Rochelle, France Bleu Loire Océan et France Bleu vendredi 13 octobre 2017 à 18:33

L'entrée d'une cour d'assises.
L'entrée d'une cour d'assises. © Maxppp - Image d'illustration

La mère et le beau-père d'Angèle, petite fille de quatre ans, ont été respectivement condamnés vendredi par la cour d'assises de la Vendée à 25 et 15 ans de réclusion criminelle pour avoir torturé l'enfant, retrouvée morte en 2014. Le père de l'enfant estime que la justice a fait son travail.

Après sept heures de délibéré, la cour d'assises de Vendée a reconnu coupable de meurtre Jordane Dubois, 24 ans. Elle a également été reconnue coupable, de même que son ancien compagnon, David Pharisien, 29 ans, de tortures ou actes de barbarie, sur sa petite fille de quatre ans, Angèle, retrouvée morte en 2014.

La cour a prononcé des peines moins importantes que celles requises par l'avocat général. Le représentant du ministère public avait réclamé les peines maximales, soit la réclusion criminelle à perpétuité pour la mère et 30 ans de réclusion criminelle pour le beau-père mais ils ont été finalement condamnés à 25 ans de réclusion pour la mère, 15 ans pour le beau-père. L'annonce des peines à provoqué un lourd silence dans la salle d'audience.

Les accusés expriment leurs "regrets"

Tous les deux ont nié lors des débats avoir torturé la fillette, décédée par strangulation. Le corps de l'enfant, brûlé sur un tiers de sa surface, avait été découvert le 8 septembre 2014 à Saint-Georges-de-Pointindoux (Vendée), au domicile de David Pharisien chez lequel Jordane Dubois avait emménagé à peine trois semaines plus tôt. La mère n'a reconnu que quelques "fessées", son ancien compagnon des "punitions inadaptées" pour "calmer" l'enfant ou la corriger parce qu'elle s'était notamment servie de gâteaux sans permission.

Lors de son réquisitoire, l'avocat général avait dénoncé l'extrême gravité des faits mais surtout l"absence de regrets" et le "détachement" dont ont fait preuve les deux accusés, "aucun des deux (n'assumant) la responsabilité de ses actes". Dans une dernière prise de parole vendredi matin, les deux accusés ont toutefois exprimé leurs "regrets" de ne pas avoir amenée la fillette à l'hôpital.

L'avocat de la mère "pas certain" que sa cliente fasse appel

"25 ans, c'est une décision qui n'est pas illogique dans une affaire comme ça", a estimé l'avocat de Jordane Dubois, Loïc Cabioch, bien qu'"un peu déçu" que la cour n'ait pas considéré que "la mort d'Angèle était involontaire", comme il l'a plaidé. Maître Cabioch, "pas certain" que sa cliente fasse appel.

L'avocat du beau-père estime que le prix payé par son client n'est pas légal

La défense de David Pharisien a également déploré des "réquisitions excessives" mais ne tire "aucune satisfaction" de la peine "extrêmement lourde" de quinze ans de réclusion prononcée à l'encontre du jeune homme.

Mon client paye un prix qui n'est pas le prix légal. C'est la première fois que je vois ça. Une cour qui qualifie de tortures et barbarie le fait que quelqu'un soit insensible. Juridiquement, ça me pose un vrai problème."- maître Lee Takhedmit

Réaction du père d'Angèle

Pour le père de la petite Angèle, "la justice a fait son travail". Dylan Denis a assisté aux cinq jours de procès "j'étais là pour ma fille". Il reprend ce soir la route pour Montendre en Charente-Maritime.

Le corps de la petite fille est enterré à Saint-Pierre-du-Palais (17), le village de sa famille paternelle.