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Faits divers – Justice

Toulouse : le dernier braqueur de la Brink's en 1988 n'ira pas en prison

mercredi 6 juin 2018 à 23:38 - Mis à jour le jeudi 7 juin 2018 à 7:00 Par Nolwenn Quioc, France Bleu Gironde, France Bleu Occitanie et France Bleu

C'est un énorme soulagement pour Gilles Bertin : la cour d'Assises de Toulouse l'a déclaré coupable du braquage d'un entrepôt de la Brink's, en 1988, mais elle ne le condamne qu'à cinq ans de prison avec sursis. L'homme de 57 ans, qui s'était livré de lui même à la police, reste donc libre.

Gilles Bertin, sous contrôle judiciaire à Toulouse depuis novembre 2016, va pouvoir rentrer chez lui à Barcelone
Gilles Bertin, sous contrôle judiciaire à Toulouse depuis novembre 2016, va pouvoir rentrer chez lui à Barcelone © Radio France - Nolwenn Quioc

Toulouse, France

C'est un procès atypique qui s'est déroulé ce mercredi à la cour d'Assises de Toulouse. 30 ans après le braquage de la Brink's, en avril 1988, par un groupe anarcho-libertaire, il ne reste plus de témoins, pas de dépositions des enquêteurs de l'époque, pas non plus de victimes à la barre, pas de débat contradictoire. L'ambiance dans la salle d'audience est clairement détendue, les échanges entre le juge et l'accusé sont cordiaux.

Un braquage et une cavale rocambolesques

Pourtant, les faits reprochés sont dignes des meilleurs films policiers. En 1988, Gilles Bertin et un groupe de jeunes proches des milieux punks, anarchistes voire même indépendantistes basques, planifient minutieusement l'attaque d'un entrepôt de la Brink's, dans le quartier des Ponts-Jumeaux à Toulouse. Le butin : 12 millions de francs en petites coupures. Gilles Bertin prend la fuite, d'abord en Espagne, puis au Portugal. Malgré un mandat d'arrêt international, il ne sera jamais interpellé.

Un accusé loin de l'image du chanteur punk des années 1980

C'est un homme usé par le temps qui s'est présenté devant la justice,à Toulouse. Grand, maigre, le visage mangé par de grandes lunettes, il n'a plus rien du chanteur punk anarchiste, ancien toxicomane, qu'il était dans sa jeunesse. Il répond sans détour aux questions que lui pose le juge : oui, il avait une arme sur lui au moment du braquage, non il ne prenait plus d'héroïne à cette époque. 

Trente ans après les faits, les jurés ont condamné Gilles Bertin à cinq de prison avec sursis

Certains points restent flous, comme la provenance des armes, ou la répartition du butin entre les différents membres du groupe. "Vous savez, j'ai dû me replonger dans le dossier pour me rappeler de certaines choses" explique-t-il. 30 ans après, difficile aussi de justifier ses actes : "on voulait faire un braquage sans aucune violence, mais je me rends bien compte aujourd'hui que pointer une arme sur quelqu'un, le séquestrer, c'est extrêmement violent".

Le procès d'un homme, pas de ses actes

Il ne fait aucun doute que Gilles Bertin fait partie des têtes pensantes du braquage. Pourtant, les jurés ont fait preuve de clémence dans leur délibéré. "Je pense que les jurés ont surtout pris en considération que la page a été tournée, détaille son avocat, Me Etelin. Que c'est un homme tout à fait différent qui était jugé aujourd'hui par rapport à ce qu'il a été il y a 30 ans. Que pendant ces trente années, il s'est comporté comme un honnête homme, qu'il est père d'un enfant, et que _c'est au nom de l'intéret de cet enfant qu'il est venu_."

La démarche de Gilles Bertin a été considérée comme authentique par les jurés" - L'avocat Christian Etelin

L'énoncé du verdict a été une très bonne surprise pour Gilles Bertin : "Je ne m'y attendais pas, je suis soulagé. C'est la fin d'un cycle et le départ d'un autre. Les faits étaient grave, mais ils ont jugé l'homme, pas les faits". A 57 ans, Gilles Bertin veut désormais se consacrer au futur et rentrer au plus vite près de sa femme et de son fils à Barcelone.