Faits divers – Justice

Toulouse : émotion au procès du chauffard qui avait tué le jeune rappeur

Par France Bleu Toulouse, France Bleu Toulouse mercredi 31 août 2016 à 0:21

La fresque hommage à Arthur Maillard à Toulouse
La fresque hommage à Arthur Maillard à Toulouse © Radio France

Trois ans que la famille d’Arthur Maillard attendait ça. Hier, au tribunal de Toulouse, s’est tenu le procès du chauffard qui avait tué le jeune rappeur toulousain en 2013.

Arthur Maillard, connu sous le pseudo de DF Le Mr Chill , est mort après avoir été percuté par la voiture conduite par Ouissem N. Le chauffard, accompagné de trois personnes à bord, avait pris la fuite. Personne n’avait appelé les secours.

Ce mardi, c'est la famille d'Arthur Maillard qui va d'abord pénétrer dans la salle d'audience du tribunal correctionnel de Toulouse. Sa mère et ses deux sœurs sont déjà en pleurs. Une fois la famille installée, c'est une vraie foule qui entre à son tour, principalement des proches du jeune rappeur. La salle est trop petite pour accueillir tout le monde.

A l'entrée du principal prévenu, le conducteur, les têtes se tournent sur un homme de 30 ans en tee-shirt blanc, tête basse et mains jointes, qui acquiesce quand le président du tribunal égraine les faits.

"Je suis désolé", va dire le chauffard au président, "ce jour-là j'ai eu peur, j'ai été lâche".

Après les réquisitions du procureur, jugées satisfaisantes par l'avocate de la famille, vient le moment de la plaidoirie de l'avocat du conducteur. Il va essayer, dans son argumentaire,  de se mettre à la place du jeune rappeur tué par son client, utilisant les textes des chansons d’Arthur Maillard, pour tenter d’alléger la peine du chauffard. Une plaidoirie jugée choquante par les proches. Nombre d’entre eux sortiront en larmes, et en colère, de la salle d'audience.

Les réquisitions du procureur de la République

Le conducteur, qui a reconnu les faits devant le tribunal, est accusé d’homicide involontaire avec comme circonstances aggravantes le fait d’être ivre. Son permis de conduire était également suspendu. Le procureur de la République a requis 5 ans de prison ferme.

La passagère arrière de la voiture, une jeune femme effondrée au procès et sans antécédent judiciaire, est accusée de non-assistance à personne en danger. Un an de prison avec sursis est requis contre elle. Même réquisition pour  l'autre passager arrière, lui aussi au casier judiciaire vierge, à qui la justice reproche également de ne pas avoir utilisé son portable pour prévenir les secours.

Sur le siège avant passager, un homme. Le procureur de la République requiert un an de prison dont quatre avec sursis. Lui aussi est accusé de non-assistance à personne en danger. Mais il est aussi soupçonné d’avoir participé à faire disparaître la voiture. Pour cela il a, semble-t-il, eu recours à son frère, un homme au casier judiciaire bien rempli. Ce dernier nie avoir été au courant, mais la justice lui reproche d’avoir loué les véhicules qui ont servi à faire disparaître la voiture. Le procureur a requis dix mois de prison ferme à son encontre.

Rappel des faits

Le 3 novembre 2013, après une soirée alcoolisée, le chauffard prend le volant de cette BMW de grosse cylindrée. Arrivé sur la rue du Faubourg Bonnefoy, au-delà de la vitesse autorisée, Ouissem N. percute le jeune rappeur Arthur Maillard. Selon les différentes dépositions, le passager avant  lui dit alors d'accélérer. Personne n'appelle les secours.

Pire, 20 minutes plus tard, trois d'entre eux prennent une voiture différente pour se rendre de nouveau sur les lieux du drame. Ils verront le corps d'Arthur Maillard, sous un drap.

Ouissem N. va ensuite s'occuper de faire disparaitre les preuves. Il l'avoue, comme tout le reste, la BMW, va être  découpée et transportée grâce à deux véhicules loués par le frère d'un des passagers. La voiture ne sera jamais retrouvée. Ouissem N. prend la fuite direction la Tunisie. 640 jours de cavale avant d'être arrêté en Espagne en juillet 2015. Il est incarcéré depuis et saura, mardi prochain, si le tribunal suit la réquisition du procureur.

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