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Faits divers – Justice

Toulouse : accusés d'avoir secoué leur bébé, des jeunes parents clament leur innocence

mardi 2 janvier 2018 à 6:00 Par Vanessa Marguet, France Bleu Occitanie et France Bleu

Fanny et Ahmed doivent comparaître en mars prochain devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour des violences sur leur bébé. Mais ils clament leur innocence et se battent, expertise à l'appui, pour montrer que c'est une maladie, l'hydrocéphalie, qui a provoqué un hématome à leur petit Yanis.

L'affaire a démarré après un scanner à l'hôpital Purpan de Toulouse.
L'affaire a démarré après un scanner à l'hôpital Purpan de Toulouse. © Radio France - Radio France

Toulouse, France

"On est innocents. On vit l'enfer depuis trois ans". Fanny, une jeune femme de 26 ans et son mari Ahmed, âgé lui de 33 ans, ont l'impression que le ciel leur est tombé sur la tête. Ils devront comparaître le 13 mars prochain devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour des violences sur leur bébé. Les faits remontent au mois de  juillet 2014. 

Mise en examen et placement des enfants

Le couple vient de quitter Lyon où leur petit Yanis alors âgé de 3 mois était suivi régulièrement depuis sa naissance par la PMI, la protection maternelle infantile. "Pendant tout ce temps, on ne nous a jamais rien signalé, mais lorsqu'on est arrivé à Toulouse, le pédiatre s'est inquiété de la taille du périmètre crânien de mon fils" raconte la mère. "Il avait pris 12 cm en trois mois".  Fanny conduit alors son bébé en urgence à l'hôpital Purpan pour passer un scanner. C'est là que tout bascule. 

On m'a dit que Yanis avait des hématomes sous-duraux et des fractures de la voûte crânienne. La neurologue m'a demandé si le bébé avait été secoué ou s'il avait chuté. Je lui ai répondu que non. — La mère, Fanny 

Le témoignage de Fanny, la mère

L'hôpital fait alors un signalement au procureur, comme le veut la procédure quand il y a ce genre de suspicions. Les parents sont entendus une première fois, puis placés en garde à vue à deux reprises et finalement mis en examen pour violence sur mineur de 15 ans. Fanny et Ahmed perdent la garde de leur petit Yanis pendant 18 mois, mais aussi de leur fille Lannah alors âgée de 2 ans et demi pendant une dizaine de jours, avant que le juge des enfants ne leur redonne la garde de la petite, avec un suivi régulier. 

Trois expertises 

Pendant ce temps-là, l'enquête se poursuit. Une première expertise réalisée rapidement après le scanner du bébé est accablante pour les parents. La juge d'instruction chargée du dossier en ordonne une deuxième début 2015, qui conclut à des lésions qui ne peuvent avoir qu'une origine traumatique (chute ou maltraitance). L'avocat du couple Me Marwan Hatoum en obtient une troisième en janvier 2016 qui évoque cette fois dit-il "une hydrocéphalie", une pathologie neurologique qui se manifeste par l'augmentation du volume de liquide céphalo-rachidien, le liquide transparent dans lequel baignent le cerveau et la moelle épinière. 

La troisième expertise a conclu à une hydrocéphalie qui peut expliquer les saignements et l'hémorragie mais malheureusement, l'expertise n'a pas pu conclure que l'hydrocéphalie a pu provoquer les fractures". — L'avocat du couple 

Les parents ont l'impression d'avoir pu avancer dans leur combat depuis ce rapport, mais celui-ci ne les innocente pas. Ils ont tout de même pu récupérer la garde de leur bébé, avec un suivi et des contrôles réguliers à leur domicile par les services sociaux. Leur avocat, lui, accumule les documents et les témoignages pour tenter d'innocenter ses clients lors de l'audience devant le tribunal correctionnel de Toulouse : la preuve de tous les suivis réalisés à la PMI, le témoignage de l'ancien médecin généraliste, ainsi que des études sur l'hydrocéphalie... Le père Ahmed a envie de croire que la justice va les entendre, mais pour lui, le mal est déjà fait.

Cette affaire a quand même impacté ma vie professionnelle. On en garde des séquelles. C'est dur de voir ses enfants placés, quand on sait qu'on n'a rien fait. — Ahmed, le père

Le reportage de Vanessa Marguet

Association Adikia 

Les parents savent que des soupçons pèsent toujours sur eux. Mais ils continuent à se battre. Fanny la maman a rejoint l'association Adikia, créée en septembre dernier au niveau national, qui réunit des familles accusées elles aussi de maltraitance et qui clament leur innocence. Certaines de ces familles ont obtenu gain de cause devant les tribunaux d'après Vanessa K, la présidente. Pour elle, "l'hydrocéphalie est une maladie qui peut provoquer les symptômes du syndrome du bébé secoué. C'est reconnu dans d'autres pays d'Europe".   

Témoignage de la présidente de l'association Adikia

Dans le cas de Fanny et Ahmed, en tous cas, c'est la justice, qui aura en sa possession l'ensemble du dossier et des rapports d'expertise, qui tranchera le 13 mars prochain.