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Faits divers – Justice

Toulouse : l'affaire du "maire-chamallow" devant le tribunal

mercredi 29 mars 2017 à 6:00 Par Rémi Vallez, France Bleu Occitanie et France Bleu

Jean-Louis Cesses, élu d'opposition à La Salvetat-Saint-Gilles était jugé ce mardi pour "injure publique envers un corps constitué". C'est le maire de la commune, François Arderiu, qui a déposé plainte parce que son opposant l'a qualifié de "chamallow". La délibération aura lieu le 20 juin prochain.

Jean-Louis Cesses (à gauche), jugé pour avoir traité de "chamallow" le maire de la commune de la Salvetat-Saint-Gilles, a distribué quelques guimauves en compagnie de son avocat après son audience...
Jean-Louis Cesses (à gauche), jugé pour avoir traité de "chamallow" le maire de la commune de la Salvetat-Saint-Gilles, a distribué quelques guimauves en compagnie de son avocat après son audience... © Radio France - Rémi Vallez

Toulouse, France

La comparaison ne l'a pas fait rire du tout. Après deux renvois, l'élu d'opposition du conseil municipal de la Salvetat-Saint-Gilles qui avait, dans un e-mail adressé à une quarantaine de personnes, traité de « chamallow » le maire de sa commune, après un conseil municipal particulièrement tendu, à l'été 2015, est finalement comparu mardi 28 mars devant le tribunal de grande instance de Toulouse. Jugé pour "injure publique envers un corps constitué", Jean-Louis Cesses, élu UDI à La Salvetat-Saint-Gilles, avait ainsi écrit, à propos du maire de la commune de 7300 habitants, François Arderiu : "Il est mou, gluant, il ne s'énerve jamais, même quand c'est nécessaire et urgent d'agir. Il m'évoque un chamallow".

Le chamallow, une "sucrerie stupide et répugnante"...

A la barre, les avocats de la défense et de la partie civile se sont principalement opposés sur la notion de liberté d'expression, "fondamentale et sacrée pour l'un", "mais qui a tout de même ses limites" pour l'autre, "surtout quand celle-ci déstabilise le bon fonctionnement d'une municipalité." Mais aussi, -et c'est plus cocasse-, sur leur vision de la fameuse sucrerie... Pour Maître Laurent De Caunes, avocat du maire de la commune, la comparaison à la guimauve " renvoie à l’esprit, au caractère mais peut-être même au physique" de son client, expliquant que ce dernier a été assimilé à quelque chose de « répugnant, voire "stupide"...

Maître Laurent de Caunes, avocat du maire de la Salvetat-Saint-Gilles, a le "chamallow" en travers en de la gorge

.. ou un bonbon sympathique, et agréable ?

Au contraire, pour Maître Jean Iglésis, l'avocat de la défense qui n'a pas résisté à la tentation d'apporter un paquet de chamallow pendant l'audience, une guimauve : "c'est un bonbon sympathique, agréable, qui fait le bonheur des enfants". Pas de quoi alors, selon lui, "entamer une procédure judiciaire qui va coûter près de 5 000 euros à la commune de La Salvetat-Saint-Gilles".

Pour Maître Jean Iglesis, avocat de la défense, "chamallow" n'est pas un terme injurieux

La jurisprudence de "l'endive moite" et du "dindon courroucé"

De leur côté, les juges ont rappelé que les termes d'"endive moite" et de "dindon courroucé" n'avaient pas été retenus comme étant des injures par la Cour de cassation lors d'affaires précédentes, alors qu'ils avaient été utilisés pour désigner une personnalité publique. Le procureur n'a pas de fait de réquisition et a déclaré s'en remettre au jugement du tribunal. Il a été mis en délibéré au 20 juin prochain.